Patrick Valas, sur l’éthique de la psychanalyse ?


Document du mardi 23 octobre 2018

par  P. Valas

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QUANT A SOI de la philosophie :   

Il n’y a pas de « désir pur » pour le sujet.
Antigone renonce à son désir en se soumettant aux « lois divines », au contraire de Créon qui lui aussi a renoncé à son désir mais pour le service des biens.
Cependant quand Antigone se suicide, n’est-ce pas la preuve qu’au fond elle signifie qu’elle n’échappe pas à la loi des humains, d’être mortelle ?
Antigone n’incarne pas l’éthique de la psychanalyse. La tragédie de Sophocle tient sa valeur de montrer ce qu’est « l’entre-deux-morts » :

La première : la mort du corps.  

La seconde : la mort de l’être, ce lieu du malheur propre à la tragédie.  

La vie n’est pas tragique elle est comique dit Lacan, autrement dit encore plus tragique.
Le sujet en fin de compte rate toutes ses entreprises, c’est ça qui est comique, comme le sont le lapsus ou l’acte manqué, la seule preuve que c’est réussi.
Il s’agit d’une butée sur un « bout de Réel ».
Dans le séminaire « Le transfert dans sa disparité subjective » (après celui de l’éthique) Lacan faisant l’analyse du banquet désigne Alcibiade comme « l’homme du désir », il est très éloigné d’Antigone et du bonhomme kantien, il fait ce qu’il veut sans se préoccuper du monde et de ses normes sociales, il n’est pas non plus au service des biens.
Cela se finira mal pour lui bien sûr, il se fera trucider par ses compatriotes qui en ont marre de le voir changer de camp au gré de son désir jamais assouvi.
Le désir humain est limité, il a ses objets, celui qui le cause (a) et ceux qu’il convoite, tout en étant toujours insatisfait parce que « ce n’est pas ça » que le désir désire, il désire un désir d’où son insistance « indestructible » à vouloir se réaliser, jusqu’à ce que la mort vienne y mettre un terme, et aussi bien à ses jouissances, puisqu’il n’y a de jouissance que du corps qui n’est pas éternel.
Que la loi morale selon Kant soit le « désir à l’état pur », n’en fait pas l’équivalent de l’éthique de la psychanalyse qui est celle du « Bien-dire ».
Quant au désir de l’analyste il ne peut se supporter que de la différence absolue, ce n’est pas non plus un désir pur, tout en n’étant pas au service du bien.
patrick valas


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