En passant


Document du jeudi 11 octobre 2018
Article mis à jour le 18 novembre 2013
par  P. Valas

help !
 

Mon témoignage auprès de mes deux passeurs,
pour la passe à l’École de psychanalyse Sigmund Freud.
De juin 1997 à septembre 1997,
soit en 7 rencontres avec les passeurs.


 

L’École de psychanalyse Sigmund Freud, du nom propre de celui qui a inventé la psychanalyse, a été fondée, avec ceux qui ont suivis les stigmatisés par J.-A. Miller dans son texte fameusement ordurié L’Acier Ouvert, à lire sur le site.

Ordurié, non pas par son contenu, qui n’est que son propre message sous sa forme inversée, mais par la façon dont il a procédé pour le diffuser.

Miller était fou de rage pour ce qui avait été publié sous le titre Les racines de l’expérience, édité par La Lysimaque, généreusement dirigée par René Lew, il a pris le prétexte d’y avoir été selon lui injurié, bafoué dans son nom propre, non reconnu comme le père de ses propres enfants.

Solal Rabinovitch a admis que Miller en tant que sujet pouvait légitimement se sentir offensé, elle lui a donc présenté ses excuses personnellement et ensuite en public, sans pour autant renier son texte.

Dans la psychanalyse on ne s’excuse pas. Si on se trompe, il faut faire autrement la même chose

Miller avec la complicité du Docteur Daniel Matet, alors Directeur de l’École de la cause freudienne, a répondu à ce qu’il considérait comme une manœuvre destinée à le détruire et avec lui Sonécole de la Cause Freudienne, par une autre manœuvre spécialement tordue.

Matet lui a commandé une Carte blanche, pour le mensuel de l’École de la Cause freudienne. Cette rubrique permettait à celui qui devait l’écrire, d’y écrire ce qu’il voulait, avec pour seules limites, celles qui conviennent aux entreprises à but strictement humanitaire.

Miller par ailleurs, pendant le mois de réflexion qu’il s’était donné pour réagir à la publication de ce qu’il considérait comme un crime de lèse-majesté doublé d’une trahison contre L’École (sic), rédigeait son Acier l’Ouvert. Déjà il était diffusé dans tous les groupes affiliés à La Cause, de par le monde.

Il faut ajouter que Miller était en même temps passablement énervé par les facéties de Gérard Pommier, qui nous noyait par l’abondance de ses tribulations concernant La névrose infantile de la psychanalyse.

De plus, Pommier (dont Miller ne pouvait plus écrire le nom puisqu’il l’appelait Poirier) voulait envoyer Miller en prison à partir d’une plainte qu’il avait portée contre lui auprès d’un juge, pour pas moins que « Faute professionnelle » — une première dans la psychanalyse.

Pommier était convaincu que sa plainte était fondée, alors que le juge avait simplement accepté de l’examiner. En quoi ce juge était un sage — après tout il est assez tentant de se demander si les psychanalystes ne commettent pas à tour de bras des fautes professionnelles compte tenu de ce qu’ils entendent comme secrets, pas seulement d’alcôves dans leur exercice.

L’idée de Pommier était bonne, mais comme toujours un peu courte. Cela frise l’éjaculation précoce.

Pommier cherchait à convaincre tout le monde qu’il avait déjà gain de cause. Moi-même je commençais à rêver apporter des oranges à Miller en prison, parce que lui aussi il commençait à me taper sur le système.

Bref sur un coup de colère Pommier a renversé les Tables (enfin celles qui servaient à exposer les livres à vendre pendant les congrès de l’École).

On s’agitait beaucoup, et Miller de proposer :

Ou bien d’enterrer la hache de guerre, Pommier à refusé de retirer sa plainte.

Ou bien, il fallait choisir entre lui et Pommier. Moi je ne voulais pas de cette solution, j’étais lacanien devant un choix sans merci, je préfère la solution Miller pas sans Pommier et vice-versa.

Il faut dire que Pommier est un type très spécial. Il fait toujours tout à l’envers. La preuve, il a écrit Le transfert à l’envers, Ceci n’est pas un pape, Freud, libido illimited (sans blague ? la réflexion est de moi).

Il est vrai que les femmes ont beaucoup de succès auprès de Pommier, la réciproque pour ce que je connais de lui n’est peut-être pas vraie.

Pour revenir à Miller en plein dans les embrouilles du vrai (Lacan), ce dernier me téléphone un après-midi pour me demander si j’étais libre le soir même, il avait invité l’ensemble des rédacteurs des Racines de l’Expérience, avec l’éditeur de la revue René Lew, pour prendre une coupe de champagne chez lui et parler le plus chaleureusement possible entre nous.

Il y avait en plus Annie Staricky, invitée personnelle comme amie.

L’ambiance fut sportive, et d’ailleurs Miller a voulu nous inviter une seconde fois. Ce qui fut fait.

Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, et Miller s’est arrangé pour le leur faire croire, nous n’avons pas été « convoqués » par le Boss pour nous faire sonner les cloches, mais bien invités à boire une coupe de champagne.

Contrairement aussi à ce que certains s’imaginent, nous n’avons pas quittés l’École de la cause Freudienne, en groupe pour faire scission, mais un par un selon le tempo de chacun.

Nous n’avons pas quitté cette école parce que Miller nous aurait maltraités, mais uniquement parce qu’il a procédé à une manœuvre de basse politique, pour nous écarter définitivement de pouvoir participer à l’expérience de la passe, c’est-dire-dire de participer aux instances de sa procédure.

Voilà d’où s’origine la fondation de l’École de Psychanalyse Sigmund Freud. Il nous fallait poursuivre cette expérience.

Le malheur, au moins à mon sens, est que l’École de psychanalyse Sigmund Freud, repose sur un vice de forme, dont je suis toujours étonné d’être le seul à l’avoir aperçu :

En effet les trois anciens AE (Analyste de l’École, nommés, l’une à l’École freudienne de Paris et qui est à ce titre responsable de son échec — d’autant plus qu’elle a refusé d’y figurer comme telle à la Cause —, mais aussi les deux autres nommés AE à l’École de la Cause freudienne, ont décidé de reprendre leur nomination d’AE à l’EPSF, ce qui la rendait valable et opératoire pour la nouvelle école.

Comme si AE n’était pas une nomination d’école et non pas un titre dont le sujet à la jouissance d’en faire ce qu’il veut.

Je la savais condamnée d’avance cette école nouvelle. Mais il me fallait trouver absolument un dispositif pour refaire La passe.

J’en avais accompli le parcours dans on entier à l’École Freudienne de Paris. Elle a été dissoute par Lacan (alors que mes passeurs étaient convoqués devant Le Jury d’Agrément, ce qui ne se fit pas) qui m’avait très fermement poussé à la faire dans son École.

La Passe est pour moi, la voie Royale pour entrer dans une école de psychanalyse digne de ce nom, comme peut l’être le rêve pour l’inconscient.

J’ai donc refait « ma passe » du moins son témoignage à l’EPSF.

J’y ai été nommé AE, l’annonce m’en a été faite par Jacques Le Brun, choisi comme plus-un dans le cartel de ma passe. Sans le moindre commentaire. Venant de qui est certainement un des plus grands lecteurs de Lacan, qui en plus parle sept langues sans jamais oublier de tourner la sienne sept fois dans sa bouche, qui plus est encore est le plus grand érudit du siècle au monde en matière de religion, si l’on sait qu’il y a des congrégations religieuses catholiques qui ont une pratique séculaire d’une forme de passe pour y entrer, si l’on sait cela, qu’il m’ait annoncé assez sobrement ma nomination sans commentaire, au téléphone cela doit bien avoir un sens, car il est quelqu’un qui n’a jamais fait la moindre concession sur quelque accès que ce soit à toutes les formes de savoir qu’un sujet peut vouloir conquérir quitte même à l’inventer pour le faire-savoir à d’autres.

J’ai du quitter l’EPSF, c’était déjà pour moi inscrit de départ après cette nomination.

Il me fallait trouver un groupe assez solide pour m’accueillir et qui a mis en place une procédure de la passe.
Il fallait que cette école ait des membres sachant parler plusieurs langues.

Il fallait que cette école se loge sous la bannière du Champ Lacanien. Je venais de publier en 1997 Les Di(t)mensions de la jouissance.

Il fallait que cette école me reçoive comme ici vient quiconque.

Je vais mettre sur mon site, en manuscrit, sous l’intitulé En passant, ce que j’ai dit à mes passeurs et dont j’ai fait un écrit, dans le mouvement et le temps même de son énonciation. Tant il est vrai qu’une seconde passe ne peut pas être comme la première même à vouloir reprendre sa trace.

Patrick Valas, le 20 décembre 2009

 

PDF - 5.9 Mo
Passant aux passeurs 1

ego
ego
ego
 

— Archives / Archives / Archivos / Arquivos / Archivi :
==> http://groups.google.com/group/if-epfcl
— Info :
==> http://www.champlacanien.net/public...


Commentaires  Forum fermé

écho d’une visite (parcouru les feuillets d’« en passant »)
jeudi 5 juillet 2012 à 21h04 - par  eva talineau

j’ai parcouru ces quelques feuillets, et je pourrais m’en aller sans rien en dire - mais justement, je ne le peux pas, je ne peux pas laisser un autre sans Autre (symptôme dont j’ai fait sinthome…). Ou, peut-être, je pourrais, maintenant, mais je ne le veux pas, en tout cas cette fois-ci. J’ai beaucoup souri du début - la conviction de l’auteur que Lacan ne le reconnaissait pas, ne savait pas qui il était, ne se souvenait même pas de son nom - j’ai été animée, pendant tout un temps de ma deuxième analyse (celle qui a été décisive) de la même conviction ! j’ai aimé, aussi, cette intervention géniale de Lacan « vous n’avez rien à faire avec cette Charlotte ».que j’ai entendue « pas d’Autre pour vous que moi, Lacan, le transfert, c’est ici que ça se passe, dans le corps à corps psychique en cours entre nous ». La question clinique qui pour moi se dégage de ce récit, c’est celle de la conduite de la cure dans ces analyses où le regard émerveillé de l’Autre a manqué à l’enfant, qui n’a pas pu se croire, un temps, unique, irremplaçable, irréductiblement singulier et aimé pour cette singularité - avant de, petit à petit, être délogé de cette illusion. L’accueil par un Autre qui ne serait pas non-désirant ne suffit pas, car l’analysant transporte en lui, comme Inconscient, ce non-accueil originaire, et va aller le déposer ailleurs. Comme celui de ce récit a fait, en allant chercher cette Charlotte. Il faut, que de quelque façon, la cure amène le patient à fabriquer son Autre autrement, à croire en un autre Autre que celui qu’il a rencontré à l’origine. Ce n’est pas gagné d’avance ! Lacan semble s’en être bien sorti, preuve qu’il savait être femme quand il le fallait, femme suffisamment désirante et capricieuse pour transmettre la possibilité du désir réciproque à quelqu’un qui en avait été exilé, originairement. On voit comment cette parole de jalousie, donc de désir (et pas de bienveillance) vient ponctuer la rencontre, nommer celui qui en est l’objet, le distinguer, enfin, là où sans Autre, il trompait son non-lieu d’Etre, de son fantasme d’érection et d’élection.C’est là, à mon sens, l’essentiel de ce parcours. Le reste, filiations et fantasmes de paternité, me semble de moindre importance. La bouffée délirante de 1980, après l’appel téléphonique prouve, s’il en était besoin, que c’est bien au niveau le plus radical, de l’Autre originaire, que Lacan était venu prendre place pour le patient. En même temps, elle montre qu’à ce moment du travail, celui-ci n’avait pas encore pris suffisamment acte de ce que son lien à lui-même était suffisamment solide pour qu’il puisse compter dessus sans le garant de son Autre. Mon hypothèse est que cela provient de ce que Lacan n’ a pas eu la générosité d’une parole, du genre « ça va aller, maintenant, Valas, vous n’avez plus besoin de moi ». Peut-être,là où il était, lui, à ce moment là, avait il besoin de penser que Valas avait besoin de lui, Valas et d’autres, bien sûr.
eva talineau

Site web : en passant
En passant
mercredi 4 juillet 2012 à 21h19 - par  nicolas

Je n’sais pas si ce site génère automatiquement une séquence de texte à publier de façon soit disant ’aléatoire’, mais si vous avez re-participé à la re-publication de ce témoignage : chapeau….

J’invite d’ailleurs chacun des cliniqués qui s’y retrouve a lire ces lignes de vie. Car une fois la berge derrière soi comment savoir si de nouvelles bordures surgiront à nouveau devant soi ?
Ici, la preuve en n’est…

En passant
samedi 10 avril 2010 à 11h43 - par  LES VOIX DE TA CONSCIENCE

Ditez donc Valas, à croire que Pommier a sauté votre femme devant vous, heehehehe pourquoi tant de haine ??? Est-ce peut être parce que Pommier à écrit plus d’une dizaine de livres qui se vendent et vous, vous n’avez rien publié ??? Je vous rappel que pour publier il faut travailler… Je n’ai qu’une chose à vous conseiller : Lorsque vous sentez que vous avez les boules comme ça, c’est parce que vous avez peut-être oublié votre dose de Leponex, donc ne l’oubliez pas…

Site web : a