Jacques Lacan NOTE SUR LE CHOIX DES PASSEURS.


Document du lundi 11 juin 2018

par  P. Valas

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NOTE SUR LE CHOIX DES PASSEURS.

Adressée le 8/5/1974 par Lacan personnellement aux psychanalystes qui étaient susceptibles de désigner des passeurs, soit de leurs propres analysants et sans en avertir ces derniers.
Le terme de « désigner » prend toute son importance de ne pas être une nomination, ni une promotion professionnelle comme psychanalyste.
Ce sujet analysant ne savait pas qu’il était « désigné » à cette tâche et ne l’apprenait que lorsqu’il était tiré au sort par un qui se disait « passant », le nom du passeur figurant sur un petit papier plié et mis parmi d’autres dans un chapeau que lui présentait un psychanalyste de l’École.
Le passeur pouvait accepter ou refuser de se dévouer à cette tâche inédite pour lui.
Le « passant » voulait témoigner et transmettre pour la « communauté psychanalytique » quelque chose de sa propre expérience dans sa cure, alors qu’il était dans un moment de « destitution subjective » et que son psychanalyste en éprouvait pour sa part un effet de « désêtre » (abandon), preuve, s’il en est, qu’il passait de l’analysant à l’analyste.
Les deux passeurs allaient dire « en vrac » ce qu’ils avaient entendu à un Jury (aujourd’hui un cartel), qui répondait par un oui ou un non, raisonné et non pas intuitif, que la « passe » d’une structure était franchie.
Pour une fois que les psychanalystes arrivent enfin à compliquer ce qui est simple !
Patrick Valas le 11/6/2018.

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    "Il ne suffit pas qu’un analyste croie avoir obtenu la fin d’une analyse, pour que, l’analysant arrivé à ce terme, lui, pour l’avoir élaboré, fasse un passeur.
    La fin d’une analyse peut n’avoir fait qu’un fonctionnaire du discours analytique.
    C’est maintenant souvent le cas.
    Le fonctionnaire n’est pas pour autant indigne de la passe, où il témoignerait de ses premiers pas dans la fonction : c’est ce que j’essaie de recueillir.
    Pour le recueillir d’un autre, il y faut autre dit-mension : celle qui comporte de savoir que l’analyse, de la plainte, ne fait qu’utiliser la vérité.
    Avant de s’engager là-dedans la tête la première, témoignera-t-il que c’est au service d’un désir de savoir ?
    N’importe qui ne saurait en interroger l’autre, même à en être lui-même saisi.
    Il entre peut-être dans sa fonction sans reconnaître ce qui l’y porte.
    Un risque : c’est que ce savoir, il lui faudra le construire avec son inconscient c’est-à-dire le savoir qu’il a trouvé, crû dans son propre, et qui ne convient peut-être pas au repérage d’autres savoirs.
    De là parfois le soupçon qui vient au sujet à ce moment, que sa propre vérité, peut-être dans l’analyse, la sienne, n’est pas venue à la barre.
    Il faut un passeur pour entendre ça."
    Jacques Lacan


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