Biafra septembre 1968, Palestine septembre noir 1970


Document du mercredi 18 février 2015
Article mis à jour le 19 février 2015
par  P. Valas

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Biafra septembre 1968, Palestine septembre noir 1970

BIAFRA.

biafra, billet

Au bar à putes de Santa Isabel à Fernando Poo (appelée désormais Malabo).

Le meilleur est l’épisode où le Docteur Vigil-Saint-Bernard Kouchner retrouve Godefroy-Firmin-Valas dans un bar malfamé du bout du monde à Fernando-Poo, comme dans un romanquête à la BHL, une sorte de resucée exténuée de Au-dessous du Volcan - mais très au-dessous, façon « La règle du jeu » Saint-Germain-des-Près) :
Tout deux se retrouvent au comptoir.
« Des pilotes éméchés les entourent, des desperados de l’île espagnole, des filles de bar aux cheveux épais ». (sic Weber)
Godefroy-Firmin-Valas, vient d’être démissionné de sa mission, Vigil-Saint-Bernard Kouchner semble avoir du mal à cacher un profond chagrin dont personne ne connaît la raison.
Ruminant silencieusement leur dépit « ce soir-là, les deux compagnons boivent plus que de coutume »(sic Weber).
Passablement aviné Godefroy-Firmin-Valas soudain se lève et se dirige en titubant vers l’autre bout du comptoir, puis il « se jette sur un Allemand assis près du comptoir, le traite de nazi et le roue de coups » (sic Weber).
Pitoyable sortie du Biafra (sic Weber).
Après ce tonitruant esclandre, le tabassage (d’un colosse blond aux yeux bleus de 2 mètres, tatoué de partout et balafré - sans doute un mercenaire ) lors d’une soirée minable aux frais de la section régionale de la Croix-Rouge, le docteur Godefroy-Firmin-Valas est emmené par son ami le docteur Vigil-Saint-Bernard Kouchner à l’église proche pour prier la Vierge de la Soledad, la sainte patronne de ceux qui n’ont personne, ceux qui sont perdus pour lui demander le retour, qui de sa Charlotte et qui de son épouse infidèle.
Lorsque les douloureuses rancœurs accumulées deviendront incontrôlables, que « le délicat équilibre entre la tremblote du trop peu et le gouffre du trop » se révèle désormais impossible, que l’imagerie amoureuse s’estompe dans la brume, un fatal rendez-vous avec le destin s’est mis en place au bar à putes de Santa Isabel, inexorablement.
Patrick Valas le 20 février 2015.

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À propos des culottes de Bernard Kouchner et de son scribe :

French doctors : L’épopée des hommes et des femmes qui ont inventé la médecine humanitaire …
Par Olivier WEBER, éditions Robert Laffont, 1995

« L’homme humanitaire » de notre temps (c’est un pléonasme) veut faire le bien des « damnés de la terre », qui ne lui ont rien demandé.
Son oblativité sans limite cache mal une agressivité féroce.
Il sait faire la guerre sans l’aimer, en la faisant faire par les autres.
Voilà le nouveau héros, monsieur tout le monde « je sais bien mais quand même » qu’illustrent des exploits dérisoires dans sa situation d’égarement.
Il est toujours accompagné par son scribe, son hagiographe préféré qui vit sans doute dans sa culotte, d’où l’odeur de merde de ses écrits.
Alors que là-bas et partout ailleurs en ces lieux de leurs exploits rien n’a bougé, les « damnés de la terre », sont toujours les mêmes, tandis que les « héros » auto-proclamés se sont fait devenir célèbres, ils ne risquent pas de mourir de faim.

Par le hasard des choses en consultant Google je tombe aujourd’hui en 2015, 47 ans après l’aventure biafraise sur un livre publié en 1995, soit 25 ans après la guerre du Biafra par Olivier Weber :
French doctors : L’épopée des hommes et des femmes qui ont inventé la médecine humanitaire.
Éditions Robert Laffont.

Tout ce qu’il relate lui vient par ouï-dire (il n’est jamais témoin direct), d’où cet extrait que j’intitule Les culottes de Bernard Kouchner :
…Peu de temps après, un incident sème la panique au sein de l’hôpital.
Dans la salle d’opération surgit un délégué suédois de la Croix, blême :
« Mon chauffeur vient d’être tué à l’aéroport, hurle-t-il, ils attaquent ! »
Calme-toi, lui répond-on.
Le suédois tremblant, les médecins sentent la peur les envahir.
L’ombre du sinistre scorpion noir se profilait sur l’hôpital d’Awo-Omama.
La nasse se referme…
Patrick Valas, l’étudiant en psychanalyse, file dans sa chambre, boucle sa valise en un clin d’œil et traverse la salle d’opération.
– Vous êtes complètement fous, les gars, on ne va pas rester à se faire et flinger.
Moi je me tire.
Il sort et se dirige vers la voiture.
Son départ jette un froid dans « l’auberge, » la maisonnette qui sert de dortoir.
– Comment peut-il nous faire ça ? Pense Kouchner qui s’étaient lié d’amitié avec Valas à cause de son humour, ses imitations de Woody Woodpecker et son côté gauchiste.
Valas quitte le Biafra par le premier avion.
Attristé, les médecins restent quoi mais ne le suivent pas.

Kouchner tente de décontracter l’ambiance et propose d’écrire une pièce de théâtre intitulé « où sont les culottes ? », Car lance-t-il aux compagnons à la mine grave, « je ne veux pas mourir dans les culottes du seigneur ».
(…)
Quelques jours plus tard, Kouchner prend l’avion à oui pour gagner Genève.
Lors de l’escale à Santa Isabel, des fonctionnaires zélés de la Croix-Rouge lui rappellent les termes du contrat, le menace même.
Un responsable lui donne l’ordre, en termes peu amène, de rebrousser chemin.
– Vous n’irez pas à Genève, clame celui-ci, mais n’ayez crainte, la conférence se tiendra.
On parlera du Biafra.
Il tourne en rond dans l’aéroport puis franchit le seuil d’un bar.
Là, il tombe sur Patrick Valas qui n’est pas encore rentré à Paris depuis sa fuite de l’hôpital, et qui, entre deux avions rumine son dépit.
Des pilotes éméchés les entourent, des desesperados de l’île espagnole, des filles de bar aux cheveux épais.
Ce soir-là, les deux compagnons boivent plus que de coutume.
Et pour prouver à Kouchner qu’il n’est pas un lâche, Valas se jette sur un Allemand assis près d’un comptoir, le traite de nazi et le roue de coups.
Pitoyable sortie du Biafra.

Le 30 septembre, Kouchner regagne le réduit indépendantiste par l’avion de nuit.
Il fulmine.
La loi du silence n’a pas été rompue.
– Les Nigérians peuvent continuer leur sale boulot, lâche-t-il en posant son sac de voyage à l’hôpital.
À ce moment-là.
Hernandez lui tend une bouteille de whisky :
– attends, il y a pire : les Nigérians viennent d’assassiner des yougoslaves et des missionnaires britanniques.
Kouchner écoute, médusé.
A Okigwi à quelques kilomètres de là, les quatre volontaires de la Croix-Rouge sont tombés sous les balles de soldats nigérians qui ont tirés sans sommation.
Certains des soldats étaient ivres.

Du génocide au Biafra ?

Selon François-­‐Xavier Verschave(1) les mercenaires, les armes et les fonds secrets franco­‐africains ont prolongé durant trente mois une effroyable guerre civile, qui fit deux à trois millions de morts.
Ancien lieutenant de Jacques Foccart, Maurice Robert assure lui que le terme de génocide a été lancé par les services.
Et il ajoute : Nous voulions un mot choc pour sensibiliser l’opinion.

En janvier 1970, les troupes fédérales écrasent les sécessionnistes.
La République du Biafra a vécu.

Le SDECE est directement impliqué dans cette campagne : « Ce que tout le monde ne sait pas, c’est que le terme de « génocide » appliqué à cette affaire du Biafra a été lancé par les services.
Nous voulions un mot choc pour sensibiliser l’opinion.
Nous aurions pu retenir celui de massacre, ou d’écrasement, mais génocide nous a paru plus parlant.
Nous avons communiqué à la presse des renseignements précis sur les pertes biafraises et avons fait en sorte qu’elle reprenne rapidement l’expression génocide.
Le Monde a été le premier, les autres ont suivi , explique le colonel Maurice Robert, responsable du SDECE durant la guerre du Biafra(2).

Les autorités de Lagos tentent de faire face à cette campagne : une commission internationale comprenant quatre observateurs (des militaires haut gradés du Canada, de Grande-Bretagne, de Pologne et de Suède) réalisent une enquête en septembre 1968 et concluent Le terme de génocide est injustifié (3).

(1) La Françafrique, Stock,1998.
(2) in ’Ministre de l’Afrique’, entretien avec André Renault, Ed. Seuil, p.180.
(3)Verschave p. 147, qui signale aussi sur ce sujet l’article cité de Jinadu, Ethnicity, … Qui selon Verschave démonte l’argument du génocide.

Historiole d’un moment d’égarement :

J’étais au courant de ce qui se passait au Biafra et je voulais m’y rendre dans le cadre d’une mission humanitaire.
Ce désir me venait de mon grand-père maternel le Médecin-Général Constant Mathis, Médecin-Chef des troupes coloniales, ayant fondé les instituts Pasteur de Phnom Penh, et de Dakar.
Avec mes parents et mes frères nous avons vécus en Indochine (où nous étions né), pendant toute la durée de la guerre, puis rapatriés en France en 1946.

Je connaissais un peu La Chose Militaire, par mon père qui avait fait la deuxième guerre mondiale comme capitaine d’infanterie coloniale et qui dirigeait les services de renseignement des troupes alliées en Extrême-Orient (croix de guerre et officier de La Légion d’Honneur), mais aussi par mon frère Alain, capitaine dans la 13e demie-brigade de la Légion Étrangère (croix de la valeur militaire, chevalier de la Légion d’honneur).

Le hasard a voulu qu’en juillet 1968, au sortir de l’émoi de mai(Lacan), je puisse répondre à un appel public de la Croix-Rouge.
Il s’agissait de constituer la première équipe médicale qui devait se rendre au Biafra, pour porter assistance médico-chirurgicale aux populations civiles victime de la guerre au Biafra.
J’avais fait un an de de spécialité d’anesthésiste-réanimateur et du fait de cette compétence la Croix-Rouge française a tout de suite accepté de m’engager pour une mission à venir, car il était assuré que nous serions amenés à soigner des blessés de guerre.
Remplir cette mission sous l’égide de la Croix-Rouge Internationale me convenais parfaitement.
Par contrat signé nous devions rester « neutres » et ne pas rendre public tout ce dont nous serions les témoins.
Il ne s’agit pas là d’une mesure à prendre pour simplement garantir notre sécurité et celles de nos patients, au regard des belligérants, mais aussi pour ne pas interpréter trop sommairement et trop « localement » le sens du conflit armé auquel nous avions à faire.
La Croix-Rouge nous allouait une prime financière conséquente (en euros d’aujourd’hui, si mon souvenir est bon cela représentait environ entre 2000 à 3000 euros par mois) et nous étions couvert par une assurance décès-invalidité.

Mon père comme mon frère, m’ont bien recommandé de veiller à « rester en vie » par ce que c’est la condition pour être efficace et utile.
Pas d’imprudence inutile, de même qu’il me fallait savoir en cas de risque d’être pris par les troupes adverses de ne se présenter aux combattants d’emblée, d’attendre pour se découvrir le temps que leurs chefs calment leurs hommes déchainés au moment de l’assaut.
Bref, pas de sacrifice ni de martyr.

Rendus sur place notre mission a commencé à prendre la mesure d’un désastre humanitaire sur le continent africain.
Bernard Kouchner, dont je faisais connaissance, fut le premier à le qualifier d’être le résultat d’un génocide calculé.

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Biafra 1968 — Organisation et résultats du travail d’une équipe médico-chirurgicale de la Croix-Rouge
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Biafra 1968 — Organisation et résultats du travail d’une équipe médico-chirurgicale de la Croix-Rouge

Photos Patrick Valas

Dans un premier temps à mon retour en France, Paris-Match voulait les publier puis au dernier moment on m’a averti qu’il préférait en publier d’autres, faites par un pro, moins bougées, mieux cadrées, plus belles, en vertu de leur slogan « Le choc des photos le poids des mots ».
Je leur ai dit que pour moi c’était plutôt le choc des mots et le poids des images et que pour la prochaine fois ils pourraient mettre à ma disposition un Hasselblad avec un trépied.

 

DCA

La DCA : Les soldats biafrais avaient mis en batterie une DCA mobile juste devant l’entrée de l’hôpital.
J’ai insisté auprès de ses servants de l’enlever immédiatement car nous étions en zone neutre du CICR.
Ils ont obtempéré en rigolant.

Sauvé du lynchage
 
Sauvé du lynchage  : à l’aube une infirmière vient me réveiller et me demande de la suivre car il se passe quelque chose de très grave à proximité de l’hôpital.
Nous arrivons dans une clairière où se trouve une foule hurlante entourant un homme nu et déjà certains s’apprêtent à le lyncher à coup de gourdins.
Je fends la foule qui me laisse passer (on sait que je suis médecin) et je sors de là l’homme terrifié.
Ameutés par les cris, 2 soldats biafrais viennent à notre rencontre et nous emmenons l’homme à l’abri.
Ils l’interrogent et me disent que c’est un soldat nigérian qui s’est perdu dans la foret et a en enlevé son uniforme pour ne pas être identifié comme tel.
Mais il a fini par être découvert dans sa cachette.
Un officier est arrivé et m’a dit de ne pas m’inquiéteront ne lui fera pas de mal.
Il ajoute prenez-le en photo et les jours prochains je viendrais avec lui pour vous montrer qu’il est bien traité avec le statut de « prisonnier de guerre ».
Il a tenu parole.

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Le docteur Okôyé, le seul chirurgien biafrais de l’endroit, accueille l’équipe de la Croix-Rouge avec chaleur.
Qu’est-il devenu, je n’ai pas pu le savoir ?
 

 

Maternité
 
La vierge et l’enfant.
 

Arrivée des blessés

Les blessés et les morts arrivent du front au petit matin après la reprise des combats qui cessent la nuit.

Le bloc

Le bloc opératoire.
Nous passons nos journées et parfois les nuits à opérer.
Comme je suis anesthésiste je reste parfois 24 heures et plus sans dormir.
Il me faut non seulement endormir les « patients », aussi les réveiller, préparer le réanimation, mais aussi assurer les transfusions sanguines et donc surveiller l’approvisionnement de la « banque du sang »(un frigidaire).
Mais aussi assurer les soins post-opératoires.
Je suis exténué.

J’ai fait du compte rendu de notre travail là-bas le sujet de ma thèse de médecine :

Organisation et résultats du travail d’une équipe médico-chirurgicale de La Croix-Rouge Internationale au Biafra

À la relire 40 ans après, je me rends compte du degré de mon égarement en ce temps de mon historiole… il n’empêche que j’y suis allé quand même.
C’est la preuve que l’acte est décidé par l’objet causant le désir, avant même que le sujet en sache quoi que ce soit.

Biafra 1968

Max Racamier, le chef de la mission.
Il restera presque 2 ans au Biafra.
Au moment de l’effondrement de l’armés biafraise, en janvier1970 il raconte comment il a essayé d’évacuer par avion 200 enfants dont la mission s’occupait.
J’ai cru comprendre que les notables biafrais s’emparaient des places d’avion, au détriment des enfants.
Le leader du Biafra General Ojukwu avait pris la fuite, se réfugiant en Côte d’Ivoire je crois, au bout de quelques années d’exil, il est revenu dans son pays, se présentant même à la présidence du Nigéria.

Biafra 1968

Le bloc opératoire.

Mon ami Pierre Viansson-Ponté me disait de Bernard Kouchner qu’il était un animal politique.
Il l’a prouvé par la suite.
Politique par réalisme, humanitaire par désir.
Un pari impossible à tenir.

Lacan a fustigé « l’humanitairerie de commande », et ses élèves, parmi lesquels je me compte, ont peut-être compris un peu trop vite ce qu’ils croyaient que Lacan voulait dire.
C’est sans doute pourquoi en bandes ils ont en partage la veulerie et la bêtise collective.
Lacan visait essentiellement la fraternité des corps dont s’engendre le racisme, mais il donnait toute sa valeur à ce qu’il nommait la fraternité de discours.


En septembre 1970, Septembre noir pour la Palestine

Marcel-Francis Kahn à constitué une équipe médicale de 40 médecins et infirmières, gauchistes, maoïstes, trotskystes, anarchistes, pour se rendre à Amman sous la protection du Fatah, afin de porter secours à la population civile des camps de réfugiés palestiniens bombardés et attaqués par les blindés du Roi Hussein de Jordanie.

Il y avait, entre autres dont j’ai oublié le nom mais pas le visage quand je regarde cette photo, Pascale Belot-Garnier, Christian Garnier, Patrick Nochy, René Friedman, Jean-Daniel Rainhorn, Jean-Paul Vernant, Arrigo Lessana, F. Fiedler, Patrick Combalitch, etc.

Palestine

Le groupe au complet.
Nous sommes en Syrie à la frontière nord de la Jordanie.
Nous partons le lendemain à Amman, en convoi par la route qui traverse le désert.

Nous avons rempli notre mission comme nous avons pu.
Même les autorités Jordaniennes qui faisaient mine de ne rien savoir de notre présence clandestine dans leur capitale, ont fini par nous donner du matériel pour équiper nos deux blocs opératoires de fortune et nos dispensaires médicaux.

Le Chinois


 
En 1972, sous l’impulsion de Patrick Nochy Jean-Daniel Rainhorn et Christine Hammel, ont annoncé publiquement et malgré la loi, qu’ils pratiqueraient désormais des interruptions de grossesses, dans leur cabinet médical à Gennevilliers.

Ils étaient avec les précédents, rejoints par Colette Bloch-Pisier, Jacques Leibowitch et Marion Élissalt.

Il s’agissait de mettre fin au tricotage de milliers et milliers de femmes par les faiseuses d’anges, qui engendraient souvent des séquelles irréversibles, et des décès.

Simone Veil a pu trouver cet appui pour faire passer la loi qui porte son nom.


 
Chacun a repris sa route, et moi la mienne pour avoir retrouvé dans le parler ce qu’il me fallait de jouissance pour que mon histoire continue.
Comme une boule de tric-trac dans un billard, je suis devenu psychanalyste.
Il me fallait apprendre à savoir le rester.
Je n’ai jamais regretté ces temps d’égarement.
J’étais perdu dans la bonne direction.


Commentaires  forum ferme

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mercredi 26 novembre 2014 à 17h47 - par  gzfxygk

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Biafra septembre 1968, Palestine septembre noir 1970
jeudi 27 juin 2013 à 03h04 - par  lidewpoba1989

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