Patrick Valas La « contre-expérience » (Lacan), pour la psychanalyse ?


Document du jeudi 25 octobre 2018

par  P. Valas

« Contre-psychanalyse »

 ?

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Lacan ferait référence à des « reprises » de psychanalyses, qu’il a été amené à engager pour des personnes (certaines pratiquaient déjà la psychanalyse) ayant fait leur analyse chez des psychanalystes n’étant pas de son bord, et même carrément contre lui de façon affichée, notamment qui avaient collaborés activement à son exclusion de l’IPA en 1963.

Il semble qu’il s’agit de la pratique de la cure par des psychanalystes qui « barre définitivement l’accès à l’inconscient » (sic Lacan) à certains de leurs patients.

Lacan va dire qu’on peut même savoir le nom de ces analystes à travers ce qu’ils écrivent (on peut penser que lui les connaissait).

D’une façon plus large, c’est ce que l’on rencontre quand des sujets viennent vous demander une analyse, après être passés successivement par plusieurs divans.

On parle de « tranches », ce qui n’est pas du tout le bon terme, Lacan d’ailleurs était très réticent voire même opposé ouvertement à ce genre de pratique.

La raison en est simple.

Si quelqu’un qui a déjà fait un passage sur un divan vient vous demander une analyse, il s’agira alors de « défaire » le travail qui a été fait avant et tout reprendre.

Pourquoi ?

Il ne peut s’agir de réparer un accroc comme pour une pull-over, il vaut mieux le détricoter entièrement et refaire un autre pull avec la même laine récupérée du précédent.
Si l’on reconnait que la direction de la cure est liée au désir de l’analyste, alors avec un autre analyste il faudra en passer par le sien, qui par définition de structure est dans une « différence absolue » d’avec celui de tous les autres analystes (pris comme un chacun).

"Quelqu’un qui a expérimenté une psychanalyse est quelque chose qui marque un passage, qui marque un passage, — bien entendu ceci suppose que mon analyse de l’inconscient en tant que fondant la fonction du Symbolique soit complètement recevable.

Il est pourtant un fait, c’est que, apparemment, et je peux le confirmer, réellement, le fait d’avoir franchi une psychanalyse, est quelque chose qui ne saurait être en aucun cas ramené a l’état antérieur, sauf bien entendu à pratiquer une autre coupure, celle qui serait équivalente à une contre-psychanalyse.

C’est bien pourquoi Freud insistait pour qu’au moins les psychanalystes refassent ce qu’on appelle couramment deux tranches, c’est-à-dire fassent une seconde fois la coupure que je désigne ici comme étant ce qui restaure le noeud borroméen dans sa forme originale."

JL, L’insu que sait de l’une bévue s’aile à mourre. 14 décembre 1976

Lire les schémas de cette séance,en suivant les flèches dans l’ordre (1), (2),(3).
Ils montrent pourquoi une analyse qui n’a pas été menée à son terme logique, conduirait à laisser le sujet dans l’impasse de donner à l’inconscient la prévalence sur tout (2) -ce qui s’entend très bien dans les propos hors la cure de certains de ces sujets, alors que le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire sont équivalents.


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