Patrick Valas — « Œdipe, reviens, tu es pardonné ! »


Document du dimanche 8 novembre 2009
Article mis à jour le 15 novembre 2009
par  P. Valas

« Dans votre discours analytique, le sujet de l’inconscient, vous le supposez savoir lire. Et ça n’est rien d’autre, votre histoire de l’inconscient. Non seulement, vous le supposez savoir lire, mais vous le supposez pouvoir apprendre à lire. Seulement, ce que vous lui apprenez à lire n’a alors absolument rien à faire, en aucun cas, avec ce que vous pouvez en écrire ». J. Lacan.

Oedipe et la Sphynge

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lane

Présentation

l. — UN ENFANT AIMABLE  

Présentation

L’instant du secret

Le temps du fantôme

Le moment de conclure

Conclusion

II. — MOMENTS DE LA STRUCTURE DANS LA CURE PSYCHANALYTIQUE  

Présentation

Les entretiens préliminaires

L’entrée dans la cure

La cure et ses termes clefs

  • le repérage de la peur et de l’angoisse
  • la définition du transfert
  • l’angoisse de castration
  • l’articulation de l’angoisse de castration et du fantôme

Le thème du fantôme

La fin de la cure

III. — LE CORPS DANS LA PSYCHANALYSE  

Présentation

Moi-idéal et Idéal-du-moi

Le modèle optique

Le modèle psychique

IV. — ŒDIPE REVIENS, TU ES PARDONNÉ !  

Présentation

Sexe biologique et sexualité dans la psychanalyse

La fonction paternelle

Le mythe d’Œdipe

Totem et Tabou

Le complexe d’Œdipe dans la psychanalyse

Rodolphe, Œdipe et compagnie  

L’Autre Scène : Rodolphe, son père, sa mère, un étranger  

 

Romuald avait 5 ans lorsque je l’ai reçu, et sa cure a trouvée son terme logique par une réconciliation œdipienne dans la retrouvaille de la parole.

À la fin de cet ouvrage, j’ai repris toute la cure, en notant simplement, les propos qui s’étaient tenus entre l’enfant, ses parents, et le sujet-supposé-savoir que j’étais pour lui et que je nomme ici l’étranger.

L’autre scène : Romuald, sa mère, son père et l’étranger.

La mère : De toute façon, il ne sait rien faire tout seul, c’est un enfant très fragile. Il presque 6 ans, on est encore obligé de lui mettre des couches parce qu’il fait tout le temps, il a toujours besoin de quelqu’un.

Romuald : Où est-il ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Je suis un enfant perdu.

L’étranger : Romuald ?

M. : R. a été hospitalisé dès sa naissance et pendant très longtemps. On lui a enlevé un rein, les médecins ne pensaient pas pouvoir le sauver …Il se rend malade quand je me sépare de lui.

L’E. : Reste un peu avec moi.

R. : Pourquoi ?

L’E. : Pour le secret.

R. : Le secret c’est quoi ?

L’E. : Le secret c’est quelque chose que quelqu’un sait et que les autres ne savent pas.

R. : Ah ! J’ai un secret ?

L’E. : Oui, bien sûr.

R. : Ah ! Et toi tu as un secret ?

L’E. : Oui.

R. : Dis-le.

L’E. : …

R. : Je le dirai pas …papa …papa …papa.

R. : Le dessin pour le secret de Romuald.

R. : L’histoire du secret du lézard à la queue coupée, mais ça ne fait rien, ça repousse tout seul.

R. : Il y a des secrets, le pipi, la mort… Ce destin-là on va essayer de savoir pourquoi les crabouillages, la chose qui existe pas.

R. : Le bébé avec les couches, la dame ne sait pas si c’est une fille ou un garçon, c’est les deux je peux pas dire… Il y a d’autres choses à parler avec le pipi… je trouve qu’une dame comme ça, ça devrait pas avoir un bébé… le bébé la voulait pas parce qu’elle est trop moche et allait pas lui donner à manger… ça dépend du destin du bébé, s’il trouve la maman moche, il voulait s’en aller dans les rues, se promener dans les rues… sa maman ne veut pas et c’est comme ça… si ça tombe mal… si je vois une femme pas belle je dormirai tout de suite.

R. : Je parle de mon hôpital, quand j’étais avec mes urines, c’était bouché, on m’a opéré d’un rein, on m’a enlevé un rein, après je suis rentré à la maison.

R. : Je vais te chercher maman et Romuald.

La M. : Il est constamment agité, ne travaille pas à l’école, d’ailleurs moi je le guette et son père le gâte, il lui cède sur tout, c’est lui qui le fait manger le soir.

R. : C’est mon tempérament.

R. :

  • Dame avec un gros ventre.
  • Monsieur avec un gros ventre.
  • Messieurs jouant au ballon, ce sont des jeunes hommes.

R. : les choses que j’ai peur, ça ressemble à un ours, mais c’est pas un ours, c’est autre chose, un corfauche.

R. : Écrire mon histoire de peur… les choses qui existent pas, existent par la pensée.

R. : Maman avec le destin moche et le bébé qu’on ne sait pas s’il est une fille ou un garçon.

R. : dans le ventre on n’a pas de nom… et puis la maman qui a un plus gros ventre et pas même un enfant et puis après un garçon.

La M. : il n’y a aucune amélioration à l’école… et puis je ne lui retire pas ses couches car il est incontinent et risquerai d’attraper froid et de tomber malade.

R. : J’ai envie d’être un bébé dans mon cœur, mais j’ai pas envie d’être un bébé… c’est ma vie qui m’a fait venir… je me sens mieux et je me sens mal.

R. : J’en vais marre qu’ils me battent, que j’avais envie de mourir pour le dire dans le cœur.

L’E. : Le dire dans le cœur, c’est quoi ?

R. : La remontée dans mon histoire c’est mon cœur… la nature et la liberté, j’ai peur de mon thème… comme on est un jeune homme et qu’on ne sait pas vivre, le cœur est déchiré

R. : Quand tu seras morte, je veux que tu meures.

La M. : Tu veux que nous soyons morts tu es méchant.

R. : Parce que vous me contrariez trop… quand je serai grand qui me nourrira … et mes parents morts ?

La M. : Mon mari est aussi très inquiet.

R. : Mon père m’aime trop. … Maman parle en négatif.

R. : Un arbre en négatif. Comment il respire… et s’il perd ses feuilles ?

R. : dans mon rêve, je veux vivre dans une grande maison… me séparer de ma maman… ce dessin c’est le bateau restaurant, c’est pas la maman… ce destin pour moi… les pensées différentes du cœur… je viens ici pour mon destin, j’en ai connaissance… mon vrai destin c’est que mon papa meurt jeune et que le me marrie avec ma maman…

L’E. : Ça c’est vraiment surprenant !

R. : Oui.

R. : Je vais parler dans le destin de l’hôpital, j’ai peur de quelque chose qui existe pas… on va continuer notre travail de peur qui peut pas exister… mes rêves et ma vie c’est pareil… j’ai peut-être une Loi qui ne peut pas sortir de moi, la Loi de pénétrer dans le cul, j’ai peur de ça … la Loi d’une société mal faite. J’ai peur de la Loi et de la société… je veux passer de la vie qui existe pas à la vie qui existe… c’est le murmure de mon cœur.

Le P. : Tu te poses trop de questions … il ne faut pas rater l’école… il ne faut pas s’en faire… il n’y a qu’à se débrouiller avec ça.

R. : Si je n’étais pas né, est-ce qu’il y aurait quelqu’un à ma place ?

R. : Je me sens pas quand je fais pipi… je me traite facilement comme un bébé et je suis un grand garçon … j’ai pas su comprendre les choses de bébé et je suis en colère pour ça… se battre c’est ça la vie me fait peur… je vais dessiner le pays de tous les anciens militaires pour apprendre qu’est-ce que c’est se battre… apprendre à se battre c’est tuer les choses qui font peur…

L’E. : Leur donner un nom ? Tuer ? Tu es Romuald, tu t’appelles Romuald.

R. : Oui c’est ça.

L’E. : C’est la maman-bateau ?

R. : ça choque un peu… les bateaux avec ma pensée…Maman, je suis assez grand de se débrouiller seul.
Je crois qu’un enfant petit doit apprendre à quitter sa maman pour pouvoir vivre seul quand il sera grand. Pourquoi tu ne dis pas exactement ce que tu as sur le cœur.

L’E. : …

R. : Maintenant je vais te découper de papa… le docteur et la maman… me séparer de toi comme me séparer de ma maman.

La M. : Les docteurs ont dit qu’il était guéri. Il ne me faisait pas la fête à l’hôpital.

R. : Je ne veux rien laisser en panne … il faut me punir mais pas tout le temps.

R. : Je suis pas tellement inquiet.

Un chirurgien : Ce résultat tient du miracle.

R. : Les médecins croyaient que j’allais mourir, mais moi je voulais vivre.
… Un dessin d’angoisse, d’angoisse à l’hôpital… les adultes savent et ne savent pas.

La M. : çà allait même jusqu’à me couper la parole, c’est devenu une maladie chronique… je prenais des médicaments… je crie tout le temps, c’est pour ça que Romuald parle très fort … ça fait du bien de parler, mais ça ne sert à rien.

R. : La séance c’est pas pour moi… La tête de conscience.
Maman je te coupe les mains… ma lèche maman des mots d’amour… j’aime la guerre c’est ma maman qui disait que je me fous de tout … il ne faut pas de maman… je me fous de la mort de ma mère, de mon père et de mon grand-père.

R. : ça va très mal dans ma tête… je suis le constructeur de l’aventure en dessin… pour moi je me sens capable d’être un bébé, au contraire je fais tout pour être un bébé et je veux pas l’être… je me crois un bébé… caca… chocolat… je vais manger du caca… c’est bon du caca…j’adore ça du caca…. Qu’est-ce que tu penses de tout ça ?

L’E. : …

R. : T’es pas obligé de le dire’.

R. : Je vais inventer une méthode de projection d’histoire… Je vais te dessiner et tu vas entendre.

R. : Les choses qui existent pas, les choses du rêve, la société qui existe pas… le fantôme qui veut tuer il aurait peur des choses qu’il ferait… c’est moi qui découvre le pays des fantômes… tu es assez fort pour faire disparaître tous les fantômes… les fantômes de la nuit, c’est les infirmières et les médecins de mort… quel chemin je vais partir, quel chemin pour revenir à la vraie vie.

R. : Pour sortir du monde qui existe pas, c’est une opération magique mais c’est une façon de parler.

L’E. : Laisses venir tes idées pour retrouver le fil.

R. : Les fantômes ne peuvent pas me tuer, ça peut que me tuer, me faire des vilaines choses… toucher le zizi c’est la révolutions des fantômes qui coupent le zizi… le zizi coupé d’un enfant c’est ça que la révolution dit la maman… c’est une révolution qui va pas ensemble le zizi et la révolution des malheurs… je bute sur quelque chose… durcir le zizi, ça me bouche le zizi… maman me répète toujours la même chirurgie… pour consoler la maman je me mettrai de faux poils pour remplacer papa.

L’E. : Comment ça ?

R. : Je me déguiserai pour prendre la place de mon papa… l’énergie de lune c’est dangereux on connaît pas ça… je crains la maman, elle est plus forte que moi, elle me donne des fessées. Çà ne fait rien, je crains moins mon papa. Grandir c’est travailler non plus jouer … je fais des rêves bizarres, le trop d’amour… les idées qu’on m’a mis dans la tête.

La M. : Romuald veut remplacer son père.

R. : C’est pour ça les fantômes de la nuit. On ma expédié chez les fantômes… le pays qui existe pas c’est pas pour les enfants. Tu me mets dans la vie qui existe pas.

L’E. : C’est la construction de ton histoire ?

R. : Puisque tu ouvres les oreilles et rentres ça bien dans La tête.
Ça m’énerve de travailler… ça m’énerve parce que c’est mes reins qui me comprennent… Je veux tuer la maman parce que c’est le thème de coucher avec elle le danger, C’est pour ça que je suis perdu au pays des fantômes… je crois que tu es pas en forme, tais-toi j’ai peur de ce tu dis, c’est moi qui commande pour le dessin.

R. : J’ai quelque chose de très important à vous dire… le chemin je peux pas le dire, y’a façon qu’on peut pas le dire, y’a quelque chose qu’on peut pas dire c’est une révolution.

L’E. : C’est très juste ce que tu dis là.

R. : C’est ça. Ça doit commencer par des pensées bizarres, puis les fantômes… il m’énerve que maman n’est pas d’accord, tous les soirs à la même heure je commence à me couvrir, ma maman ne veut pas, j’ai peur que les fantômes me regardent… j’ai des pensées bizarres, ça parle. Je ne sais pas comment mon rêve était transformé, un chien en un autre. C’est un rêve de chien magique. Comment éviter les coupures, un morceau de mots qu’on peut pas dire ou comprendre, ça concerne on ne sait rien…

R. :…Je peux pas en dire trop sur mon chien… est-ce que vous avez trouvé la concentration ?

L’E. : Le chien c’est la concentration de chier et de chemin.

R. : C’est vrai, il y a des idées qui viennent quand vous êtes pas là… vous voyez mes pensées en moi ?

L’E. : Certainement pas.

R. : Le secret personne, ne peut deviner les pensées, avec vous j’ai confiance, il faudrait une lettre pour ma maman.

R. : Je vais faire pipi, et on va commencer à déballer ce que j’ai fait.

L’E. : Faire un bilan ?

R. : Pas tout à fait, je sais pas quelle forme de bilan. C’est un endroit très spécial pour un bilan, vous allez suivre tous mes conseils et on va revoir les dessins, les moi et les pas moi… je crois qu’on va s’arrêter au dessin des fantômes pour parler.

L’E. : Eh bien allons-y.

R. : A quoi tu penses ce bébé que j’ai apporté ?

L’E. : Je ne sais pas trop bien.

R. : C’est comment s’occuper exactement d’un bébé… tu es bête à ce point là et je crois que tu y es, c’est pas la pensée qui compte, tu y es … quand on est envahi on sait pas quoi faire…Je dis que vous êtes sévère.

R. : Je suis carrément fâché, si t’es pas gentil je reviens plus… vous forcez trop… je vais faire pipi, l’énergie ça fait bonder, l’énergie que j’ai dans la tête n’aime pas ma vie… dans le fond de mon énergie, il ya quelque chose de terrible.

L’E. : De terrible ?

R. : Oui le monstre-énergie.

L’E. : Le monstre-énergie ça alors.

R. : Monstre-énergie pour mon papa et pour ma maman.

L’E. : C’est ton désir ?

R. : Non, j’ai envie de faire caca, mon énergie elle vient de mon caca, avec ça je me sers de ma mère.

L’E. : Oui avec ton caca tu as du pouvoir sur ta maman.

R. : Comment t’as trouvé ça ?

L’E. : Parce que tu me le dis.

R. : Je vais faire un dessin, toi tu joues le patron et moi le travailleur… avec un grand dessin je raconte, c’est les secrets de ma mère.

L’E. : C’est exactement ça.

R. : Je fais caca dans ma culotte … me voilà tout nu avec mes petites gougoutes… c’est mon caca qui compte.

R. : C’est le bateau Romuald, le bateau remuant… je me remuais à faire ça, ça me torture la quéquette qui s’agrandit pour aller chercher des puces dans un trou… encore des bêtises de Valas… je vais essayer d’arranger mon idée … je fais des progrès quand je veux remarque… je veux ma place dans l’école, je veux ta place, ça veut dire que je veux faire le médecin… le médecin ça me torture. Qu’est-ce qui torture ?

L’ E. : Réponds à ta question.

R. : Je suis torturé par ma vie qui n’existe pas, depuis 3 ans je veux que tu m’aides, je suis allé voir le Dr Valas pour qu’il me sauve.

L’E. : Eh bien je suis là.

R. : C’est comme si je croyais ai Père Noël. Je ris parce que le Père Noël n’existe pas. Je fais de plus gros progrès parce que je suis patient.

Les parents : Il ne fait aucun progrès scolaire.

R. : Je me fous de redoubler … je m’intéresse aux choses des grands… ce que les autres enfants ne savent pas, j’essaierai de faire une révolution pour me compléter… ce sont les problèmes des grands.

Le P. : Tu voudrais savoir le problème des grandes personnes ?

R. : C’est ça et c’est flou, je me considère comme un grand.

Le P. : Tu as quelque chose contre tes parents ?

R. : Je me défends de vous.

Le P. : Au point de vue de la vie quotidienne ça va bien, c’est le corps qui va pas.

R. : Je me débrouille quand il n’y a pas maman… il y a des secrets entre vous.

Les parents : Il faut persévérer.

R. : Aujourd’hui on range les idées qui me dépassent… c’est l’histoire du zizi magique, il en sort un fantôme, le fantôme de ma mère…on va parler des envahisseurs, la vie te surprend avec les journalistes et les histoires de fantômes … les calculs dans ma tête pour les opérations des reins… ma tête est très spéciale à expliquer…
Quelle est la Loi des hommes ?

L’E. : C’est de parler.

R. : …les gens comme vous c’est des amuse-gueules, est-ce que ça vous amuse de rigoler ?
Mon corps il est vert sur mon pull-over, mon pull-over et vert et ouvert, c’est la Loi de ça qui me force… dans les choses qui existent pas il y a la vache qui rit et qui fait pipi, le caca pourri, le fantôme rit.

L’E. : Parfait.

R. : parler c’est bien, mais parler trop on peut devenir fou.

R. : C’est le repartage… c’est ma tête qui m’emmène sur le monde qui n’existe pas… je n’arrive pas à m’organiser… au turbin dans les salles de bains, comme on dit, on sait toujours ce qui va nous arriver… pour s’y retrouver c’est la parole…dans votre révolution, vous n’êtes pas très riche… tu t’occupes bien de moi.

R. : une carte postale : « Cher Dr Valas, au revoir, je t’embrasse tous. »

R. : L’école c’est l’école, c’est pas la peine d’en parler, ici on travaille.

R. : J’étais complètement pris par des fantômes… les fantômes sont des babords de télé… les fantômes masqués comme les docteurs…les fantômes c’est la liberté, ma vie n’est pas nette, je voudrais mourir.

L’E. : Il faudrait comprendre comment ils te tiennent les fantômes.

R. : C’est la vie quotidienne des fantômes.

La M. : Il a un comportement impossible.

R. : Les parents sont impossibles, j’aime mieux mon pépé que vous…je suis un cas, je sers à rien, dans la vie je veux me tuer… quand je suis en colère je suis mal dans ma peau, je pourrais me jeter par la fenêtre, j’ai envie de tout détruire… je veux te détruire, soit embrasser, soit détruire

R. : On travaille sur la parole… l’insistance des fantômes, ils sont venus à 5 ans, je pouvais pas dormir, maman vient à côté de moi je voulais pas… j’aurai pu tuer les fantômes, je crois tellement à eux… ça me regarde pas, c’est eux qui me regardent.

L’E. : C’est ça.

R. : j’ai peur à l’avance… un fantôme par derrière pour m’enculer, c’est au moment des gros mots qu’il y a des fantômes.
… Fantôme de Romuald… il faudrait me bagarrer avec eux et les tuer et discuter avec eux les misères que pourrait me faire les fantômes… ils pourraient te tuer… ils pourraient me rendre fou… ils pourraient me tuer dans ma tête.

L’E. : C’est un peu gros ce mot de fantôme.

R. : Oui c’est ma mère, une main dans l’espace, une main dans la lune… je veux mourir, quand je suis en colère… au début j’épouserai une petite fille.

R. : Déjà la question des fantômes c’est la question de l’homme radar. Romuald l’homme radar… je suis perdu dans l’homme radar, dans une cuirasse de fou… j’étais chez ma mémé qui a dit : « un fou pour toute la vie »… ils me font chier, ils me font chier dans la culotte.

L’E. : Tu as raison, mais il y a peut-être pas besoin d’aller aussi loin.

R. : Là c’est une séance très importante, après le camion robot, les fantômes qu’est-ce que j’en pense ?
Le fantôme pan … un petit ensemble dans les grands ensembles. Les enfants-hommes que j’ai fabriqués quand j’étais petit, l’enfant-homme, l’enfantome.
…Fantôme-Romuald… le petit sujet qui passe… Romuald et son fantôme.

R. : ça y est les fantômes ont assez dit de choses.

L’E. : Je suis tout à fait d’accord.

R. : L’avis de mon père n’est pas sévère, j’écoute pas mon père, j’écoute pas mon père d’une certaine façon… mon père garde un secret, il est très important, je l’aime bien, parfois je suis un peu bête… ça touche les mauvaises histoires de fantômes, je tripote les fantômes.

L’E. : C’est en effet la seule chose à faire pour y comprendre quelque chose.

R. : Alors maintenant on va revenir à la parole de l’enfant.
La vie des fantômes c’est la vie de ma peur… avant la loi des fantômes c’est la sauvage des vies, ce dessin-là s’intitule la Loi des hommes… je compte pour des prunes.

L’E. : Certainement pas puisque tu as un nom.

R. : Romuald et pas un fantôme, j’ai fait la connaissance des fantômes de travers et puis je voulais pas faire leur connaissance… les pompiers vont à la chasse des fantômes… les fantômes je les entends raisonner dans ma tête.

R. : Le gros perroquet qui mange tous les fantômes… je traduis tout, Romuald de la raison du langage…

R. : L’encyclopédie des fantômes : Romuald, Zarifian, « le sujé, lé ffantômes, raviner, il i elle a 5 an a la le sirê ate fantom le tir le le ra, vain vie la méchansté éla.lé fantom. Devin touté mé idé, il save sdéffande, il ri sedem pilé je ne pereinféere. » (il s’agit là d’un texte écrit de lui)

R. : Je fais le chameau, le chameau c’est une impression comme on dit le fantôme… maintenant je vais faire un chameau très impressionnant… le fantôme dit ahou, ahou, c’est le premier sujet.

L’E. : Qu’est-ce c’est ?

R. : Lui qui n’a pas de nom est-ce un sujet ? J’ai dessiné le fantôme comme interdiction… tu sais où je trouve les mots ? … chez les journalistes…
Le sexe ça vient de sexe-aphone…les fantômes s’ils veulent avoir un nom doivent être porteurs d’un sexe.

L’E. : Très bien.

R. : Le jeu du merdier pour régler l’affaire.

R. : Romuald, le mâle, la vi, la poisibilité, lome. (Le texte est de lui)
… tu peux dire que je suis coincé, je regrette les fantômes que j’ai construits, le mieux dans la vie c’est de rester un ignorant, je veux rester un ignorant, je veux être ignorant et parfois je veux pas.

L’E. : Oui c’est difficile de faire autrement.

R. : Tu sais comment j’ai fait avec les fantômes… je me suis débrouillé, etc., l’esprit et la quéquette c’est dans la tête.

L’E. : C’est très astucieux ça.

R. : Le fantôme dans la quéquette, il faut tourner autour du problème pour passer et repasser dans le sujet… ça cherche une drôle de panoplie… je dis la réalité sexuelle avec les choses.

La M. : Il ne fait rien à l’école, il faut faire quelque chose.

R. : Trouver les secrets, c’est de ta faute.

L’E. : Pourquoi n’en parlez-vous pas directement avec la directrice ?

R. : L’homme qui sait parler en langue de femme… je préfère embêter la femme de ménage que les fantômes… Le roi des fantômes c’est l’homme sans sexe.

L’E. : Comme on dit le roi des cons ?

R. : Les propos de mon imagination sont importants.

R. : je viens que pour jouer…je viens que pour jouer…

L’E. : Peut-être le moment est venu de nous séparer.

R. : C’est comme si on voulait m’arracher à ma mère… je viendrai jusqu’à épuisement du Dr Valas.

L’E. : C’est entendu.

R. : Un jour je me marierai et j’aurai des enfants….

R. : Elle est triste ta révolution.

Plusieurs mois se sont écoulés où Romuald a déployé cette thématique d’une retrouvaille de ses capacités à jouir de la vie selon son désir.
La cure était à son terme, pour un enfant maintenant âgé de 9 ans. Les fantômes avaient quittés le devant de la scène, laissant place à la construction d’un fantasme œdipien.
Le reste du parcours, il lui fallait le faire avec ses parents.

À la rentrée scolaire de l’année suivante, je recevais une carte postale de lui.
Elle représentait un âne portant 2 paniers de fleurs. D’une écriture bien déliée il avait mis ce mot à mon intention :

« À l’occasion de la nouvelle année, recevez mes meilleurs vœux.
Romuald Zarifian.
Ps. J’ai fait ça, j’ai parlé pour les autres enfants. »

Patrick Valas. 1984, 2006.

ACHEVÉ D’IMPRIMER
PAR L’IMPRIMERIE CH. CORLET
14110 CONDÉ-SUR-NOIREAU
Nº d’Imprimeur : 3364
Dépôt légal : mars 1984.

 

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Commentaires

Patrick Valas — « Œdipe, reviens, tu es pardonné ! »
mercredi 19 juin 2013 à 07h53 - par  chocsioderti1979

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