Lacan, Clérambault, Artaud, Mallarmé, Joyce, Sollers, Meyronnis, Haenel et le Tao.

La Lituraterrisation de la littérature par la psychanalyse

Document du mardi 17 novembre 2009

par  P. Valas

Antonin Artaud
 

Lacan et Clérambault  

Le premier texte doctrinal de Lacan s’intitulait : « Structures des psychoses paranoïaques » (1931) publié dans la revue Semaine des hôpitaux.

Lacan savait que Clérambault était un homme tyrannique qui exigeait des siens une fidélité sans partage. Il connaissait sa crainte de voir sa doctrine pillée ou imitée. C’est pourquoi en le citant, il prit soin de noter en bas de page : « Cette image est empruntée à l’enseignement verbal de notre maître, M.G. de Clérambault, auquel nous devons en matière et en méthode qu’il nous faudrait, pour ne point risquer d’être plagiaire, lui faire hommage de chacun de nos termes ».

Choqué par l’ambivalence de cet hommage exagéré, le patron de l’Infirmerie spéciale ne tarda pas à désavouer son élève. Après la publication de l’article, il entra dans une violente colère et fit irruption à une réunion de la Société médico-psychologique pour lancer au visage de Lacan des exemplaires dédicacés de ses œuvres et l’accuser de plagiat.

Voici le souvenir que garde de cet événement Henri Ellenberg : « Il accusa Lacan de plagiat. Avec un culot incroyable, Lacan retourna l’accusation contre Clérambault, affirmant que le vieux psychiatre l’avait plagié. Cette affaire fit grand bruit. Lacan avait d’ailleurs un sens remarquable de la publicité. » [É. Roudinesco, Jacques Lacan p. 46-48. Fayard 1993.]

Lacan et A. Artaud  

À ma connaissance, c’est Nicole Bousseyroux (psychanalyste, et grande érudite), qui révèle l’identité du Dr. L. Comme étant Jacques Lacan, dans un article publié dans la revue L’en-je lacanien, p. 125-133, La passion d’Antonin Artaud.
Éres, nº 7, février 2007. Je la cite :

Nicole Bousseyroux : La Passion d’Antonin Artaud*

Antonin Artaud et le docteur Ferdière sont en quelque sorte couplés dans l’être, à travers les lettres de Rodez. Mais il y a, si je puis dire, un troisième larron dans ce qui fut la passion d’Artaud.

Il vaudrait mieux dire, comme vous allez le voir, Antonin Artaud, le docteur Ferdière et le docteur L. Je vous dirai tout à l’heure qui est, pour Artaud, ce « docteur L. » […] Les choses se sont en effet précipitées pour Artaud après son retour du Mexique, en 1937. C’est là que commence véritablement la Passion d’Artaud.

Lacan emploie ce terme, il parle de la passion d’Antonin Artaud. On peut le prendre dans trois acceptions. D’abord au sens psychiatrique de la psychose passionnelle décrite par Clérambault et dont l’objet érotomaniaque fut pour Artaud Cécile Schramme. Ensuite au sens lacanien de la passion de l’être qui n’a cessé de le dévorer. Enfin au sens religieux, mystique, de la Passion christique qu’il a vécu dans son délire, en s’identifiant au christ, qu’il écrit sans majuscules, avant de répudier son christianisme à Pâques 1945. Artaud a vécu un réel chemin de croix en Irlande, où il est parti dans un état d’exaltation mystique, avec la mission d’y ramener la canne à treize nœud de saint Patrick.[….]

J’en viens maintenant à la sortie de Rodez en 1946 et au virage poétique qui se produisit alors.

À cet égard, Artaud a apporté un démenti à la sévérité du diagnostic de Lacan quand en 1939 il le dit définitivement fixé et perdu pour la littérature.

Certes, il était aussi « fixé » en 1948 qu’en 1938 quand Lacan l’a rencontré à Sainte-Anne. L’objet regard le fixait toujours aussi persécutivement. Mais c’est entre 1946 et 1948 qu’il a écrit ses textes les plus grands, les plus soufflants qui aient été jamais écrits.

À ce propos, je vous signale qu’on trouve dans l’Introduction à Van Gogh le suicidé de la société un passage où Artaud s’en prend à Lacan.

Il y dit que « la psychiatrie n’est plus qu’un réduit de gorilles eux-mêmes obsédés et persécutés et qui n’ont, pour pallier les plus épouvantables états de l’angoisse et de la suffocation humaines, qu’une ridicule terminologie, digne produit de leurs cerveaux tarés. Pas un psychiatre, en effet, qui ne soit un érotomane notoire. Et je ne crois pas que la règle de l’érotomanie invétérée des psychiatres puisse souffrir aucune exception ».

Vous voyez donc qu’Artaud pose ce théorème délirant que tous les psychiatres sans exception sont des érotomanes. Et c’est alors qu’il passe de l’universel au particulier :

« J’en connais un qui se rebella, il y a quelques années, à l’idée de me voir ainsi accuser en bloc tout le groupe de hautes crapules et de faiseurs patentés auquel il appartient. Moi, monsieur Artaud, me dit-il, je ne suis pas un érotomane, et je vous défie bien de me montrer un seul des éléments sur lesquels vous vous basez pour porter votre accusation. Je n’ai qu’à vous montrer vous-même, docteur L., comme élément, vous en portez sur votre gueule le stigmate, bougre d’ignoble saligaud. C’est la binette de qui introduit sa proie sexuelle sous la langue et la retourne ensuite en amande, pour faire digue d’une certaine façon . Cela s’appelle faire son beurre et trier son propre persil. Si dans le coït vous n’avez pas obtenu de glousser de la glotte d’une certaine façon que vous connaissez, et de gargouiller en même temps du pharynx, de l’œsophage, de l’urètre et de l’anus, vous ne pouvez pas vous déclarer satisfait. »

Il est clair que la jouissance est par Artaud identifiée au lieu de l’Autre et que cet Autre jouisseur c’est le docteur L. :

« Vous décrétez de délire la conscience qui travaille, dit-il encore, tandis que, d’autre part, vous l’étranglez avec votre ignoble sexualité. »

Le docteur Latrémolière, qui avait fait à Artaud cinquante et un électrochocs, a cru à tort que c’était lui le docteur L., disant qu’il ne lui en voulait aucunement de l’insulter ainsi.

Paule Thévenin, à qui Artaud avait dicté Van Gogh le suicidé de la société, lui a demandé qui était ce docteur L. dont il parle. Dans une note, elle dit qu’il lui a alors révélé que c’était le psychanalyste célèbre qui faisait partie du service du Professeur Delay à Sainte-Anne, où il avait été admis en 1938.

C’est donc bien Lacan. C’est dire qu’Artaud ne portait pas Lacan dans son cœur, d’avoir alors porté sur lui le diagnostic d’érotomanie. Du moins, il semble avoir été fortement marqué par ce signifiant d’érotomanie.

Je rappelle que l’érotomanie constitue l’essence du transfert psychotique et qu’elle a été caractérisée, en 1920 par Gaëtan Gatian de Clérambault, par la conviction délirante non seulement d’être aimé par une personne déterminée mais que cette personne a une « emprise totale sur le psychisme sexuel » du sujet.

Lacan a fait une thèse sur un cas d’érotomanie, une femme qu’il a nommé Aimée. Et ce qu’Artaud semble jeter à la figure de Lacan, au fond, c’est qu’il porte le « stigmate » du cas Aimée, dont il avait probablement entendu parler par ses amis surréalistes ! (fin de citatation)

« Freud, Joyce et moi-même, nous sommes psychotiques. » J. Lacan. Énoncé inconnu au bataillon.

Par contre :

« Joyce était-il fou ? »…  

« Je ne résoudrai pas cette question aujourd’hui… ».

Et d’ailleurs jamais Lacan ne le dira.

Pour Joyce (« Joyce le sinthome à entendre comme Jésus la caille ») dont l’art donne consistance à son sinthome, la psychanalyse est superflue. C’est un désabonné de l’inconscient. Séminaire Le Sinthome, p. 77 etc… Seuil 2005.

« Ben ! Il est évident que je ne sais pas tout. Et, en particulier que, à lire Joyce, car c’est ça qu’il y a d’affreux, c’est que j’en suis réduit à le lire. Comment savoir à la lecture de Joyce ce qu’il se croyait ? Puisque il est tout à fait certain que je ne l’ai pas analysé. Je le regrette. Enfin, il est clair qu’il y était peu disposé. La qualification de Tweedledum et Tweedleder, pour désigner respectivement Freud et Jung, était enfin ce qui lui venait naturellement sous la plume, ça ne montre pas qu’il y était porté. » Le Sinthome, opus cité, leçon du 10 février 1976.

Freud  

« En quoi donc, si je l’ai bien lu, Freud un bourgeois, et un bourgeois bourré de préjugés, a-t-il atteint quelque chose qui fait la valeur propre de son dire ? Et qui n’est certes pas rien, qui est la visée de dire, sur l’homme, la vérité. A quoi j’ai apporté cette correction qui n’a pas été pour moi sans peine, sans difficulté : qu’il n’y a de vérité qu’elle ne puisse que se dire, tout comme le sujet qu’elle comporte, qui ne puisse se dire qu’à moitié. Qui ne puisse, pour l’exprimer comme je l’ai énoncé, que se mi-dire. »
Opus cité, leçon du 9 décembre 1975.

Ailleurs, je paraphrase : Freud était un obsédé sexuel, comme moi. (Référence introuvable).

Lacan :

Je paraphrase : Je ne suis pas assez psychotique, ou bien « Je suis un hystérique parfait » Référence introuvable.

Mallarmé  

« Je l’ai expliqué ailleurs, cette réalisation du langage qui ne sert plus que comme une monnaie effacée que l’on se passe en silence, cité dans mon Rapport, et qui est de Mallarmé, montre une fois de plus la fonction pure du langage, qui est justement de nous assurer que nous sommes – et rien de plus – le fait qu’on puisse parler pour ne rien dire est tout aussi significatif que le fait que quand on parle en général, c’est pour quelque chose. »
Les Écrits techniques de Freud, Leçons du 7 avril 1954.

« De même ici, plus vous allez loin dans le sens de “famillionnaire”, plus vous pensez au “famillionnaire” — c’est-à-dire au millionnaire devenu, devenu transcendant si l’on peut dire, devenu quelque chose qui existe dans l’être, et non plus purement et simplement cette sorte de signe — et plus la famille elle-même tend à être, comme terme agissant dans la création du mot “famillionnaire”, éludée. Mais si un instant vous vous remettez à vous intéresser à ce terme de famille, comme je l’ai fait, au niveau du signifiant, c’est-à-dire en ouvrant le dictionnaire Littré dont Monsieur Chassé nous dit que c’était là que Mallarmé prenait toutes ses idées… Le plus fort c’est qu’il a raison, mais d’avoir raison dans un certain contexte, je dirai même qu’il y est pris aussi non moins que ses interlocuteurs ; il a le sentiment qu’il enfonce là une porte. Bien sûr il enfonce cette porte parce qu’elle n’est pas ouverte. Si en effet chacun pensait à ce qu’est la poésie, il n’y aurait véritablement rien de surprenant à s’apercevoir que Mallarmé devait s’intéresser vivement au signifiant. Simplement comme personne n’a jamais véritablement même abordé ce qu’est véritablement la poésie, c’est-à-dire qu’on balance entre je ne sais quelle théorie vague et vaseuse sur la comparaison, ou au contraire la référence à je ne sais quels termes musicaux, c’est là que l’on veut expliquer l’absence prétendue de sens dans Mallarmé, sans s’apercevoir du tout qu’il doit y avoir une façon de définir la poésie en fonction des rapports au signifiant, qu’il y a une formule peut-être un peu plus rigoureuse, et qu’à partir du moment où l’on donne cette formule, il est beaucoup moins surprenant que dans ses sonnets les plus obscurs Mallarmé soit mis en cause. »
Les formations de l’inconscient, leçon du 20 novembre 1957.

« Pour tout dire, je ne sais si cette statue, dont je vous ai fait parvenir les photos, a réussi pour vous à établir cette vibration, cette communication dont je vous assure qu’en sa présence on peut y être sensible ; on peut y être sensible non pas simplement que le hasard a fait, qu’accompagné de mon guide, qui était alors un de ces Japonais pour qui Maupassant ni Mérimée n’ont de secrets, ni rien de notre littérature — je vous passe d’ailleurs Valéry parce que Valéry, on n’entend parler que de Valéry dans le monde, le succès de ce Mallarmé des nouveaux riches est une des choses les plus consternantes qu’on peut rencontrer à notre époque, donc, reprenons notre sérénité — j’entre dans le petit hall de cette statue et je trouve là, agenouillé, un homme entre trente et trente-cinq ans, de l’ordre du très petit employé, peut-être de l’artisan, déjà vraiment très usé par l’existence. Il était à genoux devant cette statue et, manifestement, il priait. Ceci, après tout, n’est pas quelque chose à quoi nous soyons tentés de participer. Mais après avoir prié, il s’est avancé tout près de la statue — car rien n’empêche de la toucher à droite, à gauche et en dessous — il la regardait ainsi pendant un temps que je ne saurais pas compter, je n’en ai pas vu la fin ; à vrai dire, il s’est superposé avec le temps de mon propre regard. C’était évidemment un regard d’effusion d’un caractère d’autant plus extraordinaire qu’il s’agissait là, non pas je dirai d’un homme du commun — car un homme qui se comporte ainsi ne saurait l’être — mais de quelqu’un que rien ne semblait prédestiner, ne fût-ce que pour le fardeau évident qu’il portait de ses travaux sur ses épaules, à cette sorte de communion artistique. »
L’angoisse, leçon du 8 mai 1963.

« Une des plus grandes satisfactions que j’ai eues, toute personnelle, c’est de voir à cette occasion notre ami Kaufmann m’apporter, comme ça, sur un plat, un texte dont je croyais avoir le privilège de l’avoir étudié, car tout le monde, pendant des années, a répandu le bruit que je prenais le modèle de mon style dans Mallarmé. C’est une erreur, c’est précisément dans le Polyphème de Gongora que je m’étais formé jusque-là, et il ne me paraît pas du tout une chose de hasard que ce soit en ce point qu’aujourd’hui Kaufmann, avec une grande sûreté de boussole, m’ait retrouvé. Ce n’est pas dire que quelqu’un ne m’ait pas mis en rapport avec Gongora, c’est tout à fait par hasard, c’est certainement quelqu’un qui n’a jamais dû lire le Polyphème. Ces choses, nous les retrouverons par la suite. »
Problèmes cruciaux pour la psychanalyse, leçon du 26 mai 1965.

« Naturellement ce n’est pas des bibliographies que je fais le catalogue ! Néanmoins, à cataloguer ces livres, pour autant que dans les bibliographies ils se renvoient les uns aux autres, je peux fort bien recouvrir l’ensemble de toutes les bibliographies. C’est bien là que peut se situer le fantasme qui est proprement le fantasme poétique par excellence, celui qui obsédait Mallarmé : du Livre absolu. Il est à ce niveau où, les choses se nouant au niveau de l’usage non pas de purs signifiants, mais de signifiants purifiés, pour autant que je dis — et que j’écris que je dis — que le signifiant est ici articulé comme distinct de tout signifié, je vois alors se dessiner la possibilité de ce Livre absolu, dont le propre serait qu’il engloberait toute la chaîne signifiante, proprement en ceci : qu’elle peut ne plus rien signifier. En ceci, donc, il y a quelque chose qui s’avère comme fondé dans l’existence au niveau de l’univers du discours, mais dont nous avons à suspendre cette existence à la logique propre qui peut constituer celle du fantasme, car aussi bien, c’est la seule qui peut nous dire de quelle façon cette région append à l’univers du discours. Assurément, il n’est pas exclu qu’il y rentre, mais d’autre part, il est bien certain qu’il s’y spécifie, non pas par cette purification dont j’ai parlé tout à l’heure, car la purification n’est point possible de ce qui est essentiel à l’univers du discours, à savoir la signification. Et vous parlerais-je encore quatre heures de plus de ce Livre absolu qu’il n’en resterait pas moins que tout ce que je vous dis a un sens. »
La logique du fantasme, leçon du 23 novembre 1966.

Observez bien en effet que l’essentiel de ce qu’ici j’articule, j’y reviendrai abondamment, l’essentiel n’est pas qu’au terme de la psychanalyse comme certains — je l’ai vu à des questions posées — se l’imaginent, le psychanalyste devienne pour l’autre, l’objet a — Ce « pour l’autre » ici prend singulièrement la valeur d’un « pour soi » — pour autant que, comme sujet il n’y a pas d’autre que cet Autre à qui est laissé tout le discours ; ça n’est ni pour l’Autre, ni dans un pour soi qui n’existe pas au niveau du psychanalyste, que réside ce a, c’est bien d’un en-soi, d’un ensoi du psychanalyste ; c’est en tant que, comme les psychanalystes le clament eux-mêmes d’ailleurs — il suffit d’en ouvrir la littérature pour en voir à tout instant le témoignage — ils sont réellement ce sein de l’« ô ma mère Intelligence », de notre Mallarmé ; qu’ils sont eux-mêmes ce déchet, présidant à l’opération de la tâche, qu’ils sont le regard, qu’ils sont la voix, c’est en tant qu’ils sont le regard, qu’ils sont la voix ; c’est en tant qu’ils sont en soi le support de cet objet a que toute l’opération est possible. Il ne leur échappe qu’une chose, c’est à quel point ce n’est pas métaphorique.
L’acte analytique, leçon du 17 février 1968.

« Tout au contraire l’art de l’analyste doit être de suspendre les certitudes du sujet, jusqu’à ce que s’en consument les derniers mirages. Et c’est dans le discours que doit se scander leur résolution.
Quelque vide en effet qu’apparaisse ce discours, il n’en est ainsi qu’à le prendre à sa valeur faciale : celle qui justifie la phrase de Mallarmé quand il compare l’usage commun du langage à l’échange d’une monnaie dont l’avers comme l’envers ne montrent plus que des figures effacées et que l’on se passe de main en main « en silence ». Cette métaphore suffit à nous rappeler que la parole, même à l’extrême de son usure, garde sa valeur de tessère.
Même s’il ne communique rien, le discours représente l’existence de la communication ; même s’il nie l’évidence, il affirme que la parole constitue la vérité ; même s’il est destiné à tromper, il spécule sur la foi dans le témoignage. »
Fonction et champ de la parole et du langage dans la psychanalyse. Écrits, Seuil, 1953.

« Et c’est si vrai que si c’est moi qui donne le coup à deviner, c’est-à-dire qui suis le sujet actif, mon effort à chaque instant sera de suggérer à l’adversaire l’existence d’une loi qui préside à une certaine régularité de mes coups, pour lui en dérober le plus de fois possible par sa rupture la saisie.
Plus cette démarche arrivera à se rendre libre de ce qui s’ébauche malgré moi de régularité réelle, plus elle aura effectivement de succès, et c’est pourquoi un de ceux qui ont participé à une des épreuves de ce jeu que nous n’avons pas hésité à faire passer au rang de travaux pratiques, a avoué qu’à un moment où il avait le sentiment, fondé ou non, d’être trop souvent percé à jour, il s’en était délivré en se réglant sur la succession conventionnellement transposée des lettres d’un vers de Mallarmé pour la suite des coups qu’il allait proposer dès lors à son adversaire.
Mais si le jeu eût duré le temps de tout un poème et si par miracle l’adversaire eût pu reconnaître celui-ci, il aurait alors gagné à tout coup. »
La lettre volée, Écrits, 1966.

« Vous pourrez vous apercevoir que, quand même, soit dans le mot de passe, soit dans le mot qu’on appelle d’amour, il s’agit de quelque chose, qui en fin de compte, est plein de portée. Disons que la conversation qu’à un moment moyen de votre carrière d’étudiant, vous avez pu avoir à un dîner de patron également moyen, où le mode et la signification des choses qu’on échange combien ce caractère est équivalent de conversations rencontrées dans la rue et dans l’autobus, et qui n’est pas autre chose qu’une certaine façon de se faire reconnaître, ce qui justifierait Mallarmé disant que le langage était (15) « comparable à cette monnaie effacée qu’on se passe de la main à la main en silence ».
Le réel, l’imaginaire et le symbolique. Juin 1953, inédit.

Sollers  

Et bien référez-vous quand même, parce que c’est une bonne lecture,
il faut que vous vous mettiez tout de même à lire un peu, un peu des
auteurs — je ne dirai pas de votre temps, bien sûr, je ne vous dirai pas de
lire Philippe Sollers, il est illisible, bien sûr, comme moi, oui… Mais vous
pouvez lire Joyce par exemple. Alors là vous verrez comment ça a commencé
de se produire. Vous verrez que le langage se perfectionne et sait
jouer quand il sait jouer avec l’écriture. Joyce, moi je veux bien bien ça
soit pas lisible. C’est certainement pas traductible en chinois !
(Encore, leçon du 9 janvier 1973).

Dans le français, ce que j’appelle lalangue, lalangue mienne, l’injection
de grec, de cette langue dont Joyce, dans Portrait de l’artiste, émettait le
voeu tout à fait, non, c’est pas dans Le portrait de l’artiste, c’est dans le
Ulysses, dans le Ulysses, au premier chapitre, il s’agit de hellenize, d’injecter
de même la langue hellène on ne sait pas à quoi. Puisque il ne
s’agissait pas du gaélique, encore qu’il s’agit de l’Irlande, mais que Joyce
devait écrire en anglais. Qu’il a écrit en anglais d’une façon telle que —
comme l’a dit quelqu’un dont j’espère qu’il est dans cette assemblée,
Philippe Sollers, dans Tel Quel —, il l’a écrit d’une façon telle que la
langue anglaise n’existe plus. Elle avait déjà, je dirai, peu de consistance.
Ce qui ne veut pas dire qu’il soit facile d’écrire en anglais. Mais
Joyce, par la succession d’œuvres qu’il a écrites en anglais, y a ajouté ce
quelque chose qui fait dire au même auteur qu’il faudrait écrire l’e-l-an-
g-u-e-s, l’élangues. L’élangues par où je suppose qu’il entend désigner
quelque chose comme l’élation. Cette élation dont on nous dit que c’est
au principe de je ne sais quel sinthome que nous appelons en psychiatrie
la manie. (Le Sinthome, leçon du 18 nov. 1975.)

Il doit vous apparaître, je le suppose, si vous n’êtes pas trop arriérés
pour ça, il doit vous apparaître que je suis embarrassé de Joyce comme un
poisson d’une pomme.
C’est lié évidemment — je peux le dire parce que je l’éprouve, ces joursci,
journellement —, c’est lié évidemment à mon manque de pratique,
disons, à mon inexpérience de la langue dans laquelle il écrit. Non pas que
je sois totalement ignorant de l’anglais. Mais justement, il écrit l’anglais
avec ces raffinements particuliers qui font que la langue, anglaise en l’occasion,
il la désarticule. Il faut pas croire que, que ça commence à
Finnegans Wake. Bien avant Finnegans Wake, il a une façon de, de hacher
les phrases, dans Ulysses notamment, c’est vraiment un processus pour,
qui s’exerce dans le sens de donner à la langue dans laquelle il écrit un
autre usage ; un usage en tout cas qui est loin d’être ordinaire. Ça fait partie
de son savoir-faire et, là-dessus, j’ai déjà cité l’article de Sollers, il ne
serait pas mauvais, enfin, que vous en mesuriez la pertinence.
Alors, il en résulte que ce matin, je vais laisser la parole à quelqu’un qui
a une pratique bien au-delà de la mienne, non seulement de la langue
anglaise, mais de Joyce, de Joyce nommément. Il s’agit de Jacques Aubert.
(Le Sinthome, leçon du 20 janvier 1976).

À l’endroit de la parole, on ne peut pas dire que quelque chose n’était pas à Joyce imposé. Je veux dire que dans le progrès en quelque sorte continu qu’a constitué son art, à
savoir cette parole, parole qui vient à être écrite, de la briser, de la démantibuler,
de faire qu’à la fin ce qui, à la lire, paraît un progrès continu — depuis
l’effort qu’il faisait dans ses premiers essais critiques, puis ensuite, dans Le
portrait de l’artiste, et enfin dans Ulysses pour terminer par Finnegans Wake
— , il est difficile de ne pas voir qu’un certain rapport à la parole lui est de
plus en plus imposé. Imposé au point qu’il finit par, par dissoudre le langage
même, comme l’a noté fort bien Philippe Sollers, je vous ai dit ça au début
de l’année, imposer au langage même une sorte de brisure, de décomposition
qui fait que il n’y a plus d’identité phonatoire.
Sans doute y a-t-il là une réflexion au niveau de l’écriture. Je veux dire
que c’est par l’intermédiaire de l’écriture que la parole se décompose en
s’imposant. En s’imposant comme telle. A savoir dans une déformation
dont reste ambigu de savoir si c’est de se libérer du parasite, du parasite
parolier dont je parlais tout à l’heure, qu’il s’agit, ou au contraire de
quelque chose qui se laisse envahir par les propriétés d’ordre essentiellement
phonémiques de la parole, par la polyphonie de la parole.
(Le Sinthome, leçon du 17 févr. 1976.)

Le Tao dans les séminaires et les Écrits de Lacan  

Congrès de l’École freudienne à La-Grande-Motte 1973

Les présocratiques, par définition, ne témoignent pas d’une école, d’une unité de pensée ; ils témoignent certainement, comme bien d’autres, comme d’autres traditions, comme la tradition taoïte par exemple, des premiers efforts de formulation des rapports de notre être avec ce dont
nous sommes doué, à savoir le langage.

Discours à l’École freudienne de milan 1974

Ne pas boire l’eau d’une rivière dans une bouteille (San Pelegrino). De même trop de meubles dans un appartement – parce ces ustensiles sont un maniement dommageable du réel.

Allocution précédant le séminaire R.S.I. du 17 Décembre 1974. Ornicar ?, 1975, nº 2, p. 98-99

Je parle ici de la débilité mentale des systémes de pensée qui supposent (sans le dire,
sauf aux temps bénits du Tao, voire de l’ancienne Égypte, où cela s’articule avec tout
l’abêtissement nécessaire), qui suppose donc la métaphore du rapport sexuel, non exsistant
sous aucune forme, sous celle de la copulation, particulièrement « grotesque »
chez le parlêtre, qui est censé « représenter »le rapport que je dis ne pas ex-sister
humainement.

L’Éthique de la psychanalyse

Leçon du 27 janvier 1960 :

1. — Je veux dire que dans sa recherche anxieuse de la source du mal,
l’homme se trouve devant ce choix parce qu’il n’y en a pas d’autre. Mais
encore faut-il dire qu’il y a ces trois là. Il y a l’œuvre, et c’est la position de
renonciation à laquelle vous savez que bien d’autres sagesses que la nôtre
se sont placées, à savoir que toute œuvre est par elle-même nocive et n’engendre
que les conséquences qu’elle-même comporte, autant de négatif
que de positif, qui est une position formellement exprimée dans le taoïsme
par exemple, à ce point que c’est tout juste permis de se servir d’un vase
sous la forme d’une cuiller, l’introduction d’une cuiller dans le monde est
déjà la source de tout le flot des contradictions dialectiques.

2. — L’histoire des religions consiste essentiellement à chercher à dégager le
commun dénominateur de la religiosité. Nous faisons une dimension de
ce qu’on appelle l’homme, de son lobe religieux, et alors nous constatons
la diversité des manifestations religieuses, et nous sommes obligés de faire
rentrer là-dedans des religions aussi différentes qu’une religion de
Bornéo, la religion confucéenne, taoïste, la religion chrétienne.

(Note sur le séminaire l’Éthique — Le développement du séminaire s’ordonne selon une tripartition que je vais essayer maintenant de mettre en évidence. Cette subdivision est précise, chaque partie est formée de neuf leçons. La première va de la leçon initiale,
qui délimite le champ de l’Éthique, à la neuvième où la reprise de la
fable du potier permet à Lacan de mettre en valeur le façonnage du signifiant
à l’image de la chose, ce vide, ce nihil, que, précisément nous ne pouvons
imaginer. Autour de ce thème central de la leçon viennent se grouper
les problèmes de la création comme ceux des sources du mal qui sont ici
rassemblés sous trois chefs : l’œuvre, illustrée par l’exemple du Taoïsme, la
matière, par celui des Cathares, la chose, où le mal peut s’introduire, dans
la mesure où ce signifiant de la chose n’est pas ce qui guide l’œuvre).

Problèmes cruciaux pour la psychanalyse

1. — Leçon du 10 mars 1965

Bien sûr, ceci ne fait que recouvrir des choses bien connues depuis longtemps,
et je me suis dispensé de vous donner ici la première phrase du chapitre II du Tao
tö King
, parce qu’aussi bien il aurait fallu que je commente chacun des caractères.
Mais ces caractères sont tellement, pour quiconque peut se donner la peine
d’en appréhender la référence, tellement significatifs, que l’on ne peut pas croire
qu’il n’y ait pas quelque chose de la même veine logique dans ce qui est énoncé,
en ce point originel pour une culture, autant que pour nous l’a pu être la pensée
socratique de ce qu’il y a d’originel. « Que, pour tout ce qui est du ciel et de la
terre, que tous — le terme universel est bien, bien isolé, posant la fonction de l’affirmative
universelle comme telle — que tous sachent ce qu’il en est du bien,
alors, c’est de cela que naît le contraire ; que tous sachent ce qu’il en est du beau,
alors c’est de cela que naît la laideur ». Ce qui n’est pas pure vanité de dire que,
bien sûr, définir le bon, c’est du même coup définir le mal.

2. — Leçon du 12 mai 1965

Est-ce que nous ne saisissons pas là que, pour d’autres traditions de pensée…
je l’illustre, celle du Tao par exemple, qui toute entière part d’une appréhension
signifiante dont nous n’avons pas à chercher ce qu’elle représente pour eux de
signification, puisque pour nous c’est tout à fait secondaire. Les significations,
ça pullule toujours, vous mettez deux signifiants l’un en face de l’autre, ça fait
des petites significations. Elles ne sont pas forcément jolies jolies. Mais que le
départ soit, comme tel, l’opposition du yin et du yang, du mâle et du femelle,
même s’ils ne savaient pas ce que ça veut dire, ceci à soi tout seul comporte à la
fois ce singulier mirage qu’il y a là quelque chose de plus adéquat à je ne sais
quel fonds radical, en même temps d’ailleurs que cela peut justifier l’échec total
de tout aboutissement du côté d’un véritable savoir.

L’objet de la psychanalyse

Leçon du 5 janvier 1966

Le miroir ne se définit, n’existe que de cette surface qui divise pour le redoubler
dans un espace à trois dimensions, espace que nous tenons pour réel et qui l’est
sans doute.

Je n’ai pas ici à le contester. Je me déplace comme vous et n’ai pas le moindre
petit pied à l’étrier du voyage taoïste, chevauchant quelque dragon à travers le
monde. Mais justement. Qu’est-ce à dire ? Sinon que l’image spéculaire n’aurait
pas cette valeur d’erreur et de méconnaissance, si déjà, une symétrie qu’on
appelle bilatérale, par un plan sagittal ne caractérisait en tout cas l’être qui est
intéressé. On a une droite et une gauche qui ne sont évidemment pas semblables
mais qui font office de semblables, en gros deux oreilles, deux yeux, une mèche
sans doute de travers mais en tout cas, on peut faire la raie au milieu. On a deux
jambes, on a des organes par paires pour un grand nombre d’entre eux, pas tous,
et quand on y regarde de plus près, à savoir quand on ouvre, à l’intérieur, c’est
un tant soit peu tordu, mais ça ne se voit pas au dehors. L’homme, tout comme
une libellule, a l’air symétrique. C’est à un accident de cette espèce, accident
d’apparence comme disent les philosophes que quelque chose est dû tout
d’abord à cette capture dite du stade du miroir.

La logique du fantasme

Leçon du 20 avril 1967 :

Bref, que le lien de l’Un à l’Autre par identification et surtout s’il
prend cette forme réversible qui fait de l’Un l’Être suprême, est à proprement
parler typique de l’erreur philosophique. Bien sûr, si je vous ai
dit de lire Le Sophiste de Platon, c’est qu’on est loin d’y tomber dans cet
Un, et que Plotin est ici la meilleure référence pour en faire l’épreuve.
Je ne voudrais y opposer que les mystiques… pour autant que ce sont
ceux que nous pouvons définir comme s’étant avancés, à leurs dépens, de
petit a vers cet Être qui, lui, n’a rien fait que de s’annoncer comme
imprononçable — imprononçable quant à son nom — par rien d’autre
que par ces lettres énigmatiques qui reproduisent (le sait-on ?) la forme
générale du Je suis, non pas Celui qui suis, ni Celui qui est, mais Ce que
Je suis. C’est-à-dire, cherchez toujours !…
Vous voyez, là, rien qui spécifie tellement — encore qu’il mérite d’être
spécifié à un autre niveau pour la référence qu’on en fait au père — le
Dieu des Juifs ; car à la vérité, le Tao s’énonce, comme vous le savez, de
notre temps où le Zen court les rues, vous avez bien dû récolter dans un
coin que « le Tao qui peut se nommer n’est pas le vrai Tao ». Enfin, nous
ne sommes pas là pour nous gargariser avec ces vieilles plaisanteries…

Encore

Leçon du 8 mai 1973 :

1. — Ouais ! Le christianisme a rejeté tout ça à l’abjection
considérée comme monde ; c’est ainsi que ce n’est pas sans une affinité
intime au problème du vrai que le christianisme subsiste. Qu’il soit la
vraie religion, comme il prétend n’est pas une prétention excessive ; et ce,
d’autant plus qu’à examiner le vrai de près, c’est ce qu’on peut en dire de
pire. En particulier que dans ce registre, celui du vrai, quand on y entre
on n’en sort plus. Pour minimiser la vérité comme elle le mérite, il faut
être entré dans le discours analytique. Ce que le discours analytique
déloge, met la vérité à sa place, mais ne l’ébranle pas. Elle est réduite mais
indispensable. Tout est là. Et rien ne prévaudra contre cette consolidation.
Sauf ce qui subsiste des sagesses, mais qui ne s’y sont pas affrontées.
Le taoïsme par exemple, ou d’autres doctrines de salut pour qui
l’affaire n’est pas de vérité mais de voie comme le nom tao l’indique. De
voie si elles parviennent à prolonger quelque chose qui y ressemble.
Il est vrai que l’historiole du Christ n’a, selon toute apparence et
comme je l’ai énoncé en clair avec même pour effet que — il y a des gens
qui sont gentils, ils font comme les chiens, ils ramassent la balle et me la
rapportent — on me l’a rapportée, l’historiole, disais-je donc, se présente
non pas comme l’entreprise de sauver les hommes mais comme celle
de sauver Dieu.

2. — Tout ça ne veut pas dire, mes petits amis, qu’il n’y ait pas eu des trucs
de temps en temps, grâce auxquels la jouissance, sans compter quoi il ne
saurait y avoir de sagesse, a pu se croire venue à cette fin de satisfaire la
pensée de l’être. Seulement voilà : jamais cette fin n’a été satisfaite qu’au
prix d’une castration. Dans le taoisme par exemple — vous ne savez pas
ce que c’est, bien sûr, très peu le savent, enfin moi, je l’ai pratiqué, j’ai
pratiqué les textes, bien sûr — dans le taoïsme, et l’exemple est patent
dans la pratique même du sexe, il faut retenir son foutre pour être bien.
Le bouddhisme, lui, bien sûr, est l’exemple trivial par son renoncement
à la pensée elle-même parce que ce qu’il y a de mieux dans le bouddhisme, c’est le Zen ; et le zen, ça consiste à ça, à te répondre par un aboiement,
mon petit ami ! C’est ce qu’il y a de mieux quand on veut naturellement
sortir de cette affaire infernale comme disait Freud.

Les non-dupes errent

Leçon du 13 novembre 1973 :

Socrate est un homme — et il est un homme, il est un homme, si il
veut bien, hein, il est un homme si il s’y précipite lui-même, n’est-ce pas,
c’est bien d’ailleurs ce qu’il fait, et c’est bien en quoi d’ailleurs, le fait
qu’il l’ait demandée, la mort, il y a quand même une toute petite différence
 ; mais cette différence n’a pas empêché la suite d’être absolument
fascinante. Ça n’a pas non plus été plus mauvais pour ça… Avec son hystérie,
il a permis une certaine ombre de science : celle qui justement se
fonde sur cette logique catégorique. C’était un très mauvais exemple.
Mais ça doit [s’entendre], hein. En tout cas cette fonction imaginaire
essentiellement du viator, doit nous mettre en garde contre toute métaphore
qui procède de la voie. Je sais bien que la voie, la voie dont il s’agit,
le Taô, elle s’imagine être dans la structure. Mais est-ce bien sûr qu’il n’y
ait qu’une Voie ? Ou même que la notion de la voie, de la méthode, vaille
quoi que ce soit ? Est-ce que ça ne serait pas en nous forgeant une toute
autre éthique, une éthique qui se fonderait sur le refus d’être non-dupe,
sur la façon d’être toujours plus fortement dupe de ce savoir, de cet
inconscient qui, en fin de compte, est notre seul lot de savoir.
Je sais bien qu’il y a cette sacrée question de la vérité, hein.


Commentaires  forum ferme

Lacan, Clérambault, Artaud, Mallarmé, Joyce, Sollers, Meyronnis, Haenel et le Tao.
vendredi 24 juin 2011 à 06h46 - par  Michael

J’extrais ce passage concernant l’impuissance à définir la poésie : « Simplement comme personne n’a jamais véritablement même abordé ce qu’est véritablement la poésie, c’est-à-dire qu’on balance entre je ne sais quelle théorie vague et vaseuse sur la comparaison, ou au contraire la référence à je ne sais quels termes musicaux (…) » Les formations de l’inconscient, leçon du 20 novembre 1957. »

Définir la poésie non, parce que la poésie tend à dépasser, dans ses structures et ses formes, celles des constructions verbales qui voudraient la circonscrire.

Mais voilà quand même ce que j’ai trouvé de mieux écrit sur le sujet

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