LIMITATION DE VITESSE. Le temps de l’analyse, par Simon Abbanim


Document du mercredi 8 juin 2016
Article mis à jour le 19 novembre 2010
par  P. Valas

LIMITATION DE VITESSE
 
ferarri
 

Le temps de l’analyse  

« Poursuivant le projet de l’École de Francfort, Hartmut Rosa élabore
une théorie critique qui dénonce les effets pathologiques de
l’accélération dans la société postmoderne »

Simon Abbanim

Le temps est relatif.  

Le temps est relatif : la science essaie d’en déterminer les critères
avec difficulté, malgré les concepts de la physique moderne, puis il y a
le temps des concepts subjectifs, ceux du parlêtre , néologisme de
l’être humain. Ce temps est décomposé par notre perception au
quotidien livrée à des notions afférentes comme l’impatience, la
frustration, la joie, la tristesse, la souffrance, l’éducation… , le
temps d’hier dans les sociétés agraires …, et enfin le temps
d’aujourd’hui dans notre modernité urbaine mondialisée.

Notre perception du temps, il y a des siècles était-elle la même qu’aujourd’hui ?  

 
japon
 

Nous pouvons soupçonner que non, car l’histoire
étudiée de nos jours dans le cadre de notre perception du temps ne nous
permet pas d’aborder les époques grecques ou romaines avec leur
perception du temps. Peut-on s’abstraire de notre époque, de notre
temps à nous, pour parler du leur, est-ce imaginable d’aller au plus
près de ce qu’était leur perception, autrement que par un processus
d’empathie ? Aujourd’hui le temps « commun » est lié à une société
mondialisée, à la science, vers une omnipotence des humains qui imaginent
se rapprocher de l’immortalité. Il y a le temps des illusions, de la
réduction des distances, puis l’espace-temps, le temps sidéral, celui
des étoiles que nous voyons briller et qui, - nous dit l’astrophysicien
n’existent déjà plus, ce temps qui nous permet de voir « le passé »
est difficile à conceptualiser.

Côté « psychologique »  

on bute sur le temps pour comprendre
individuellement, intimement ces paradoxes, là c’est toujours du
domaine du « un par un », de chaque sujet (Sujet), malgré les tentatives
réductionnistes au groupal, massifications où le sujet est assimilé à
un pion, un simple rouage d’une pseudo-machinerie comme dans une ruche.
D’où les engouements actuels, pour des thérapies comportementales,
cognitivistes, thérapies brèves ; ailleurs ce sont les multiples formes
d’apprentissage ou formations accélérées, … recyclages accélérés
en tout genre, pour gagner du temps.

Mais il y a aussi depuis toujours, une sélection naturelle qui
aujourd’hui encore régule l’adaptation de chacun aux nouveaux rythmes
sociaux liés au temps, même si nous luttons contre.

Les Hébreux, il y a cinq mille ans, les Grecs il y en a trois mille.  

Pensaient-ils moins vite que nous, sans nos prothèses ? Aujourd’hui, l’illusion d’un appareillage, d’un calculateur électronique, informatique, nous
fait-elle régresser sur le plan de nos capacités individuelles ?

Le temps actuel dans son accélération semble équivalent à une addiction toxique.  

Blaise Pascal ne disait-il pas que les hommes se fabriquent des
activités, des distractions afin d’éviter de penser à la mort ?

Faisons-nous de même avec cette accélération du temps dans nos
activités séculières ?

Le temps accéléré devient-il une activité nouvelle à part entière des « temps modernes » ?  

Du côté du quotidien : penser vite, parler vite, communiquer vite, agir
vite, toujours plus vite, cela laisse néanmoins un reste : « le temps
libre » ?
Allons-nous là aussi tomber, dans le même piège d’une
boulimie du temps (libre) ?

L’« Amour » même, aux dires des médias, se réduirait à une quête passionnelle où le désir prime sur le désir de « L’amour-sentiment »  

L’« Amour » même, aux dires des médias, se réduirait à une quête
passionnelle où le désir prime sur le désir de « L’amour-sentiment »
renvoyé à un fantasme qu’on n’a pas le temps d’approcher ou
d’apprivoiser, faute de temps.

À moins que l’amour ne se réduise qu’à une conquête de performances, comme un sport, une gymnastique vue à la TV.

Pas plus à la mort qu’à l’amour on ne peut échapper.  

Oublierions-nous l’antique sentence :

« pas plus à la mort qu’à l’amour on ne peut échapper »1 :

il faut du temps pour larencontre et « donner ce qu’on n’a pas2 », ça ne s’organise pas.

Peut-on raccourcir le temps imparti à l’éducation, élever un enfant
à sa vie, à un métier de son choix, lui donner le temps de rêver, de
choisir, en lieu et place d’un « formatage », ou d’une éducation
standardisée ?

La lecture va-t-elle se réduire à du « speed reading » ?

Peut-on, raccourcir l’écoute d’un morceau de Mozart ?

Fera-t-on des opéras brefs pour gens pressés ?

Je ne parlerai pas des « fast foods » qui dévient et dénaturent nos goûts alimentaires depuis les plus jeunes aux plus âgés…

Pourquoi pas du nourrissage en granulés, pour les humains comme pour nos animaux d’élevage ?

Il y a ceux qui se contentent du temps de la cantine ou du bistrot du coin et ceux qui grignotent en marchant tous les jours de la semaine, pressés vers leur
rendez-vous du moment car il n’ont pas le temps … « La vie me dévore
 » ou, « je dévore la vie ».

Si le temps s’accélère, nos perceptions aussi changent ; les saisons semblent si différentes à la ville qu’à la campagne, que parfois on les voit passer depuis les fenêtres de nos immeubles plus vite que les nuages.

Même en agriculture, la nature est accélérée, programmée, « toujours plus vite » semble être la devise de Monsanto qui s’essaye à l’apprenti sorcier, monopolisant les ressources grainetières du monde. Appât du gain et du grain, scientisme sorcier, principe de plaisir rejetant celui de réalité ; n’est-ce pas
la pulsion de mort vectorisée par la jouissance du « toujours plus » ?

Paradoxalement, l’accélération du temps dans la vie sociale et
économique provoque une contraction inverse du temps subjectif de ses
membres qui ne peuvent pas s’adapter.

Alors, chaque sujet n’a plus de temps pour lui, on lui impose un rythme accéléré qui n’est jamais le sien et il doit se former à ces impératifs, d’un surmoi groupal, extérieur à son intime.

Il ne pourra pas s’y apparier, quoiqu’ilessayera d’en faire douloureusement son « ex-time ».

L’horloge interne, notre horloge biologique régissant le sommeil de chacun, la
récupération de ses fatigues tant physiques que nerveuses est souvent
perturbée faute de pouvoir respecter ce temps interne nécessaire, lié
à la spécificité de chacun.

Là, se révèle la dichotomie entre deux mondes, l’intérieur et l’extérieur, l’intime et le groupal.

Malgré les formations, les séminaires de performance… pour
s’adapter, la réponse ne se fait pas attendre avec toute une série de
symptômes en lieu et place d’un discours qu’il ne peut objecter à ce
surmoi, et la médecine logée à la même enseigne va s’empresser de
traiter la souffrance au plus vite.

Hartmut Rosa, philosophe et sociologue.  

Hartmut Rosa, philosophe et sociologue, poursuivant les thèses de
l’École de Francfort, soulève la question de « L’accélération »
déconstruisant les illusions de notre société mondialisant la vitesse
en tout.

Il prône une nouvelle approche sociologique et philosophique :
contradiction entre le « temps de l’organisation sociale et politique »
et « le temps que nous imposent les lois de la nature » puis les
modifications qu’on veut lui imposer… Enfin « les temps subjectifs »
issus de chacun des six milliard de Sujets qui peuplent actuellement la
terre.

L’idée initiale de cette thèse est que la modernité s’est
développée sur un axiome du temps accélérable à souhait.

Il en pointe les risques et même le ridicule des : fast food, speed dating, speed
reading, qui débouchent sur des « erzast » de vie.

Ainsi de proche en proche, ce type de société développe-t-il des pathologies endémiques, chacune liée à certains groupes humains, telle la fameuse « maladie dépressive », qui n’est pas une maladie mais la décompensation
d’hommes et de femmes, poussés à l’extrême de leurs capacités du
moment, butant sur leurs limites d’adaptation à ce régime accéléré
qu’ils n’ont pas pu soutenir plus longtemps.

Ils ont « craqués », pour de multiples raisons, mais dont la vraie cause est à rechercher en amont dans leur histoire intime, au seuil de la psychiatrie ; si on veut vraiment les aider, et non polémiquer sur telle ou telle politique
actuelle.

I

l est vrai qu’aujourd’hui, plus que par le passé, le social handicape les plus fragiles.  

Le matérialisme des XX et XXI ème siècles va de pair avec cette accélération du temps et la prolifération d’objets (a) ; ces objets de pacotille, et de désirs illusoires.

Courir comme des lévriers afghans derrière un lièvre d’illusion.  

On court, on nous fait courir de plus en plus (pour relancer indéfiniment la
consommation) derrière ces objets de consommation comme ces chiens afghans derrière un lièvre d’illusion : nous sommes tous ainsi susceptibles de
devenir des lévriers de course (qui deviennent cardiaques).

Les « deadlines » dictent le rythme du travail, même dans les centres
hospitaliers où la rentabilité devient le slogan politiquement correct.

Cette « temporalisation du temps » (terme qui exprime chez H. Rosa son
concept), finit par induire chez le Sujet humain le sentiment d’un temps
coagulé ; c’est le stress, la dépression, les accidents de vie.

De l’espoir en un jour meilleur, il ne reste que la perception d’un temps
historique figé dans un « éternel retour de l’actualité » médiatisée
à outrance, car ça fait vendre et ça relance….

au bout de ce tunnel ce serait l’apocalypse qui mettrait fin à l’histoire de l’humanité : une catastrophe nucléaire, écologique, génétique… ?  

Voici ce que nous dit J.-P. Laurent dans sa préface à la publication
française de « Catastrophe ou Barbarie3 ».

« Peut-on encore freiner " ?  

M.Rosa est pessimiste. Il dessine dans sa conclusion quatre scénarios pour
le futur, mais il tient le plus noir pour le plus probable : celui d’une
« course effrénée à l’abîme » emportant un monde impuissant.

A moins que
des régimes autoritaires ne parviennent à arrêter la vitesse.

Catastrophe ou barbarie… On ressort ébranlé de ce livre brillant et
riche, à l’exposition quelquefois compliquée, et ce d’autant que les
critiques qu’il appelle noirciraient sans doute encore le tableau qu’il
dessine.

Ainsi, Hartmut Rosa n’analyse pas le fait que l’accès à la
vitesse est très inégal dans nos sociétés.

Ces inégalités sont-elles porteuses d’exclusions violentes, de crises futures ou d’une dynamique sociale alternative à l’accélération ?

L’auteur aurait dû également tenir compte du fait que le processus d’accélération est allé de pair, depuis la révolution industrielle, avec un accroissement du contrôle.

C’est ce que montre par exemple l’inflation des fichiers de données
personnelles, parallèle au développement des réseaux de communication
contemporains.

Il y a là une menace de plus pour les libertés publiques
et le projet politique moderne.

Quoiqu’il advienne, Hartmut Rosa montre aussi qu’envisager un avenir sombre et une histoire sans lendemain est un effet induit par le processus d’accélération.

Quelle réponse donner à H. Rosa  

.

Comment lutter contre cette aliénation de la structure, par la culture ?

Faute de décélération possible de façon globale, reste à identifier les « déterminismes temporels » responsables en majeure partie de notre malaise post-moderne, et les îlots de décélération possible.

Ce qui serait la première marche à gravir vers un autre avenir qui se découvrirait au fur et à mesure que la structure vacillante changerait.

N’avions-nous pas oublié durant toutes ces décennies de prendre en
compte la vie intérieure de chaque sujet (Sujet), par rapport à cette
vie extérieure qui s’est imposée à son corps défendant ?

Là réside un temps qui est « hors du temps » et hors accélération  

.

C’est celui de notre inconscient qui nécessite une dé-collectivisation des êtres pour qu’ils subsistent entiers, ce qui réclame le respect du « Un » par « 
Un ».
Celui qui a fait une psychanalyse le sait bien, lui qui a découvert
une adéquation avec son temps intérieur, c’est ça entre autres qui le
différencie des autres.

Ce n’est pas nouveau, l’antique philosophie grecque parlait déjà du
« connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux »,
inscription célèbre, placée au fronton du temple de Delphes.

Elle invitait les voyageurs à la prise de conscience de leur limite. Les dieux
d’hier ne sont-ils pas aujourd’hui de l’ordre du discours de Lacan,
de la psychanalyse freudienne, où il n’y a pas de A de A ?

Exception faite du croyant au paradigme du grand (A) fait Dieu  

.

C’est cette connaissance de Soi qu’évoque la vision de l’analyste praticien.
Celle-ci prône au regard freudo-lacanien de se pencher, vers un retour à
la définition du «  Parlêtre », car c’est là, que se différencie
notre temps du conscient et celui de notre inconscient.

Là, les statistiques, les évaluations, les massifications des êtres en groupes
et sous-groupes… etc, n’ont plus aucune utilité ni de raison
d’être.

Seul le Sujet compte pour « Un » : six milliards d’humains c’est six milliards d’« Un ».  

Utopie, direz-vous ? Mais parfois, ne suffit-il pas de quelques utopiques pour bouleverser le monde ?

Nous n’en manquons pas dans les domaines techniques et scientifiques qui s’occupent de la matière.

Mais du côté de cette psyché immatérielle, Socrate n’en fut-il pas un, et Freud et Lacan plus proches de nous ?

Pour Freud, la temporalité a pour origine la représentation du temps que
se fait chaque sujet.

Ce sont les souvenirs issus de sa mémoire la plus ancienne, traces mnésiques dont les agents transformateurs sont les représentations de choses ou de mots, mais aussi l’archaïsme liberté innée du « temps de l’enfant », si différent de celui de l’adolescent et de l’adulte : temps relatif, variant avec les âges et
les aléas de la vie.

Ainsi, lors d’une maladie il y a une double régression au temps.

« Double régression temporelle dans la mesure où la libido, le besoin
érotique, revient à des étapes du développement antérieur et une
régression formelle, attendu que pour la manifestation de ce besoin sont
employés les moyens d’expression psychiques originels et primitifs
. »
(Freud, 1910, p. 60-106).

Si l’inconscient est intemporel, le rêve l’est un peu moins car il se situe entre préconscient et inconscient.

La vie psychique se divise donc en deux modes de travail : dans l’un, c’est l’élément temporel (côté conscient), dans l’autre c’est l’élément spatial qui est inexistant (côté inconscient).

Ainsi, notre temps est exclusivement subjectif, même avec la plus belle montre
au poignet.

« Le temps intervient dans les sensations de plaisir et de déplaisir, car celles-ci ne dépendent pas que de la quantité d’énergie mais aussi de son taux en temps donné ». (Freud, 1981, p. 44 et 71)  

Pour Lacan, nous trouvons le temps rapporté à celui de l’analyse avec
le « temps pour comprendre et le temps pour conclure », le rapport du
temps est lié au Réel.

« Le temps du deuil, comme le temps de l’analyse en général, échappe tout à fait à toute sorte de programmation : aussi bien d’ailleurs qu’à cette fausse implication duelle de l’individuel et du collectif que brise effectivement le
moindre geste du sujet désirant
 ». (Silicet 6/7, p. 82)

« Il y a des temps forts et féconds, mais aussi des temps morts où la
répétition semble pour ainsi dire se détacher du transfert et aller
jusqu’à tuer le temps
 ». (ibid, p. 83)

Le Réel, qu’il définit comme l’impossible à dire, est ce qui ne peut être complètement symbolisé dans l’écriture ou par la parole et par conséquent, ne cesse pas de ne pas s’écrire.

Cette notion nouvellement vulgarisée avec la psychanalyse, rend caduque l’ambition d’une science dite exacte d’atteindre la perfection, de dire le vrai
sur le vrai, l’exactitude à notre échelle humaine reste asymptotique
au Réel.

Ainsi, le paradoxe qui divise chaque humain, l’oblige-t-il à vivre
constamment sur deux plans à la fois : intérieur et extérieur4.

Alors, pour soigner cette société globalisante dans sa fuite en avant, il faut
soutenir le cadre du « Un » par « Un ».

Est-ce qu’un antidote comme la psychanalyse appliquée aux humains ne
serait pas « une bonne médecine » ?

Mais, même offerte au plus grand nombre, son adhésion reste une question de désir pour chacun.

Certaines cultures, au travers de leur pensée religieuse, ou simplement éthique,
via leurs modes de vie, tel le Bouddhisme, se situent dans une perspective
individuelle.

L’espoir en l’humain ne doit pas disparaître face au catastrophisme médiatique, ni devant la montée passagère des fanatismes, résurgences des superstitions, que la culture peut éradiquer.

Certes, nous sommes six milliards d’humains, et mon propos peut faire sourire, mais chaque humain n’est pas qu’un ventre qui a faim, il est aussi un « parlêtre » dont la nourriture est « autre » et c’est pourquoi il capable du pire comme du meilleur, car sa faim ici est ailleurs.

Quant je passe du temps, pour gagner de l’argent, c’est aussi
paradoxalement pour obtenir la seule chose qui soit valable dans ma vie :

« Avoir du temps, c’est avoir de la liberté ».  

La vraie richesse n’est-ce pas le temps dont on dispose pour Soi ; le temps c’est la porte ouverte aux désirs et à notre subjective notion de liberté.

Mais rien ne se modifie dans la structure nucléique du psychisme humain,
c’est ce qui le constitue.

Lacan remarquait que cette division conscient/inconscient est le tribut que nous devons payer du fait que nous sommes des « parlêtres », la psychanalyse peut nous amener à cette compréhension : accepter d’être refendus, coupés par le signifiant.

Le temps de l’analyse est un temps particulier car toujours présent et à la fois oublié ; c’est notre ombre, qui nous suit et l’on n’a pas besoin de se retourner. L’ombre est toujours là car elle nous constitue. Cela ne peut pas être traité par le consumérisme actuel et son temps.

POUR CONCLURE  

.

L’outil moderne que représente la psychanalyse, pour retrouver ou découvrir notre rythme personnel, véritable « Vérité » de l’être n’est pas le seul, on peut en imaginer d’autres et l’avenir le dira.

Mais ce qui pointe à l’horizon du problème posé par H. Rosa doit être
solutionné en particulier au niveau de chaque individu peuplant le groupe.

La prise en charge, collective, ou étatique veut notre bonheur présent et
à venir, mais ne peut garantir les bonnes heures futures de chacun : « on
ne peut ni doit faire le bonheur des gens malgré eux
 ».

Le futurologue qui a lu H. Rosa doit se pencher nécessairement sur deux axes pour trouver une solution : l’un personnel, par la prise de conscience de
chacun, et l’autre étant l’effet boomerang vers le collectif de la
première.

Ceci relance la notion philosophique de la démocratie à partie du « Un » par « Un » construisant le groupe à son image.

Seuls ceux qui auront pu se dégager du formatage préalable de cette course à
la vitesse devenue infernale en tout pourront prétendre à aider le groupe.

La vitesse n’est pas à incriminer en soi, c’est l’addiction qu’on
en a qui est toxique.

Après avoir étudié, les pathologies individuelles, nous devons trouver remède à celles constatées au niveau collectif, qui envahissent le « Socius », et qui contaminent, intoxiquent tous les membres qui le composent.

 
les rêveurs
 

NOTES  

1- Publilius Syrus, in sentences, « Nec mortem effugere quisquam nec amore
potest
. »

2- Lacan J. « Aimer c’est donner ce qu’on a pas », l’amant aime
son aimée pour ce qui lui manque, seule façon de s’assurer du désir
qu’il peut avoir d’elle. In, « Signification du phallus », 1958,
« Écrits », Paris, Le Seuil, 1965
3- Accélération. Une critique sociale du temps (Beschleunigung. Die
Veränderung des Zeitstrukturen in der Moderne) d’Hartmut Rosa. Traduit de
l’allemand par Didier Renault, La Découverte, « Théorie critique ».
4- Leibowitz Y. « Corps et esprit, le problème psychophysique » ,
Paris, Le Cerf, 2010

Bibliographie

Freud S. « Sur la psychanalyse » (1910) in Cinq conférences sur la
psychanalyse, Paris Gallimard, 1991

Freud S. « Au delà du principe de plaisir », in Œuvres complètes,
Paris PUF 1981

Lacan J. «  Écrits », Paris, Le Seuil, 1965

Leibowitz Y. « Corps et esprit, le problème psychophysique » , Paris,
Le Cerf, 2010
Rosa H. « Catastrophe ou barbarie » (traduit de l’allemand par D.
Renault) Éd. La Découverte, Paris
Silicet 6/7, Paris, le Seuil, 1976

— Envoi via le site Patrick Valas (http://www.valas.fr/) —


Commentaires

LIMITATION DE VITESSE. Le temps de l’analyse, par Simon Abbanim
mardi 23 novembre 2010 à 22h33 - par  nicolas V

….il me semble qu’un titre comme : « L’imitation de vitesse » se justifiait de lui même.car courir vite pour touner en rond n’augure pas d’une quelconque prise de conscience de sa condition de la part de celui qui tourne…enfin moi j’dis ça….j’l’ai sûrement déjà dit…. ;)

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