La Passe et la fin de la cure dans les séminaires et les Écrits de Lacan


Document du mardi 7 juillet 2009
Article mis à jour le 26 novembre 2014
par  P. Valas

  Sommaire  

Passe et fin d'analyse 3

THÉSAURUS

Pour faciliter le travail, j’ai donné ici la référence dans les textes accessibles en 1980. En 2009-07-07, je n’ai pas mis à jour la pagination, raison de plus, comme je le recommande toujours, d’aller aux textes pour en faire citation.

Des esprits chagrins me font le reproche que mes thésaurus ne prennent en compte que les occurrences des termes, négligeant ainsi les autres approches où le concept en question est élaboré par Lacan sans être pour autant nommé. J’en conviens mais je n’ai pas la prétention d’être exhaustif en composant mes thésaurus que j’ai fabriqué en suivant le texte de Lacan la plume à la main. Ils sont cousu-main.

Mon site par ailleurs ouvre le plus large accès aux textes de Freud et de Lacan - Pour qui se donne la peine de chercher !

J. LACAN

LA PASSE ET LA FIN DE LA CURE

La passe et la fin de l'analyse dans les séminaires et les Écrits de Lacan

J’ai suivi à travers tous les séminaires de Lacan les occurrences du terme de la Fin de l’analyse et de la Passe, en notant (à quelques exceptions près) pour composer ce thésaurus la citation complète et sa référence. Le lecteur pourra ainsi la consulter dans son contexte.*
La passe et la fin de la cure dans les séminaires et les Écrits de Lacan

Patrick Valas

Les THÉSAURUS

I — Le Symptôme. Sur le site.

II — Le Surmoi. Sur le site.

III — La fin de l’analyse et la Passe. Sur le site

IV — L’amour et le transfert. Sur le site.

V — La femme. Sur le site.

VI – La jouissance. Sur le site.

VII — Le « Père ». Sur le site.

VIII — La perversion. À paraitre.

IX — Les psychoses. À paraitre.

*Nota : Pour faciliter le travail, j’ai donné ici la référence dans les textes accessibles en 1980. En 2009-07-07, je n’ai pas mis à jour la pagination, raison de plus, comme je le recommande toujours, d’aller aux textes pour en faire citation. Des esprits chagrins me font le reproche que mes thésaurus ne prennent en compte que les occurrences du mot du concept dont ils sont la raison, négligeant ainsi les autres approches où le concept est élaboré par Lacan sans être pour autant nommé. J’en conviens mais je n’ai pas la prétention d’être exhaustif en composant mes thésaurus en suivant le texte de Lacan la plus à la main. Ils sont fait-main. Mon site par ailleurs ouvre le plus large accès aux textes de Freud et de Lacan. Pour qui se donne la peine de chercher.
 

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Jlacan Passe et fin de la cure

 

1954-1955 — Livre I — ÉCRITS TECHNIQUES DE FREUD. Seuil Paris  

1 — L’idéal de l’analyse n’est pas la maîtrise de soi complète, l’absence de passion. C’est de rendre le sujet capable de soutenir le dialogue analytique, de parler ni trop tôt, ni trop tard. C’est à cela que vise une analyse didactique. P.9

2 — Eh bien, qu’est-ce la fin du traitement ? Est-ce analogue à la fin d’un processus naturel ? L’amour génital - cet Eldorado promis aux analystes et que nous promettons bien imprudemment à nos patients - est-ce un processus naturel ? Ne s’agit-il au contraire que d’une série d’approximations culturelles qui ne peuvent être réalisées que dans certains cas ? L’analyse, sa terminaison, est-elle donc dépendante de toutes sortes de contingences ? De quoi s’agit-il, sinon de voir quelle est la fonction de l’autre, de l’autre humain dans l’adéquation de l’Imaginaire et du réel. P.159-160.

3 — Je vous montrerai la prochaine fois le résultat de cette expérience de discours désamarré, l’oscillation du Miroir qui permet le jeu de bascule entre le 0 et 0’, à la fin des analyses conduites correctement. Balint nous donne une définition sensationnelle de ce qu’on obtient d’habitude à la fin des rares analyses qu’on peut considérées comme terminées. P.198.

4 — Dans ces conditions, comment Balint décrit-il ce qu’on observe à la fin d’une analyse, à la fin d’une analyse achevée, vraiment terminée, comme il n’y en a pas, de son propre aveu, plus du quart ? Il se produit chez le sujet, dit-il en toutes lettres, un état de narcissisme qui va à une exaltation sans frein des désirs. Le sujet s’enivre d’une sensation de maîtrise absolue de la réalité, tout à fait illusoire, mais dont il a besoin dans la période post-terminale. Il doit s’en libérer en remettant progressivement en place la nature des choses. Quand à la dernière séance, elle ne se passe pas sans chez l’un et l’autre des partenaires, la plus forte envie de pleurer » C’est ce que Balint écrit, et cela a la valeur d’un témoignage extrêmement précieux de ce qui est la pointe de toute une tendance de l’analyse. N’avez-vous pas l’impression que c’est là un jeu extraordinairement peu satisfaisant, un idéal utopique ? Qui assurément déçoit en quelque chose. P. 206.

5 — Suffit-il simplement que le sujet nomme ses désirs, qu’il ait permission de les nommer, pour que l’analyse soit terminée ? …. A la fin, tout à la fin de l’analyse, après avoir accompli un certain nombre de circuits et effectué la complète réintégration de son histoire, le sujet sera-t-il toujours en 0 ? Ou bien un peu plus là vers A ? En d’autres termes, reste-il quelque chose du sujet au niveau de ce point d’engluement qu’on appelle son ego ? P.217.

6 — Distique d’Angélus Silesius. Contingence et essence. Homme, deviens essentiel : car quand le monde passe, la contingence se perd et l’essentiel subsiste.
C’est bien de cela qu’il s’agit au terme de l’analyse, d’un crépuscule, d’un déclin imaginaire du monde, et même d’une expérience à la limite de la dépersonnalisation. P.258.

7 — Rappeliez vous de ce que Balint nous dit de ce qu’il constate lors de ce qu’il appelle la terminaison d’une analyse - ce n’est rien d’autre qu’une relation narcissique. P. 287.

8 — Lisez Nunberg. Quel est à ses yeux le ressort essentiel du traitement ? La bonne volonté de l’ego du sujet, laquelle doit devenir l’alliée de l’analyste. Qu’est-ce à dire ? Sinon que le nouvel ego du sujet, c’est l’ego de l’analyste. M. Hoffer est là pour nous dire que la fin normale du traitement, c’est l’identification à l’ego de l’analyste.
De cette fin, qui n’est rien que l’assomption parlée du moi, la réintégration non pas du moi-idéal, mais de l’idéal du moi, Balint nous donne une description émouvante. Le sujet entre dans un état semi-maniaque, espèce de sublime lâchage, liberté d’une image narcissique à travers le monde -dont il faut lui laisser un peu de temps pour se remettre et retrouver tout seul les voies du bon sens. P.314 »

1954-1955 — Livre II — LE MOI DANS LA THÉORIE DE FREUD ET DANS LA TECHNIQUE DE LA PSYCHANALYSE. Seuil Paris  

1 — Le sujet est précipité dans un affrontement avec quelque chose
qui ne peut être aucunement confondu avec l’expérience quotidienne
de la perception, quelque chose que nous pourrions nommer un id,
et que nous appellerons simplement pour ne faire de confusion,
un quod, un qu’est-ce-que c’est ? La question que nous allons
nous poser aujourd’hui est celle de cet affrontement du sujet
au delà de l’ego au quod qui cherche à advenir dans 1’analyse. P.210,

2 — Dans l’Oedipe à Colone, Oedipe dit ceci - Est-ce que c’est maintenant que je ne suis rien que je deviens un homme ? C’est la fin de la psychanalyse d’Oedipe - La psychanalyse d1Oedipe ne s’achève qu’à Colone, au moment où il s’arrache la figure. P.250.

3 — Quoi qu’il en soit, la question de savoir quelle est la fin de notre pratique est au cœur de la technique analytique. On s’engage à cet égard dans des erreurs scandaleuses. P.282.

4 — Où est l’essentiel de l’analyse ? L’analyse consiste-elle dans la réalisation imaginaire du sujet. P.282.

5 — La question de la paranoïa post-analytique est très loin d’être mythique. P.283.

6 - Si on forme des analystes, c’est pour qu’il y ait des sujets tels que chez eux le moi soit absent. C’est l’idéal de l’analyse qui bien entendu, reste virtuel. P.287.

7 — C’est la relation dernière du sujet à un Autre véritable, à l’Autre qui donne la réponse qu’on n’attend pas, qui définit

le point terminal de l’analyse. P.288.

8 — II y a deux sens à donner à la phrase de Freud - W ES VAR, SOLL ICH WERDEN. Ce ES, prenez-le comme la lettre S. Il est là, il est toujours là. C’est le sujet. Il se connait ou ne se connaît pas. Ce n’est pas le plus important - II a où il n’a pas la parole. A la fin de l’analyse, c’est lui qui doit avoir la parole, et entrer en relation avec les vrais Autres. Là où le S était, là, le Ich doit être. P.288.

9 — Ne croyez pas pour autant que le moi soit volatilisé après une analyse - qu’elle soit didactique ou thérapeutique, on ne monte pas dans le ciel, désincarné et pur symbole. P.374 »
1955-1956.

Livre III — LES PSYCHOSES. Paris, Seuil  

1 — Le sujet commence par parler de lui ; quand il aura parlé de lui, qui aura sensiblement changé dans l’intervalle, à vous, nous serons arrivés à la fin de l’analyse. III. P.2, 14 Mars 1956.

1956-1957 — Livre IV — LA RELATION D’OBJET ET LES STRUCTURES FREUDIENNES. Paris, Seuil  

1 — Quand on parle de la relation d’objet par le ton purement et simplement de l’accès au réel, cet accès qui doit être la terminaison de l’analyse ? Ce qui est trouvé dans le réel, est-ce l’objet ? II.P.3, 28 Novembre 1956.

1957-1958 — Livre V — LES FORMATIONS DE L’INCONSCIENT. Paris Seuil  

1 — On ne peut tout de même pas manquer d’être frappé qu’un des derniers articles de Freud, celui qu’on a traduit improprement par « Analyse terminable ou interminable » en réalité concerne le fini ou l’infini. Il s’agit de l’analyse en tant qu’elle ne finit ou en tant qu’elle doit être située dans une sorte de portée infinie. C’est de cela qu’il s’agit, et la projection à l’infini de son but, Freud nous la désigne de la façon la plus claire, tout à fait au niveau de l’expérience concrète comme il dit, à savoir ce qu’il y a d’irréductible en fin de compte pour l’homme dans le complexe de castration, dans la femme dans le pénis-neid, c’est à dire, pour un certain rapport fondamental avec le phallus. XVII.P.2, 16 Avril 1958.

2 — Si Freud d’une certaine façon a marqué là, (rappel complexe de castration pour le garçon, pénis-neid pour la fille, comme butée de terminaison de l’analyse) ce qu’il appelle en une certaine occasion « le caractère infini » projeté à l’infini, ce que l’on a mal traduit par interminable……c’est qu’il ne voit pas que la
solution du problème de la castration, aussi bien chez l’homme que chez la femme, n’est pas autour de ce dilemme de l’avoir ou de ne pas l’avoir le phallus….c’est qu’il ne l’est pas le phallus, et c’est à partir de cette réalisation dans l’analyse que le sujet n’est pas le phallus qu’il peut normaliser cette position, je dirais naturelle, que ou bien il l’a ou "bien il ne l’a pas. XXIII P.35, II Juin 1958.

3 — ….« Qu’est ce que vous voulez ? Et le type répond »La liberté« , »eh bien vous l’avez " lui disait Casimir Perrier, et il lui passe entre les jambes, et s’en va en le laissant tout interloqué. Ce n’est peut être pas exactement ce que nous pouvons attendre d’une solution analytique. XXIV P.34 » 18 Juin 1958.

4 — ….non pas : je suis le phallus, je suis à la place même qu’il occupe dans la chaine, dans l’articulation signifiante, le sens de WO ES WAR SOLL ICH WERDEN, c’est cela. XXV P.32, 25 Juin 1958.
5 - L’ivresse quasi maniaque qui est l’ordinaire et le signe de ces traitements qui se terminent par une identification imaginaire. XXV P.40, 25 Juin 1958.

1958-1959 — Livre VI — LE DÉSIR ET SON INTERPRÉTATION (non publié)  

1 — Le sujet … la seule chose qu’il puisse en ressentir, c’est cette menace directement portée sur le phallus, à savoir la castration ou cette notion de manque du phallus qui dans un sexe et dans l’autre, est-ce quelque chose à quoi vient se terminer l’analyse comme Freud l’a articulé . II.P.21, 19 Novembre 1958.

2 — Que signifie assumer la castration ? La castration est-elle vraiment jamais assumée ? Cette sorte de Point autour duquel viennent se briser les dernières vagues de l’analyse finie ou indéfinie comme dit Freud. VI.P.3 » I ? décembre 1958.

3 — Wo es war, soll Ich werden : Là où c’était, là je dois advenir. C’est très précis, c’est ce Ich qui n’est pas das, Ich qui n’est pas le moi, qui est un Ich, le Ich utilisé comme sujet de la phrase. Là où c’était, là où ça parle. Où ça parle, c’est à dire où à l’instant d’avant quelque chose était qui est le désir inconscient, là je dois me désigner, là je dois être ce je qui est le but, la fin, le terme de l’analyse avant qu’il se nomme, avant qu’il se forme, avant qu’il s’articule, si tant est qu’il le fasse jamais car aussi bien dans la formule freudienne, ce soll Ich werden, ce doit être, ce dois-je devenir, est le sujet d’un devenir, d’un devoir qui vous est proposé. Nous devons reconquérir ce champ perdu de l’être du sujet comme dit Freud dans la même phrase par une jolie comparaison, comme la reconquête de la Hollande sur le Zuiderzee de terres offertes à une conquête pacifique. XXI. P.7, 20 Mai 1959.

4 — Mais avant que ceci soit fait là où c’était, qu’est ce qui nous désigne la place de ce je qui doit venir au jour ? Ce qui nous le désigne, c’est l’index de quoi ? Très exactement de ce dont il s’agit, du désir, du désir en tant qu’il est fonction et terme de ce dont il s’agit dans l’inconscient. XXI.P.7, 20 Mai 1959.

5 — le sujet…est au bord de cette nomination défaillante…. et il est au point où il subit….au maximum….ce qu’on peut appeler la virulence du logos, pour autant qu’il se rencontre avec le point suprême de l’effet aliénant de son implication dans le logos. XXI. P.8, 20 Mai 1959.

6 — Comment l’homme y fait face, comment il le soutient….c’est qu’il faut qu’il le soutienne réellement, qu’il le soutienne de son réel, de lui en tant que réel ; c’est à dire aussi bien de ce qui lui reste toujours de plus mystérieux. XXI.P.9, 20 Mai 1959.

7 — …c’est bien quelque chose qui au sens complet mérite d’être nommé comme de l’ordre de l’être, puisque c’est déjà quelque chose qui se pose comme un réel articulé dans le symbolique, comme un réel qui a pris sa place dans le symbolique, et qui a pris cette place au delà du sujet de la connaissance. XXI. P.12, 20 Mai 1959.

8 — La chaine signifiante inconsciente… pour autant que le sujet
en portera la marque… de ce qui reste pour lui non pas seulement
ambigu, mais à proprement parler inaccessible jusqu’à un certain terme qui est celui justement que donne l’expérience analytique. XXII P.8, 27 Mai 1958… Il y a là une distance dont il n’est
même pas dit, malgré que le commandement de Freud nous en donne la visée, que d’une façon quelconque le sujet puisse en atteindre le but. XXII P.8, 27 Mai 1958.

9 — Le Pas-un à quoi se désigne le 0 dans la structure fondamentale du désir, se transforme dans un en trop, ou quelque chose en trop, ou quelque chose en moins dans la menace de la castration pour l’homme, ou dans le phallus ressenti comme absence pour la femme. C’est pourquoi on peut dire qu’à l’issue de la démystification analytique de la position du névrosé, quelque chose semble rester dans la structure, tout au moins ce dont nous témoigne Freud dans sa propre expérience qui se présente comme un reste, comme quelque chose qui pour le sujet le fait dans tous les cas rester dans une position inadéquate, celle du péril pour le phallus, chez l’homme, celle de l’absence de phallus chez la femme. XXIV P.17, 10 Juin 1959.

1959-1960 — Livre VII — L’ETHIQUE DE LA PSYCHANALYSE. Paris Seuil  

1 — ce Wo es war soll Ich werden où Freud aboutit dans la deuxième série de ses conférences sur la psychanalyse, et qui n’est rien d’autre que quelque chose dont la racine nous est donnée dans une expérience qui mérite le terme d’expérience morale, qui se situe tout à fait au principe de l’entrée elle-même du patient dans la psychanalyse. I.P.I3, 18 Novembre 1959.

2 — Car ce je qui doit devenir là où c’était, ce quelque chose que l’analyse nous apprend à mesurer, ce je n’est pas autre chose que ce dont nous avons déjà la racine dans ce je qui s’interroge sur ce qu’il veut. I P.13, 18 Novembre 1959.

3 — Va-t-il ou ne va-t-il pas se soumettre à ce devoir qu’il sent en lui-même comme étranger, au delà, au second degré. Doit-il ou ne doit-il pas se soumettre à cet impératif du surmoi paradoxal et morbide, demi-inconscient, et au reste qui se révèle de plus en plus dans son instance, à mesure que progresse la découverte analytique ?…. son vrai devoir, si je puis m’exprimer ainsi, n’est-il pas d’aller contre cet impératif ? I P.13, 18 Novembre 1959 « 

4 — Premièrement la fin de l’analyse est-elle ce qu’on nous demande ?….ce qu’on nous demande …. le bonheur. XXV P.3 » 22 Juin I960.

5 — Cette différence irréductible qui est celle sur laquelle a achoppé toute l’entreprise freudienne, celle autour de quoi Freud, à la fin d’un de ses derniers articles, celui sur l’analyse finie et infinie, nous dit finalement, se brise en une nostalgie irréductible l’aspiration du patient au terme dernier, c’est à savoir sur ceci que ce phallus d’aucune façon il ne saurait l’être, et que pour ne pas l’être il ne saurait l’avoir qu’à condition : pénis-neid pour la femme, et castration chez l’homme. XXV P.23, 22 Juin I960.

6 — Non seulement ce qu’on lui demande, le souverain bien, il ne l’a pas bien sûr, mais il sait qu’il n’y en a pas, parce que rien d’autre n’est d’avoir mené à son terme une analyse, sinon d’avoir saisi, d’avoir rencontré, de s’être heurté à cette limite qui est celle où se pose toute la problématique du désir. XXV P.23, 22 Juin I960.

7 — Est-ce que la fin d’une analyse, si nous devons la concevoir comme pleinement terminée, pour quelqu’un qui doit se trouver, par rapport à l’analyse en position responsable, c’est à dire lui même analyste, est-ce qu’elle doit idéalement, je dirai en droit se terminer sur cette perspective de confort qui est…. de cette sorte de rationalisation moralisante où elle tend à s’exprimer aujourd’hui trop souvent. XXV P.2, 29 Juin I960.

8 — Je pose la question, si la terminaison de l’analyse, la véritable, j’entends celle qui prépare à devenir analyste ne soit pas à son terme affronter….cette détresse….n’a à attendre d’aide de personne, c’est à dire doit finalement atteindre et connaître, j’entends au terme de cette analyse didactique, le champ, le niveau de l’expérience de ce désarroi absolu, de ce désarroi au delà de celui au niveau duquel l’angoisse est déjà une protection. XXV P.5, 29 Juin I960.

I960-I96I — Livre VIII — LE TRANSFERT, Paris Seuil  

1 — … Le paradoxe de ce qui se présente à nous comme terme, comme aboutissement, terminaison de l’analyse. Qu’est-ce-que nous dit Freud ? Sinon qu’en fin de compte ce que trouvera au terme celui qui suit ce chemin, ce n’est pas autre chose essentiellement qu’un manque, que vous appeliez ce manque castration ou que vous l’appeliez pénis-neid. II P.5, 7 Décembre I960.

2 — Nous ne sommes même pas au petit commencement de ce que l’on pourrait articuler tellement sous forme de question concernant ce qui doit être obtenu chez quelqu’un pour qu’il puisse être un analyste. VII P.18, II Janvier 1961.

3 — Que doit-il rester de ses fantasmes ? vous savez que je suis capable d’aller plus loin, de dire son phantasme, si tant est qu’il y est un fantasme fondamental : si la castration est ce qui doit être accepté au dernier terme de l’analyse, quel doit être le rôle de sa cicatrice à la castration dans l’éros de l’analyste ? VII P.18, II Janvier 1961.

4 — … ce n’est pas non plus pour vous dire que l’analyste doit être un Socrate, ni un pur, ni un saint… l’analyste doit être capable d’atteindre simplement pour occuper la place qui est la sienne, laquelle se définit comme la place qu’il doit offrir vacante au désir du patient pour qu’il se réalise comme désir de l’autre. VII P.20, II Janvier 1961.

5 — Que le sujet que nous avons averti précisément par l’expérience de l’analyse didactique, sache en quelque sorte en jouer comme d’un instrument, de la caisse du violon dont par ailleurs il possède les cordes. XIII P.5 » 8 Mars 1961.

6 — il restera quand même que soit légitime que nous sentions la nécessité d’élucider le point de passage où cette qualification est acquise. XIII P.5 » 8 Mars 196l.

7 — la définition du point de passage où ce qui est ainsi défini peut néanmoins être utilisé comme source d’information. XIII P.6, 8 Mars 1961.

8 — mieux il sera analysé, plus il sera possible qu’il soit franchement amoureux, ou franchement état d’aversion, de répulsion, sur les modes les plus élémentaires des rapports des corps entre eux, par rapport à son partenaire. XIII P.10, 8 Mars 196l.

I96I-I962 — Livre IX — L’IDENTIFICATION (non publié)  

1 — … ce quelque chose vers quoi nous avons le courage d’aller pour l’interroger au nom de la formule Wo es war soll Ich werden que nous tendrions à pousser vers une formule très légèrement différemment accentuée dans le sens d’un étant ayant été, d’un GEWESEN qui subsiste pour autant que le sujet s’y avançant ne peut ignorer qu’il faut un travail de profond retournement de sa position pour qu’il puisse s’y saisir déjà. VIII P. 4 » 17 Janvier 1962,

2 — est-ce que ce n’est pas là que commence la dimension morale qui n’est pas de savoir quel devoir nous devons remplir ou non vis à vis de la vérité, ni si notre conduite tombe ou non sous le coup de la règle universelle, mais si nous devons satisfaire ou non au désir du tyran ? Là est la balance éthique à proprement parler ; et c’est à ce niveau que sans faire inter¬venir aucun dramatisme externe - nous n’en avons pas besoin -nous avons aussi à faire à ce qui, au terme de l’analyse, reste suspendu à l’Autre. C’est pour autant que la mesure du désir inconscient au terme de l’analyse reste encore’ impliquée dans ce Lieu de l’Autre que nous incarnons comme analystes, que Freud au terme de son œuvre peut marquer comme irréductible le complexe de castration comme par le sujet inassumable. Ce, je l’articulerai la prochaine fois, me faisant fort de vous laisser à tout le moins entrevoir qu’une juste définition du fantasme et de son assomption par le sujet nous permet peut être d’aller plus loin dans la réduction de ce qui est apparu jusqu’ici à l’expérience comme une frustration. XIV P.13 » 21 Mars 1962.

3 — La formule de Freud Là où était la chose, je dois advenir… il faudrait remplacer par… Là où était le un en tant que un, le trait unaire, adviendra le « Je ». XV P.8, 28 Mars 1962.

4 — II est à proprement parler pas au pouvoir de l’Autre d’en faire le don sur le plan de la demande (à propos du phallus) -c’est dans la mesure où la thérapeutique n’arrive point à résoudre mieux qu’elle ne l’a fait la terminaison de l’analyse, n’arrive pas à la faire sortir du cercle propre de la demande, qu’elle bute, qu’elle se termine à la fin sur cette forme revendicatoire, sous cette forme inassouvissable que Freud dans son dernier article « l’analyse terminée et interminable », signe comme angoisse non résolue de la castration chez l’homme, comme pénis-neid chez la femme. XVI P.10, 4 Avril 1962.

5 — ….ce n’est que dans les cas les plus rares que nous arrivons à buter à ce terme marqué par Freud comme point d’arrêt à sa propre expérience. Plût au ciel, que nous en arrivions là même si c’est en impasse1 cela prouverait au moins déjà jusqu’où nous pouvons aller, alors que ce dont il s’agit c’est de savoir effectivement si d’aller jusque là nous mène à une impasse ou si ailleurs on peut passer. XVI P.10, 4 Avril 1962.

1962-1963 — Livre X — L’ANGOISSE. Paris. Seuil  

1 — il n’est pas exclu et Dieu merci, que l’analyste, pour peu qu’il y soit déjà disposé, je veux dire par de très bonnes dispositions à être un analyste, que l’analyste entrant dans sa pratique, ressent de ses premières relations avec le malade sur le divan quelque angoisse. P.3, 14 Novembre 1962.

2 — et qu’est ce que nous a dit Freud, c’est que le dernier terme où il soit arrivé, en élaborant cette expérience, le terme sur lequel il nous indique que, à lui, son point d’arrivée, sa butée, le terme pour lui indépassable, c’est l’angoisse de castration. Qu’est ce dire ce terme est-il indépassable. P.6, 5 Décembre 1962.

3 — C’est donc au niveau de la mise en question de ce complexe de castration que toute notre exploration concrète de l’angoisse cette année, va nous permettre d’étudier ce passage possible, ce passage possible d’autant plus possible qu’il est déjà, dans maintes occasions franchi. IV P.8, 5 Décembre 1962.

4— Que représente, dans cette économie essentielle du désir, cette sorte privilégiée de désir que j’appelle, le désir de l’analyste ? IV P.24, 5 Décembre 1962.

5 — Est-ce qu’une analyse qui se termine par l’entrée du patient ou de la patiente dans le tiers ordre est une guérison, même si son sujet s’en trouve mieux quand à ses symptômes ? Et d’une certaine voie, un certain ordre qu’il a reconquis, énonce les réserves les plus expresses sur les voies, dès lors à ses yeux perverses par où nous l’avons fait penser pour le faire entrer au royaume du ciel ? V P.3, 12 Décembre 1962.

6 — Freud dans son article sur analyse terminée et analyse interminable et si l’on part de l’idée que la limite de Freud ça a été… la non-a perception de ce qu’il avait de proprement à analyser dans la relation synchronique de l’analysé à l’analyste concernant cette fonction de l’objet partiel… on y verra surtout pourquoi Freud nous désigne dans l’angoisse de castration ce qu’il appelle la limite de l’analyse, précisément dans la mesure où lui restait pour son analysé le siège, le lieu de cet objet partiel. Si Freud nous dit que l’analyse laisse homme et femme sur leur soif, l’un dans le champ de ce qu’on appelle proprement chez le mâle complexe de castration et l’autre sur le pénis-neid, ce n’est pas là une limite absolue. C’est la limite où s’arrête l’analyse finie avec Freud, c’est la limite du continu de suivre ce parallélisme indéfiniment approché qui caractérise l’asymptote, analyse que Freud appelle l’analyse indéfinie, illimitée et non pas infinie. C’est dans la mesure où quelque chose dont au moins je peux poser la question de savoir comment il est analysable, a été non pas je dirais non analysée mais révélée d’une façon seulement partielle au point où s’institue cette limite. VII. P.23, 9 Janvier 1963.

7 — … dans une littérature, mener le sujet à l’identification non pas à cette image comme reflet du moi idéal dans l’autre, mais au moi de l’analyste avec ce résultat que nous décrit Balint, la crise terminale maniaque qu’il nous décrit comme étant celle de la fin d’une analyse ainsi caractérisée et qui représente l’insurrection du « a » qui est resté absolument intouché. IX P.30, 23 Janvier 1963.

8 — pourquoi amener jusqu’à un certain point et pas au delà l’expérience analytique, ce terme que Freud nous donne comme dernier du complexe de castration chez l’homme, nous dit-il et du pénis-neid chez la femme, peut être mis en question, qu’il soit dernier n’est pas nécessaire. X.P.II, 30 Janvier 1963 »

9 — … d’un nommé SZACS… promouvant comme fin dernière de l’analyse, de toute analyse, qu’elle soit didactique ou pas, l’initiation du patient, à un point de vue scientifique, c’est ainsi que s’exprime l’auteur, concernant ses propres mouvements. X.P.33 » 30 Janvier 1963.

10 — L’angoisse est castration de ce qui fonctionne chez le sujet à la fin d’une analyse, ce que Freud désigne comme menace de castration s’y maintient, s’il y a quelque chose qui nous fasse toucher du doigt que c’est là un point dépassable… c’est justement cette distinction, pour savoir comme nous pourrions franchir ce point limite. XIV.P.18, 13 Mars 1963.

11 — avec l’expérience de Freud, à buter sur une impasse, impasse que je promeus n’être qu’apparente et jusqu’ici jamais franchie, celle du complexe de castration… ce que veut dire la butée de Freud sur le complexe de castration. XVII. P.4, 15 Mai 1963.

12 — dans toute la mesure où toute la situation du désir, virtuellement impliqué dans notre expérience qui, si je puis dire, la trouve toute entière, n’est pas pourtant dans Freud véritablement articulée, la fin de l’analyse bute sur quelque chose qui fait prendre du signe, impliqué dans la relation phallique, le (phallus) en tant qu’il fonctionne structurellement comme (-phallus) qui fait perdre cette forme en étant le corrélat essentiel de la satisfaction. Si à la fin de l’analyse freudienne, le patient quoiqu’il soit, mâle ou femelle, nous réclame le phallus que nous lui devons, c’est en fonction de quelque chose d’insuffisant par quoi la relation du désir à l’objet qui est fondamentale, n’est pas distinguée à chaque niveau de ce dont il s’agit comme manque constituant de la satisfaction. XVII. P.25, 15 Mai 1963.

13 — Nul phallus à demeure… avouer notre impuissance, notre limite, et le point où se brise la distinction de l’analyse finie à l’analyse indéfinie, je crois qu’il n’en est rien… XVII P.26, 15 Mai 1963.

— … « Il n’est pas sans objet », c’est au delà de ceci que se pose pour nous, la question de savoir où peut être franchi la barre du complexe de castration. C’est ce que nous aborderons la prochaine fois. XVII. P.32, 15 Mai 1963.

14 — Quel est véritablement ce rapport de l’angoisse à la castration, il ne suffit pas que nous le sachions, vécu comme tel, dans telle phase dite terminale ou non terminale de l’analyse pour que nous sachions ce que c’est. XIX.P.7 » 29 Mai I963

15 — ce que la femme nous demande à nous analystes, à la fin d’une analyse menée selon Freud, c’est un pénis sans doute, pénis-neid, mais pour faire mieux que l’homme. XIX P.23, 29 Mai 1963 »

16 — mais il est clair qu’il y a, ce n’est pas moi qui l’est énoncé, un problème de la fin de l’analyse, celui qui s’énonce ainsi : l’irréductibilité d’une névrose de transfert, cette névrose de transfert est ou n’est plus la même que celle qui était détectable au départ, assurément elle a cette différence d’être toute entière présente, elle nous apparait quelquefois en impasse, c’est à dire aboutit parfois à une parfaite stagnation des rapports de l’analysé à l’analyste. XXI.P7, 12 Juin 1963.

17 — à savoir si l’analyste doit être ou non athée, et si le sujet à la fin de l’analyse, peut considérer son analyse terminée s’il croit encore en Dieu. XXII P.34, 19 Juin 1963.

18 — l’existence donc de l’athée, au véritable sens, ne peut être conçue, en effet, qu’à la limite d’une ascèse dont il apparaît bien qu’elle ne peut être qu’une ascèse psychanalytique. XXII P.35 ».19 Juin 1963.

19 — que la jouissance ne soit pas de nature, pour nous promise au désir, que le désir ne peut faire que d’aller à sa rencontre, que pour la rencontrer, le désir ne doit pas seulement comprendre mais franchir le fantasme même qui le soutient et le construit. Ceci que nous avons découvert comme cette butée qui s’appelle angoisse de castration. XXIV P.16, 3 Juillet 1963.

20 — disons tout de suite en passant que dans la manie, c’est la non-fonction de « a » et non plus sa méconnaissance qui est en cause. C’est le quelque chose par quoi le sujet n’est pas lesté par aucun (a) qui le livre, quelquefois sans aucune possibilité de liberté, à la métonymie infinie et ludique pure de la chaine signifiante. XXIV P.26, 3 Juillet 1963.

1963-1964 — Livre XI — LES 4 CONCEPTS FONDAMENTAUX DE LA PSYCHANALYSE. Paris, Seuil  

1 — Ce que l’expérience analytique nous permet d’énoncer, c’est bien plutôt la fonction limitée du désir. Le désir, plus que tout autre point de l’empan humain, rencontre quelque part sa limite. P.32, 29 Janvier 1964.

2 — Mais je dirai que Freud s’adresse au sujet pour lui dire ceci, qui est nouveau - ici, dans le champ du rêve, tu es chez toi - Vo es war, soll Ich werden. IV P.45 » 5 Février 1964 »

3 — ….l’identification n’est qu’un temps d’arrêt, qu’une fausse terminaison de l’analyse, qui est très fréquemment confondue avec sa terminaison normale. XI. P.133, 22 Avril 1964.

4 — J’ai nommément pointé aujourd’hui des fausses définitions qu’on peut donner de sa terminaison, comme celle de Balint quand il parle de l’identification à l’analyste. XI P.134, 22 Avril 1964.

5 — Le sujet provient de son assujettissement synchronique dans ce champ de l’Autre. C’est pour cela qu’il lui faut en sortir, s’en sortir, et dans le « s’en sortir", à la fin, il saura que l’Autre réel a, tout autant que lui, à s’en sortir, à s’en dépatouiller. XV PI ?2, 20 Mai 1964.

6 — est-ce que nous n’avons plus d’inconscient après une analyse. XX P240, 24 Juin 1964.
7-11 serait tout de même singulier que ce sujet supposé savoir, supposé savoir quelque chose de vous, et qui, en fait, n’en sait rien, puisse être considéré comme liquidé, au moment où, à la fin d’une analyse justement sur vous au moins à en savoir un bout. C’est donc au moment où il prendrait le plus de consistance, que le sujet supposé savoir devrait être supposé vaporisé. XX. P. 241 » 24 Juin 1964.

8 — A définir la fin de l’analyse comme identification à l’analyste fait par la même l’aveu de ses limites. Toute analyse que l’on doctrine comme devant se terminer par l’identification à l’analyste révèle, du même coup, que son véritable moteur est élidé. Il y a un au delà à cette identification, et cet au delà est défini par le rapport et la distance de l’objet « a » au grand I idéalisant de l’identification. XX P. 244, 24 Juin 1964.

9 — Ce franchissement du plan de l’identification est possible. Tout un chacun de ceux qui ont vécu jusqu’au bout avec moi, dans l’analyse didactique l’expérience analytique, sait que ce que je dis est vrai. XX P. 245, 24 Juin 1964.

10 — C’est au delà de la fonction du « a » que la courbe se referme, là où elle n’est jamais dite, concernant l’issue de l’analyse, à savoir après le repérage du sujet par rapport au a, l’expérience du fantasme fondamental devient la pulsion. Que devient alors celui qui a passé par l’expérience de ce rapport opaque à l’origine de la pulsion. XX P. 245, 24 Juin 1964.

11 — Comment un sujet qui a traversé le fantasme fondamental peut-il vivre la pulsion ? Cela est l’au delà de l’analyse, et n’a jamais été abordé. Il n’est jusqu’à présent abordable qu’au niveau de l’analyste pour autant qu’il serait exigé de lui d’avoir précisément traversé dans sa totalité le cycle de l’expérience analytique. XX P. 246, 24 Juin 1964.

12— II n’y a qu’une psychanalyse, la psychanalyse didactique -ce qui veut dire une psychanalyse qui a bouclé cette boucle jusqu’à son terme. La boucle doit être parcourue plusieurs fois. XX P. 246, 24 Juin 1964.

IJ — C’est pour autant que le désir de l’analyste qui reste un x, tend dans le sens exactement contraire à l’identification que le franchissement du plan de l’identification est possible, par l’intermédiaire de la séparation du sujet dans l’expérience. L’expérience du sujet est ainsi ramenée au plan où peut se présentifier, de la réalité de l’inconscient, la pulsion. XX P. 246, 24 Juin 1964.

1964-1965 — Livre XII — PROBLÈMES CRUCIAUX POUR LA PSYCHANALYSE (non publié)  

1 — La question de la terminaison de l’analyse et du sens de cette terminaison n’est point à l’heure actuelle résolue, je l’évoque comme témoignage de ce que j’avance concernant ce que j’appelle ce repérage qui n’est point forcément repérage pensé. P.2, 5 Janvier 1965.

2 — Assurément, il est quelque chose qui reste de cette expérience assurée qu’elle est associée à ce que nous appellerons des effets de dénouement. Dénouement de choses chargées de sens et qui ne sauraient être dénouées par d’autres voies. I. P.2, 5 Janvier 1965.

3 — La fin de l’analyse est suspendue dans une alternative entre deux termes qui commandent, qui déterminent les identifications qui sont distinctes sans qu’on puisse les dire opposées, car ils ne sont pas du même ordre : l’idéal du moi, lieu de la fonction du trait unaire, de notre accrochage du sujet dans le champ de 1’autre….la question n’est pas de savoir si nous devons considérer que la fin de l’analyse peut se contenter d’une seule de ces dimensions que déterminent ces deux pôles, à savoir aboutir à la rectification de l’idéal du Moi. Est-ce une autre identifica¬tion du même ordre et nommément ce qu’on a appelle l’identification à l’analyste. V. P.5 » 3 Février 1965.

4 — La castration dans le vécu terminal d’une analyse de névrosé, ou d’une analyse féminine est à proprement parler impensable, si l’opération analytique n’est rien d’autre que cette expérience conjuguée de la demande, du transfert, au cours de quoi le sujet a à faire l’expérience de la faille qui le sépare de la reconnaissance, qu’il vit ailleurs que dans la réalité et que cette expérience de la béance c’est là tout ce qu’il y a à intégrer dans l’expérience analytique. VII P.9 » 9 Mars 1965.

5 — L’expérience analytique qui est faite pour nous mettre en évidence que le but est de se satisfaire de l’identification à l’analyste, ou au contraire de l’altérité, de le rejeter comme autre. Pathétique terminal de l’expérience analytique. VII P.13, 9 Mars 1965.

6 — II ne saurait y avoir d’analyse qui puisse d’aucune façon se dire achevée si ce n’est pas au niveau du sujet lui-même quand à une voie qui est précisément une voie qui franchit cette étape purement identificatoire. IX P.10, 17 Mars 1965 »

7 — Car ce que tu mets ici en jeu n’a rien à faire avec ce qu’*il en est pour l’issue d’une psychanalyse ordinaire. Et le terme de parfaitement analysé qu’on te fait mirer à l’issue de ta psycha¬nalyse qualifiée de didactique est aussi trompeur qu’insuffisante la définition des fins de cette analyse. XV P.2, 16 Juin 1965.

8 — Je ne débarrasserai pas l’Autre, ni de son savoir, ni de sa vérité, le terme de l’analyse s’il est ce que j’ai inscrit dans le S signifiant du $ barré, l’Autre, sait qu’il n’est rien. XV P.13, 16 Juin 1965.

1965-1966 — Livre XIII — L’OBJET DE LA PSYCHANALYSE (non publié)  

1966-1967 — Livre XIV — LA LOGIQUE DU FANTASME (non publié)  

1 - ….à la place du « je ne suis pas » ou le ça venir, le Je va être positionné en un « Je suis ça », ce qui nous rapproche de l’impératif : « WO ES VAR, SOLL ICH VERDEN » où Je n’est justement pas appelé à déloger le ça, mais si vous me permettez cette équivoque, à se loger dans sa loque, ou dans ce qui est la vérité de la structure, à se connoter au « a »…inversement, l’inconscient, dans son essence poétique de bedeutung, peut venir à la place du « Je ne pense pas » corrélatif du ça, pour nous révéler ce qui est frappé de je ne sais quelle caducité dans la pensée, à savoir l’incapacité de tout betentung à recouvrir ce qu’il en est du sexe. La différence des sexes ne se supporte en effet que de la bedeutung de quelque chose qui manque sous l’aspect du phallus. III P.18, II Janvier 1967.

1967-1968 — Livre XV — L’ACTE PSYCHANALYTIQUE (non publié)  

1 — Commencer d’être psychanalyste, tout le monde le sait, ça commence à la fin d’une psychanalyse. P. 14, 10 Janvier 1968.

2 — on est arrivé à la fin de sa psychanalyse une fois, et cet acte si difficile à saisir au commencement de chacune des psychanalyses que nous faisons, ça doit avoir un rapport avec cette fin une fois. V. P. 15, 10 Janvier 1968.

3 — Dans cette logique la fin de la psychanalyse suppose une certaine réalisation de l’opération- vérité, à savoir que si en effet ça doit constituer cette sorte de parcours, qui du sujet installé dans son faux-être, lui fait réaliser quelque chose d’une pensée qui compute le « Je ne suis pas », ça n’est pas sans retrouver comme il convient sous une forme croisée, inversée, sa place du vrai sous la forme du là où c’était, ou je ne suis pas qui se retrouve dans cet objet « a » dont nous avons beaucoup fait me semble- t-il pour vous donner le sens et la pratique, et d’autre part ce manque qui subsiste, au niveau du. Sujet naturel, du sujet de la connaissance, du faux-être du sujet, ce manque qui toujours se définit comme essence de l’homme et qui s’appelle le désir, mais qui à la fin d’une analyse se traduit en cette chose non seulement formulée, mais incarnée qui s’appelle la castration. V.P.I5, 10 Janvier 1968.

4 — il nous faut en général s’arrêter un temps pour s’apercevoir que l’on a passé sans le savoir. …il vaudrait mieux dire « passant » et même « pas sans le savoir », c’est à dire avec le savoir on l’a passé. V .P. 16, 10 Janvier 1968.

5 — Le terme de l’analyse consiste dans la chute du sujet supposé savoir et sa réduction à l’avènement de cet objet « a » comme cause de la division du sujet qui vient à sa place. V.P.I9, 10 Janvier 1968.

6 — celui qui fantasmatiquement avec le psychanalysant joue la partie au regard du sujet supposé savoir, à savoir l’analyste, c’est celui-là, l’analyste qui vient au terme de l’’analyse à
supporter de n’être plus rien que ce reste, ce reste de la chose chue, qui s’appelle l’objet « a ». L’analysant venu à la fin de l’analyse dans l’acte s’il en est un qui le porte à devenir psychanalyste, nous faut-il pas croire qu’il ne l’opère, ce passage, que dans l’acte qui remet à sa place le sujet supposé savoir. Nous voyons maintenant où est cette place, parce qu’elle peut être occupée, mais qu’elle n’est occupée qu’autant que ce sujet supposé savoir s’est réduit à ce terme que celui qui l’a jusque là garanti par son acte, à savoir le psychanalyste lui, le psychanalyste l’est devenu ce résidu, cet objet « a ». V P.19, 10 Janvier 1968.

7 — celui qui, à la fin d’une analyse didactique, relève, si je puis dire, le gant de cet acte, nous ne pouvons pas omettre que c’est sachant ce que son analyste est devenu dans l’accomplisse¬ment de cet acte, à savoir ce résidu, ce déchet, cette chose rejetée. A restaurer le sujet supposé savoir, à reprendre le flambeau de l’analyste lui-même. Il ne se peut pas qu’il s’installe plus à ne pas le toucher, là qu’il n’installe le petit « a » au niveau du sujet supposé savoir, de ce sujet supposé savoir qu’il ne peut que reprendre comme condition de tout acte analytique, lui sait à ce moment que j’ai appelé dans la passe, que là est le dés-être qui par lui le psychanalysant a frappé l’être de l’analyste. V.P.20, 10 Janvier 1968.

8 — J’ai dit sans le toucher, que c’est comme cela qu’il s’engage car ce desêtre, institué au point du sujet supposé savoir, lui le sujet, dans la passe, au moment de l’acte analytique, il n’en sait rien justement parce qu’il est devenu la vérité de ce savoir. V. P.20, 10 Janvier 1968.

9 — Cette incommensurabilité, ce rapport du « a », puisque c’est le petit a que j’ai repris non sans intention pour le symboliser sous le nombre d’or, du petit a au 1, voilà où se joue ce qui apparait comme réalisation subjective au bout de la tâche psychanalytique. VI. P.9 » 17 Janvier 1968.

10 — C’est là la fonction de l’analyste, de cet objet perdu d’où dans la genèse nous pouvons concevoir que s’origine toute la structure. Distinction : aliénation du petit « a » en tant qu’il vient ici et se sépare du -^f qui est à la fin de l’analyse est idéalement la réalisation du sujet. VI. P.12, 17 Janvier 1968.

11 — c’est au terme d’une psychanalyse supposée achevée que le psychanalysant peut devenir psychanalyste. VI. P.15, 17 JanvierI968.12 - Le tracé, le vecteur, l’opération de l’acte psychanalytique doit, ce sujet, le réduire à la fonction de l’objet « a » (à propos du sujet supposé savoir). C’est ce que dans l’analyse, celui qui l’a fondé dans un acte, à savoir son propre psychanalyste, est devenu. Il l’est devenu précisément en ceci qu’au terme il est conjoint avec ce qu’il n’était pas d’abord au départ, le sujet supposé savoir. Il le devient au terme de l’analyse. VII. P.5, 24 Janvier 1968.

1968-1969 — Livre XVI — D’UN AUTRE À l’autre. Paris, Seuil  

1 — Toute carrière d’homme engage quelque chose qui a dans la mort sa limite, et c’est seulement de ce point de vue que nous pouvons du chemin tracé par Freud, trouver le terme dans la question qu’il pose en fin d’analyse terminale : terminable ou interminable. X. P.1, 5 Février 1969. Ce qui ne fait que marquer le temps de la question que je rouvre en disant : est-ce que ce qui s’engage pour le sujet — du fait de la répétition comme origine — est lui-même un processus qui a sa limite ou pas ? X.P.1, 5 Février 1969.

2 — L’élaboration analytique….ceux qui sont sur un divan s’aper¬çoivent que ça consiste à revenir tout le temps sur le même truc, et il faut que ça dure pour arriver justement à ce que je vous ai expliqué à la minute, à la terminaison quand on va dans le bon sens naturellement. Là où on rencontre la limite. X. P.13, 5 Février 1969.

3 — Cet homme à qui cette femme s’adressait dans ce que je viens de dire, (« vous ne me tenez pas comme on tient une femme »), de le bien faire, on aime à croire que ça se produit à la fin d’une analyse. XIII P., 5 Mars 1969.

4 — c’est que dans l’analyse, du moins sous la forme où elle stagne, c’est l’analyste qui est l’hypnotisé, au terme l’analyste finit par devenir le regarder, la voix de son patient. XVII P.16, 23 Avril 1969.

5— c’est seulement au terme d’une psychanalyse qu’il faut que ce qui est….ce dont j’ai déjà dit qu’il faisait problème à la fin de la cure du petit Hans, s’il faut bien sûr que lui comme tout névrosé aboutisse à la fin, à la formule que pour devenir un homme « je n’ai juste le pénis à titre de symbole », « car c’est cela le complexe de castration », mais il faut observer que ceci peut se couper de deux façons : le « je n’ai pas le pénis » qui est précisément ce qu’on veut dire en disant qu’à la fin de l’analyse c’est la réalisation du complexe de castration. Ceci bien sûr, rejetant ailleurs cette fonction fille qui est celle pure et simple du pénis tel qu’il fonctionne, c’est à dire en dehors du registre symbolisé, mais ça peut se couper aussi autrement, à savoir « je n’ai pas à titre de symbole le pénis ». XX P.18, 14 Mai 1969.

6 — Celui qui fait que le fruit d’une analyse terminée j’ai pu l’année dernière désigner comme une vérité dont le sujet était alors incurable. XXII P.13, 4 Juin 1969.

1969-1970 — Livre XVII — L’ENVERS DE LA PSYCHANALYSE. Paris, Seuil  

1 — « Wo es war soll Ich werden » si l’analyste peut occuper cette place en haut à gauche qui détermine son discours, c’est justement de n’être absolument pas là pour lui-même, là où c’était « le plus de jouir », le jouir de l’Autre, c’est là où c’était que Moi, en tant que je vous professe l’acte psychanalytique, Je dois venir.
L’envers de la psychanalyse. Seuil, Paris. P. 14 — 14 Janvier 1970.

2 — qu’il y ait quelqu’un dont vous êtes occupé à propos de son angoisse qui veuille en venir à occuper cette même position, à savoir comment vous la tenez ou ne la tenez pas, ça sera l’objet de notre prochaine rencontre (p.12). Idem
20 Mai 1970.

1970-1971 — Livre XVIII — D’UN DISCOURS QUI NE SERAIT PAS DU SEMBLANT. Paris, Seuil  

1971-1972 — Livre XIX — …OU PIRE et LE SAVOIR DU PSYCHANALYSTE (non publié)  

1 — comment est- ce qu’un psychanalysant peut jamais avoir envie de devenir psychanalyste ? C’est impensable, ils y arrivent comme des billes dans un jeu de Trie-Trac, sans avoir la moindre idée de ce qui leur arrive. Quand ils y sont, là quelque chose s’éveille. IV P.15, 6 Janvier 1972.

2 — une analyse ne finit que quand quelqu’un peut dire, non pas « je te parle », ni « je parle de moi », mais « c’est de moi que je te parle ». VIII P.65, 9 Février 1972.

3 — Le psychanalyste sait donc ce que je dis. Ils le savent d’expérience, si peu qu’ils en aient, même si ça se réduit à la didactique, qui est l’exigence minimale pour qu’ils se disent psychanalystes ; car même si ce que j’ai appelé la passe est manqué, ça se réduira à ça, c’est à dire à la psychanalyse didactique.
La passe, c’est toujours dans Scilicet que ça traîne. C’est l’endroit indiqué. La passe est manquée : ils se sont offerts à l’expérience de la passe. C’est ce que je propose à ceux qui sont assez dévoués pour s’y exposer à seule fin d’information sur un point délicat. Ce qui s’affirme de la façon la plus sûre, c’est que c’est à-normal (objet ^-normal) que quelqu’un qui ait fait une psychanalyse veuille être psychanalyste. Il faut vraiment une sorte d’aberration qui vaut la peine d’être offerte à tout ce qu’on pouvait recueillir de témoignages. C’est en ça que j’ai institué, provisoirement, cet essai de recueil. Comment quelqu’un peut-il encore vouloir être analyste après savoir ce que c’est par la didactique ? XVI P.77, I Juin 1972.

4 — Dans les didactiques, on va jusqu’au bout, mais la psychanalyse est toujours didactique, même si c’est avec quelqu’un de bête - d’autant plus. C’est tout ce qu’on risque. XVI P.80, I Juin 1972.

5 — notre frère transfiguré, c’est cela qui nait de la conjuration analytique. XVIII P.164, 21 Juin 1972.

1972-1973 — Livre XX — ENCORE. Paris, Seuil  

1 — La mythologie est parvenue aussi à quelque chose dans le genre de la psychanalyse. Les Dieux, il y en avait à la pelle, des Dieux, il suffisait de trouver le bon, et ça faisait ce truc contingent qui fait que quelquefois après une analyse, nous aboutissons à ce qu’un chacun baise convenablement sa une chacune. C’étaient quand même des Dieux, c’est à dire des représentations un peu consistantes de l’Autre. Passons sur la faiblesse de l’opération analytique.
Encore. Seuil. Paris. P.104.

1973-1974 — Livre XXI — LES NON-DUPES-ERRENT (non publié)  

1 — Je recommence donc, parce que j’avais un pouvoir finir. C’est ce que j’appelle ailleurs la passe, je croyais que c’était passé, seulement cette créance, je croyais que c’était passé, m’a donné l’occasion de m’apercevoir de quelque chose, c’est même comme ça ce que j’appelle la passe, ça donne l’occasion de voir un certain relief. I.P.IO, 13 Novembre 1973.

2 — Y’a une chose que j’appelle la passe, qui se pratique dans mon école, uniquement parce que j’ai voulu tenter d’en avoir le témoignage, il faut que j’en sois où j’en suis aujourd’hui pour que je puisse savoir ce que ça voulait dire de se vouer à répondre à n’importe qui, à n’importe quoi, mais à répondre quoi ? III P.90, II Décembre 1973.

3 — l’être sexué ne s’autorise que de lui-même, c’est en ce sens qu’il a le choix. XI.P.53, 9 Avril 1974.

4 — …II ne s’autorise que de lui-même et j’ajouterai et de quelques autres. XI.P.57, 9 Avril 1974.

5 — dans mon école c’est ça qui équilibre mon dire, que l’analyste ne s’autorise que de lui-même, ça ne veut pas dire qu’il soit tout seul à décider, comme je vous l’ai fait remarquer pour l’être sexué. XI.P.82, 9 Avril 1974.

6 — si l’analyste s’autorise de lui-même, c’est quelque chose de tellement accablent d’y penser, si l’analyste est nommé a… être nommé à la béatitude est ce que ça ne peut pas faire rire. XI.P.98, 9 Avril 1974.

7 — On ne peut pas être nommé à la psychanalyse, ça ne veut pas dire que n’importe qui peut rentrer là dedans comme un rhinocéros dans la porcelaine. XI.P.105, 9 Avril 1974.

8 — Y’a du psychanalyste…ça ne veut pas pouvoir dire pour autant qu’il y a un psychanalyste, c’est une visée proprement hystérique de dire qu’il y en a au-moins-un. XI.P.117, 9 Avril 1974 »

9 — Le choix de l’analyste de l’être, ne peut que défendre ça, tout en s’autorisant que de lui-même il ne peut par là s’autoriser d’autres aussi. XI.P.134, 9 Avril 1974.

10- - cet objet petit « a », je dois le devenir, c’est ce que j’ai à faire advenir. XI.P.338, 9 Avril 1974.

11 — puis-je l’être….m’autoriser encore oui,….1’analyste je le desuis, l’objet « a » n’a pas d’être. XI.P.346, 9 Avril 1974.

1973-1974 — RSI (non publié)  

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[…] Il est étrange que ce soit de certains qui ne se trouvent pas encore à s’autoriser de l’analyse, mais qui en sont sur le chemin, que vienne cette résistance à ce pourquoi je les stimule, je les stimule en somme de rendre effective, effective quoi ? Dans un témoignage qu’ils apporteraient du point où ils en sont de rendre compte de cette passe, de rendre effective cette passe dont certains savent que j’essaie d’introduire dans mon Ecole, cette passe dans quoi ce dont il s’agit que chacun apporte sa pierre au discours analytique en témoignant comment on y entre. Il est étrange que parmi eux il y ait des analystes formés et à qui littéralement, je mendie leur aide, c’est ce que j’ai fait, s’y refuse de façon catégorique jusqu’à m’y opposer l’injure. I.P.64 »
R.S.I Leçon du 19 novembre 1974. (Non publiée.)

1975-1976 — Livre XXIII — LE SINTHOME. Paris, Seuil  

1976-1977 — Livre XXIV — L’INSU QUE SAIT DE L’UNE BÉVUE S’AILE A MOURRE (non publié)  

1 — trait unaire… .cette question a beaucoup d’intérêt parce qu’il résulterait de certains propos que la fin de l’analyse serait de s’identifier à l’analyste. Pour moi, je ne le pense pas, mais c’est bien ce que soutient Balint, et c’est très surprenant. A quoi donc s’identifie-t-on à la fin de l’analyse ? S’identifierait-on à son inconscient ? C’est ce que je ne crois pas, parce que l’inconscient reste- je ne dis pas éternellement parce qu’il n’y a aucune éternité - reste l’Autre….en quoi consiste ce repérage qu’est l’analyse ? Est-ce que ce serait, ou non s’identifier tout en prenant ses garanties d’une espèce de distance à son symptôme. ORNICAR I2-I .P.6, 16 Novembre 1976.

2 — Savoir y faire avec son symptôme, c’est là la fin de l’analyse, il faut reconnaître que c’est court. I.P.7, 16 Novembre 1976.

3 — C’est en quoi l’usage de la coupure pour rapport au symbolique risque de provoquer, à la fin d’une psychanalyse, une préférence donnée en tout à l’inconscient. II ORNICAR 12. P.15 » 14 Décembre 1976.

4 — Expérimenter une psychanalyse marque un passage, à condition que mon analyse de l’inconscient en tant que fondant la fonction
du symbolique soit complètement recevable. II. P.15, 14 Décembre 1976.

5 — A.D.W. : se substitut à Bozeff il se sent dans la Passe, et c’est assez curieux qu’il ait dans cet écrit trouvé l’appel qui a répondu pour moi, m’a fait répondre par la Passe. VII.non publié, 15 Février 1977.

6 — comment reconnaitrions-nous dans le noir que c’est un nœud Borroméen, c’est de cela qu’il s’agit dans la Passe. « Je sais qu’il sait » - qu’est ce que ça peut vouloir dire sinon d’objectiver 1’inconscient….mais 1’objectivation nécessite un redoublement. Je crois qu’il sait que je sais qu’il sait….VII.non publié. 204, 15 Février 1977.

7 — La Passe dont il s’agit, je l’ai envisagée que d’une façon tâtonnante, comme quelque chose qui ne veut rien dire que de se reconnaître entre « soir », à condition que nous y insérions un a.v.après ma première lettre, c’est à dire reconnaître un savoir. VII. non publié. 224, 15 Février 1977.

8 — C’est divinatoire que A.D.W. ait pu relier ce que j’appelle la passe avec la lettre volée, il y a sûrement quelque chose qui tient le coup, qui consiste avec l’introduction de Bozeff. VII. non publié. 240, 15 Février 1977.

1977-1978 — Livre XXV — LE MOMENT DE CONCLURE (non publié)  

1 — « Sujet sur la Passe congrès de Deauville » ; quelqu’un en attendait quelques lumières sur la fin de l’analyse. La fin de l’analyse on peut la définir, la fin de l’analyse, c’est quand on a deux fois tourné en rond, c’est à dire retrouvé ce dont on est prisonnier, recommencer deux fois le tournage en rond, c’est, c’est pas certain que ce soit nécessaire, il suffit qu’on voit ce dont on est captif, et l’inconscient c’est ça. C’est la face du réel….c’est la face du réel de ce dont on est empêtré. IV. non publié. 10, 10 Janvier 1978.

2 — L’analyse ne consiste pas à ce qu’on soit libéré de ses sinthomes, l’analyse consiste à ce qu’on sache pourquoi on en est empêtré, … .ça c’est produit du fait qu’il y a le symbolique -Le symbolique c’est le langage, on apprend à parler et ça laisse des traces. IV. Non publié, 10 Janvier 1978 »

3 — dans cette histoire de la passe, je suis conduit puisque la passe c’est moi comme on dit qui l’ait produite dans mon Ecole, dans l’espoir de savoir ce qui pouvait bien surgir dans ce qu’on appelle l’esprit d’un analysant pour recevoir des gens qui viennent lui demander une analyse. 9a pourrait peut être se faire par écrit. IV. non publié 95, 10 Janvier 1978.

4 — Passer par écrit ça a peut être une chance de passer un peu plus près d’atteindre le réel. ( … .l’ennuyeux c’est que ces écrits on ne les lira pas). IV. non publié 97 » 10 Janvier 1978.

5 — J’ai suggéré dans mon École que des passeurs pouvaient être nommés par quelqu’un. IV. non publié 99-100, 10 Janvier 1978.

1978-1979 — Livre XXVI — LA TOPOLOGIE ET LE TEMPS (non publié)  

1979-1980 — Livre XXVII — LA DISSOLUTION  

1 — Auquel des élus de mon Jury d’agrément aurais-je conseillé de voter pour lui-même si d’aventure il s’y était, au titre de Passant aujourd’hui présenté ? P.II - Ornicar ? 20-21,15 Janvier I960.

2 —.Ma passe les saisit-elle trop tard que je n’en aie rien qui vaille ? Où est-ce d’en avoir confié le soin à qui témoigne n’avoir rien aperçu de la structure qui la motive ? (Lettre publiée dans le Monde le 26 Février 1980).
Ornicar 20-21. P. 13.

3 — Quelqu’un d’autre s’inquiète de ce que ça veut dire précisément d’être un A.E. à la hauteur. C’est un A.E. qui me le demande. Eh bien, qu’il relise ma Proposition d’octobre I9&7• H verra que cela comporte au moins qu’on l’ouvre.
Ornicar 20-21. P.19. 18 mars I980.

Ce séminaire a une place particulière dans l’enseignement de Lacan. Après sa Lettre de dissolution de son École Lacan lui donne une suite en lisant son texte à chaque nouvelle leçon. Ce séminaire serait le XXVIIe de la série, mais il ne figure dans la liste des publications du Séminaire au Seuil.

SCILICET  

1 — … à ouvrir certains points de pratique qui sont ceux-là précisément que l’organisation même de la psychanalyse aujourd’hui est faite pour rendre intouchables : à savoir ce que la psychanalyse didactique peut se proposer comme fin. Introduction à Scilicet I .P.8.

2 — Proposition du 9 Octobre 1967 sur le psychanalyste de l’Ecole. Scilicet I. P.14 » en son entier. 1re. Version publiée dans Analytica.

3 — Irai-je à rappeler à ceux qui en savent quelque chose, l’irréductibilité de ce qui en reste à la fin de la Psychanalyse, et que Freud a pointé (dans analyse finie et indéfinie) sous les termes de la castration, voire de l’envie du pénis.
Scilicet I. P.40. La méprise du sujet supposé savoir.

4 — Pour revenir à nos moutons, la tâche, c’est la psychanalyse. L’acte, c’est ce pourquoi le psychanalyste se commet à en répondre. On sait qu’il est admis que la tâche d’une psychanalyse l’y prépare : ce pourquoi elle est qualifiée de didactique. Comment de l’une à l’autre passerait-on, si la fin de l’une ne tenait pas à la mise au point d’un désir poussant à l’autre. Scilicet I. P.47 » Raison d’un échec.

5 — discours à l’E.F.P. Scilicet II.P.9.

6 — Principes concernant l’accession au titre de psychanalyste dans l’E.F.P. : Proposition A. Scilicet II.P.JO.

7 — C’est que passants ne sont ni psychanalysants, ni psychanalysés puisque c’est entre les deux que ça passe, sauf à ce que rien ne soit passé. Scilicet II. P.39. Clôture du congrès de l’E.P.P., 19 Avril 1970.

8 — Disons pourtant la fin de l’analyse du tare névrotique, l’objet a à choir du trou de la bande s’en projette après coup dans ce que nous appellerons, d’abus imaginaire, le trou central du tare, soit autour de quoi le transfini impair de la demande se résout du double tour de l’interprétation. Cela, c’est ce dont le psychanalyste a pris fonction à le situer de son semblant. L’analysant, ne termine qu’à faire de l’objet (a) le représentant de la représentation de son analyste. C’est donc autant que son deuil dure de l’objet (a) auquel il l’a enfin réduit, que le psychanalyste persiste à causer son désir : plutôt maniaco-dégressivement. C’est l’état d’exultation que Balint, à le prendre à côté, n’en décrit pas moins bien : plus d’un « Succès thérapeutique » trouve là sa raison, et substantielle éventuellement. Puis le deuil s’achève. Reste le stable de la mise à plat du phallus, soit de la bande où l’analyse trouve sa fin, celle qui assure son sujet supposé du savoir. Scilicet IV.P.44 » L’Etourdit.

9 — Je peux seulement témoigner de ce que ma pratique me fournit. Une analyse n’a pas à être poussée trop loin. Quand l’analysant pense qu’il est heureux de vivre, c’est assez. Scilicet VI.P.15. Conférence aux U.S.A.

10 — J’aimerais avoir une idée de ce qui correspond ici à ce que j’ai institué dans mon Ecole et que j’appelle « la passe ». Scilicet VI.P.15. Conférences aux U.S.A.

11 — La question à laquelle je suis arrivé : qui est capable d’être un analyste ? a conduit un certain nombre de mon entourage à me quitter (cela à la suite de la mise en place d’une enquête : comment quelqu’un, après une expérience analytique, pouvait-il se mettre en situation d’être analyste. Scilicet VI.P.5. Conférence aux U.S.

ÉCRITS. Paris, Seuil  

1 — Dans le recours que nous préservons du sujet au sujet, la psychanalyse peut accompagner le patient jusqu’à la limite extatique du « Tu es cela » où se révèle à lui le chiffre de sa destinée mortelle, mais il n’est pas en notre seul pouvoir de praticien de l’amener à ce moment où commence le véritable voyage. (Le stade du miroir. P.IOO).

2 — Chacun sent que l’excès de tension agressive ferait un tel obstacle à la manifestation du transfert que son effet utile ne pourrait se produire qu’avec la plus grande lenteur, et c’est ce qui arrive dans certaines analyses à fin didactiques. L’imaginerons-nous, à la limite, vécue sous le mode d’étrangeté propres aux appréhensions du double, cette situation déclencherait une angoisse immaitrisable. (L’agressivité en psychanalyse. P. 109.)

3 — sur la didactique. (Du sujet enfin en question. P. 229 à 236.)

4 — Importance du contre- transfert et corrélativement, de la formation du psychanalyste. Ici, l’accent est venu des embarras de la terminaison de la cure, qui rejoignent ceux du moment où la psychanalyse didactique s’achève dans l’introduction du candidat à la pratique. (Ponction et champ de la parole et du langage. P. 2 43. )

5 — une psychanalyse va normalement à son terme sans nous livrer que peu de chose de ce que notre patient tient en propre de sa sensibilité aux coups et aux couleurs, de la promptitude de ses prises ou des points faibles de sa chair, de son pouvoir de retenir ou d’inventer, voire de la vivacité de ses goûts. (Fonction et champ de la parole et du langage. P. 266.)

6 — le temps joue son rôle dans la technique sous plusieurs incidences. Il se présente dans la durée totale de l’analyse d’abord, et implique le sens à donner au terme de l’analyse, qui est la question préalable à celle des signes de sa fin. Nous toucherons au problème de la fixation de son terme. Mais d’ores et déjà il est clair que cette durée ne peut être anticipée pour le sujet que comme indéfinie. …. (Idem. P.3IO).
….La fixation anticipée d’un terme, première forme d’intervention active, inaugurée (proh pudor !) par Freud lui-même, quelque soit la sûreté divinatoire (au sens propre du terme) dont puisse faire preuve l’analyste à suivre son exemple, laissera toujours le sujet dans l’aliénation de sa vérité. (idem.P.JIl).

7 — la question de la terminaison de l’analyse est celle du moment où la satisfaction du sujet trouve à se réaliser dans la satisfaction de chacun. … .La fin de l’analyse didactique elle-même n’étant pas séparable de l’engagement du sujet dans sa pratique. (Idem. P.32l). Qu’y renonce donc plutôt celui qui ne peut rejoindre à son horizon la subjectivité de son époque. Car comment pourrait-il faire de son être l’axe de tant de vies, celui qui ne saurait rien de la dialectique qui l’engage avec ces vies dans un mouvement symbolique. (Idem. P.32l).

8 — Reste qu’un théoricien, opinant en la délicate question de la terminaison de l’analyse se pose crûment qu’elle implique l’identification du sujet avec le Moi de l’analyste en tant que ce Moi l’analyse. (Variante de la cure-type. P. 338).

9 — On reconnaîtra là la formule par où nous introduisions dans les débuts de notre enseignement ce dont il s’agit ici. Le sujet, disions-nous, commence l’analyse en parlant de lui sans vous parler à vous, sans parler de lui. Quand il pourra vous parler de lui, l’analyse sera terminée, (introduction au commentaire de Jean Hyppolite. P. 373.)

10 — commentaire et analyse linguistique du :
WO ES VAR SOLL ICH WERDEN. (La chose Freudienne. P. 416,417 » 418).

11 — (à propos de la théorie du moi autonome et de la partie saine du moi). Ce que confirme l’aveu courant chez des auteurs graves que la fin de l’analyse est obtenue avec l’identification
au Moi de l’analyste, (idem. P.425.)

12 — « Après tant d’années d’analyse, mon patient ne pouvait pas me sentir, un jour enfin mon insistance non moins patiente en vint à bout : il perçut mon odeur. La guérison était là. » (La situation de la psychanalyse en I956« ï>« 465« )

13 — et il y a bien quelque raison pour que ce soit dans le cercle des didacticiens que la théorie qui fait de l’identification au moi de l’analyste la fin de l’analyse, ait vu le jour. (Idem. P.476)

14 — c’est dans les cercles des didacticiens que s’est avouée et se professe la théorie qui donne pour fin à l’analyse l’identifi¬cation au Moi de l’analyste. (Situation de la psychanalyse en 1956. Annexe P.487).

15 — La fin que propose à l’homme la découverte de Freud, a été définie par lui à l’apogée de sa pensée en des termes émouvants : Vo es war, soll Ich werden. Là où fut ça, il me faut advenir. Cette fin est de réintégration et d’accord, je dirai de réconciliation (versöhnung). (L’instance de la lettre dans l’inconscient. P.524).

16 — Pour retourner contre l’esprit d’une société un terme au prix duquel on peut l’apprécier, quand la sentence de Freud s’égale aux présocratiques : wo es war, soll Ich werden, s’y traduit tout unanimement à l’usage français par : Le moi doit déloger le ça. (La direction de la cure et les principes de son pouvoir. P.585.

17 — Voilà ce qui est promis à ceux qui « à la fin d’une analyse réussie….s’aperçoivent de l’énorme différence de ce qu’ils croyaient autrefois être la joie sexuelle, et de ce qu’ils éprouvent maintenant… ». (Idem. P.606).

18 — Introjection chez Ferenczi, identification au surmoi de l’analyste chez Strachey, transe narcissique terminale chez Balint. (Idem. P.607).

19 — Nous avons déjà fait référence aux trouvailles de telle analyse sauvage dont ce fut notre étonnement douloureux qu’aucun contrôle ne se fut alarmé. Pouvoir sentir son analyste, apparut dans un travail une réalisation à prendre à la lettre, pour y marquer l’heureuse issue du transfert, (idem. P.609).

20 — (Ferenczi). Cet auteur n’en vient-il pas à l’extrême d’articuler que l’achèvement de lacune ne puisse être atteint que dans l’aveu fait par le médecin au malade du délaissement dont lui-même est en position de souffrir, (idem. P.613).

21 — C’est encore par des anglais que la fin de l’analyse a été le plus catégoriquement définie par l’identification du sujet à l’analyste, (idem. P.614).

22 — C’est bien dans le rapport à l’être que l’analyste à prendre son niveau opératoire, et les chances que lui offre à cette fin l’analyse didactique ne sont pas seulement à calculer en fonction du problème supposé déjà résolu pour l’analyste qui l’y guide, (idem. P.6I6).

23 — On conçoit une théorie de l’analyse qui, à l1encontre de l’articulation délicate de l’analyse de Freud, réduit à la peur le ressort des symptômes. Elle engendre une pratique où s’imprime ce que j’ai appelé ailleurs la figure obscène et féroce du Surmoi, où il nly a pas d’autre issue à la névrose de transfert que de faire asseoir le malade pour lui montrer par la fenêtre les aspects riants de la nature en lui disant : « allez-y, maintenant vous êtes un enfant sage », (idem .P.6I9).

24 — La fonction de ce signifiant comme tel dans la quête du désir, est bien, comme Freud l’a repéré, la clef de ce qu’il faut savoir pour terminer ses analyses : et aucun artifice n’y suppléera pour obtenir cette fin. (Idem. P.630).

25 — Qui ne sait pas pousser ses analyses didactiques jusqu’à ce virage où s’avère avec tremblement que toutes les demandes qui se sont articulées dans l’analyse, et plus que toute autre celle qui fut à son principe, de devenir analyste, et qui vient alors à échéance, n’étaient que transferts destinés à maintenir en place un désir instable ou douteux en sa problématique. Celui-là ne sait rien de ce qu’il faut obtenir du sujet pour qu’il puisse assurer la direction d’une analyse, ou seulement y faire une interprétation à bon escient, (idem. P.636).

26 — Où se confirme que les effets de dépersonnalisation constatés dans l’analyse sous des aspects diversement discrets, doivent être considérés moins comme signe de limite que comme signes de franchissement. (Remarque sur le rapport de Daniel Lagache. P.680)

27 — ce qu’il image ainsi est le même état que Michaël Balint décrit comme l’effusion narcissique où il signale à son gré la fin de l’analyse, (idem. P.68I).

28 — Car même si s’en est le terme, ce n’est pas à la fin de l’analyse, et même si l’on y voit la fin des moyens que l’analyse a employé, ce ne sont pas les moyens de sa fin. (Idem. P.68I).

29 — La fonction 0 du signifiant perdu, à quoi le sujet sacrifie son phallus, la forme 0(barré) (a) du désir mâle ; Grand A barré (phallus) du désir de la femme nous mènent à cette fin de l’analyse dont Freud nous a légué dans la castration l’appris, (idem. P.683).

30 — On sait que Freud dans le malaise de la civilisation a été jusqu’à suggérer u dérangement non pas contingent, mais essentiel de la sexualité humaine et qu’un de ses derniers articles porte sur l’irréductibilité à toute analyse finie (endliche) des séquelles qui résultent du complexe de castration dans l’inconscient masculin, du pénis-neid dans l’inconscient de la femme. (La signification du phallus. P.685).

31 — WO ES VAR, SOLL ICH WERDEN (commentaire). (Subversion du sujet et dialectique du désir. P.301).

32 — Sur le fantasme ainsi posé, le graphe inscrit que le désir se règle, homologue à ce qu’il en est du moi au regard de l’image du corps, à ceci près qu’il marque encore l’inversion des méconnaissances où se fondent respectivement l’un et l’autre. Ainsi-se ferme la voie imaginaire par où je dois dans l’analyse advenir, là où c’était l’inconscient, (idem. P.8I6).

33 — Ce que le névrosé ne veut pas, et ce qu’il refuse avec acharnement jusqu’à la fin de l’analyse, c’est de sacrifier sa castration à la jouissance de l’Autre en l’y laissant servir, (idem. P.826).

34 — ….pour substituer au ton présocratique du précepte de Freud : Wo es war, soll Ich werden, le couac du : le moi (de l’analyste sans doute) doit déloger le ça (bien entendu du patient). (Position de l’inconscient. P.842).

35— alors quelle est la fin de l’analyse au delà de la thérapeutique ? Impossible de ne pas l’en distinguer quand il s’agit de faire un analyste, (du Ich de Freud. P.854) »

36 — WO ES WAR, SOLL ICH WERDEN
… Le dois-je de la formule freudienne, qui, d’ne renverser le sens, fait jaillir le paradoxe d’un impératif qui me presse d’assumer ma propre causalité. (La science et la vérité. P.864-865).

INTERVENTIONS ET PETITS ÉCRITS.

CONGRÈS DE L’EFP à LA-GRANDE-MOTTE. 1973  

— Je voulais ne rien rompre de cette merveilleuse organisation, et j’avais dit que je parlerais ce matin à neuf heures et demie. On m’a expliqué pourquoi ce serait mieux maintenant, alors c’est maintenant que je le fais, et pour contribuer simplement, car je ne vais pas parler de ce qui était hier en jeu, de la passe, de cet éclair de la passe auquel je tiens tant pour éclairer précisément ce qu’il en est d’un certain moment qui est le moment où on se décide, où on verse, où on entre dans le discours analytique.
Vous savez, quand j’ai cogité ça, c’était en 1967 pendant les vacances, j’étais en Italie ; je suis rentré et tout en faisant cette chose qui s’appelle la Proposition, je me disais : « Mais quelle mouche te pique ; ça va provoquer Dieu sait quoi ! ». Et je me demandais pourquoi je la faisais en octobre 1967. J’aurais pu plus la mijoter, cette proposition, la mûrir, attendre. Pourquoi est-ce que je l’ai faite tout de suite ? Je savais d’avance que ça allait provoquer des catastrophes, des catastrophes comme toutes les catastrophes, des catastrophes dont on se relève. Moi, vous savez, les catastrophes, ça ne m’impressionne pas… Mais quand même, à quoi bon faire tout d’un coup cette accumulation d’électricité ?

— C’est précisément dans le but d’isoler ce qu’il en est du discours analytique, que j’ai fait cette proposition. J’ai fait cette proposition parce que le fait de la délégation, par reconnaissance commune, d’une autorité, pourquoi ne pas dire d’un pouvoir, me (paraissait pouvoir devenir plus conforme à ce qu’il devrait en être d’un véritable recrutement si l’on instaurait ce mode d’enquête qu’est la passe. La passe en effet permet à quelqu’un qui pense qu’il peut être analyste, à quelqu’un qui est près de s’y autoriser, si même il ne s’y est pas déjà autorisé lui-même, de communiquer ce qui l’a fait se décider, ce qui l’a fait s’autoriser ainsi, et s’engager dans un discours dont il n’est certainement pas facile d’être le support, il me semble.
Qu’est-ce qu’il en est résulté ? Il en est résulté, puisque ma proposition a pris cette forme, que c’est bien en effet le jury d’agrément qui a eu, en s’agrégeant ce nouveau membre, à faire changer de sens le terme : ANALYSTE DE L’ECOLE. Le mode sous lequel étaient appréciés les individus sélectionnés, pourquoi pas le dire, m’avait toujours semblé participer beaucoup plus de ces lois de la concurrence qui font que la plupart des groupes humains fonctionnent. J’ai désiré un autre mode de recrutement, et c’est la passe ; elle était dans mon idée le premier pas d’un recrutement d’un style différent. D’un autre ordre très précisément modelé sur ce que j’avais pensé alors, et qui spécifiait le discours analytique. Idem.

— L’important en ceci c’est que nous avons mis en place une expérience radicalement nouvelle, car la passe ça n’a rien à faire avec l’analyse, et ce qui manque, dans cette réunion, parce qu’après tout, du jury d’agrément, et c’est bien compréhensible étant donné le recrutement jusqu’à présent, il ne peut vous venir que des témoignages de perplexité et d’embarras, mais ce qui est certain c’est qu’il y a au moins certains des passants qui ne pourront jamais oublier ce qu’a été pour eux qui étaient, disons en principe en fin d’analyse, ce qu’a été pour eux cette expérience de la passe.
Si je voulais en parler, je dirais d’un mot que j’emprunterais à ce que j’ai entendu, dans une de ces salles, je regrette de ne pas pouvoir en faire hommage à la personne qui l’a dit, une personne a dit que la passe c’était quelque chose comme l’éclair. Idem.

Intervention de Jacques Lacan. Congrès de l’EFP à la Grande Motte.
2 nov. 1973. Parue dans les Lettres nov. 1973 de l’École Freudienne, 1975, n° 15, pp. 69-80.

NOTE ITALIENNE. Autres Écrits paris seuil  

Lettre de Lacan dite « note italienne » Avril 1974.In Autres Écrits, pp 307-311.Paris Seuil. 2001.

— Tel qu’il se présente, le groupe italien a ça pour lui qu’il est tripode. Ça peut suffire à faire qu’on s’assoie dessus.
Pour faire le siège du discours psychanalytique, il est temps de le mettre à l’essai : l’usage tranchera de son équilibre.
Qu’il pense – « avec ses pieds » – c’est ce qui est à la portée de l’être parlant dès qu’il vagit.
Encore fera-t-on bien de tenir pour établi, au point présent, que voix pour-ou-contre est ce qui décide de la prépondérance de la pensée si les pieds marquent temps de discorde.
Je leur suggère de partir de ce dont j’ai dû faire refonte d’un autre groupe, nommément l’E.F.P.
L’analyste dit de l’École, A.E., désormais s’y recrute de se soumettre à l’épreuve dite de la passe à quoi cependant rien ne l’oblige, puisqu’aussi bien l’École en délègue certains qui ne s’y offrent pas, au titre d’analyste membre de l’École, A.M.E.
Le groupe italien, s’il veut m’entendre, s’en tiendra à nommer ceux qui y postuleront leur entrée sur le principe de la passe prenant le risque qu’il n’y en ait pas.
Ce principe est le suivant, que j’ai dit en ces termes.
L’analyste ne s’autorise que de lui-même, cela va de soi. Peu lui chaut d’une garantie que mon École lui donne sans doute sous le chiffre ironique de l’A.M.E. Ce n’est pas avec cela qu’il opère. Le groupe italien n’est pas en état de fournir cette garantie.
Ce à quoi il a à veiller, c’est qu’à s’autoriser de lui-même il n’y ait que de l’analyste.
Car ma thèse, inaugurante de rompre avec la pratique par quoi de prétendues Sociétés font de l’analyse une agrégation, n’implique pas pour autant que n’importe qui soit analyste.
Car en ce qu’elle énonce, c’est de l’analyste qu’il s’agit. Elle suppose qu’il y en ait.
S’autoriser n’est pas s’auto-ri(tuali)ser.

— L’analyste, s’il se vanne du rebut que j’ai dit, c’est bien d’avoir un aperçu de ce que l’humanité se situe du bon heur (c’est où elle baigne : pour elle n’y a que bon heur), et c’est en quoi il doit avoir cerné la cause de son horreur de sa propre, à lui, détachée de celle de tous, horreur de savoir.
Dès lors il sait être un rebut. C’est ce que l’analyse a dû lui faire au moins sentir. S’il n’en est pas porté à l’enthousiasme, il peut bien y avoir eu analyse, mais d’analyste aucune chance. C’est ce que ma « passe », de fraîche date, illustre souvent : assez pour que les passeurs s’y déshonorent à laisser la chose incertaine, faute de quoi le cas tombe sous le coup d’une déclinaison polie de sa candidature. Idem.

NOTE SUR LE CHOIX DES PASSEURS  

Lettre adressée par Lacan aux A.M.E de l’École Freudienne de Paris Parue dans Analyse freudienne presse, 1993, n° 4, p. 42.

Il ne suffit pas qu’un analyste croie avoir obtenu la fin d’une analyse, pour que, de l’analysant arrivé à ce terme, lui, pour l’avoir élaboré, fasse un passeur.
La fin d’une analyse peut n’avoir fait qu’un fonctionnaire du discours analytique. C’est maintenant souvent le cas.
Le fonctionnaire n’est pas pour autant indigne de la passe, où il témoignerait de ses premiers pas dans la fonction : c’est ce que j’essaie de recueillir.
Pour le recueillir d’un autre, il y faut autre dit-mension : celle qui comporte de savoir que l’analyse, de la plainte, ne fait qu’utiliser la vérité.
Avant de s’engager là-dedans la tête la première, témoignera-t-il que c’est au service d’un désir de savoir ?
N’importe qui ne saurait en interroger l’autre, même à en être lui-même saisi.
Il entre peut-être dans sa fonction sans reconnaître ce qui l’y porte.
Un risque : c’est que ce savoir, il lui faudra le construire avec son inconscient c’est-à-dire le savoir qu’il a trouvé, crû dans son propre, et qui ne convient peut-être pas au repérage d’autres savoirs.
De là parfois le soupçon qui vient au sujet à ce moment, que sa propre vérité, peut-être dans l’analyse, la sienne, n’est pas venue à la barre.
Il faut un passeur pour entendre ça.

ASSISES DE L’EFP. DEAUVILLE 1978  

Il n’y a pas besoin d’être A.E. pour être passeur.
C’est une idée folle de dire qu’il n’y a que les A.E. qui pouvaient désigner les passeurs.
C’est en quelque sorte une garantie ; je me suis dit que quand même, les A.E. devaient savoir ce qu’ils faisaient.
La seule chose importante, c’est le passant, et le passant, c’est la question que je pose, à savoir qu’est-ce qui peut venir dans la boule de quelqu’un pour s’autoriser d’être analyste ?
J’ai voulu avoir des témoignages, naturellement je n’en ai eu aucun, des témoignages de comment ça se produisait.
Bien entendu c’est un échec complet, cette passe.
Mais il faut dire que pour se constituer comme analyste il faut être drôlement mordu ; mordu par Freud principalement, c’est-à-dire croire à cette chose absolument folle qu’on appelle l’inconscient et que j’ai essayé de traduire par le « sujet supposé savoir. »

Assises de l’École freudienne de Paris : « L’expérience de la passe », Deauville. Parue dans les Lettres de l’École, 1978, n° 23, pp. 180-181.

PRÉFACE à l’édition anglaise du séminaire XI  

17 mai 1976. In Autres Écrits. Pp 571-573.

On lira avec profit en filigrane une nouvelle conception de la passe et de la fin de la cure chez Lacan. On doit ce repérage à Collette Soler qui la nomme « Passe au réel ».

LA DISSOLUTION. 1979-1980  

La passe produira l’AE nouveau – toujours nouveau de l’être pour le temps de témoigner dans 1’École, soit trois ans.
Car mieux vaut qu’il passe, cet AE, avant que d’aller droit s’encastrer dans la caste.

Lettre de Lacan du 20 octobre 1980.


Commentaires  forum ferme

C’est ce que l’analyse a dû lui faire au moins sentir
mardi 29 mai 2012 à 16h00 - par  Michel Sauval

Cher Patrick

Vous reproduisez un fragment de la « note italienne » ou on lit : « Dès lors il sait être un rebut. C’est ce que l’analyse a dû lui faire au moins sentir ». Vous indiquez que cela se trouverait dans « Autres écrits ».
Mais a la page 309 des « Autres écrits », l’édition Seuil modifie ce fragment et remplace « analyse » para …. « analyste » !!!!
ça change bougrement la chose.

La premiére édition de la « note italienne » sous control de JAM c’est Ornicar ? no 25 et le no9 de la lettre de l’ECF. Cette denière est disponible sur le sit de l’elp (pas-tout lacan). On y lit « analyse ».
Je n’ai pas à main le numéro 25 d’Ornicar ? pour vérifier.
Mais dan « Lacan en Italie », le volume bilingue editer par Contri c’est aussi « analyse ».

Pour ceux qui lisent en espagnol, voir
www.sauval.com/articulos/afecto2.htm

mercredi 26 novembre 2014 à 17h52 - par  kimlpe

brQaIH dmrpxuawfdsn, [url=http://bksipfabyjhj.com/]bksipfabyjhj[/url], [link=http://unxekqgrjgiu.com/]unxekqgrjgiu[/link], http://lxyterqzocab.com/

jeudi 31 mai 2012 à 14h38 - par  Michel Sauval

Le « tuile » au lieu de « taille » a été traité comme « erreur » dans les traductions au portuguais (Outros escritos) et à l’espagnol (Otros escritos). C’est a dire, les traducteurs ont pris « taille » (« calibre » pour l’espagnol).Mais le remplacement de « analyste » au lieu de « analyse » n’a pas été corrigé dans ces traductions. Tant en portuguais comme en espagnol, là aussi « analyse » a été remplacé par « analyste ». Donc, ce n’est pas une « fe de errata », sinon d’une modification a conscience de la lettre de Lacan.
Cordialement

Logo de Michel Sauval
mercredi 30 mai 2012 à 19h56 - par  P. Valas

Mes thésaurus, je les faisais avec les versions sténo de l’époque, et pour cette note avec la lettre traduite directement de l’italien. Il a fallu pour la personne qui a dactylographié mon texte, mettre de paginations qui correspondent à celles des textes accessibles à tous aujourd’hui. Oui il s’agit bien de « l’analyse », la sienne à l’analysant, pas de l’analyste. Il y a aussi une autre faute, encore plus grosse à la fin de la page 311 des A.E, dans le même texte. Miller à écrit : « Trouvez-moi un analyste de cette TUILE », là où Lacan écrivait : « Trouvez-moi un analyste de cette TAILLE ». cqfd, :-)))))

La Passe et la fin de la cure dans les séminaires et les Écrits de Lacan
mardi 24 janvier 2012 à 18h39 - par  Antonio

Ce travail est délicieux par sa rigueur et son hauteur. Merci infiniment de pratiquer cette qualité et de la partager.

Site web : Antonio
La Passe et la fin de la cure dans les séminaires et les écrits de Lacan
samedi 1er août 2009 à 18h57 - par  la quand

ce texte est une merveille de synthese lacan incommensurable merci