Daniel Pendanx, Revenir sur le dit « intérêt de l’enfant ».

« L’intérêt de l’enfant, c’est une notion magique ». J. Carbonnier

Document du mercredi 19 juin 2019

par  P. Valas

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L’Association Française de Psychiatrie ayant cru devoir organiser ce 14 juin 2019 un colloque pour le 30e anniversaire de la Convention Internationale du Droit de l’Enfant, j’ai lu l’argument et les thèmes de cette journée, véritable foire aux discours, me demandant ce qui pourra bien ressortir de l’ultime table ronde sur cette problématique, si communément négligée ou méprisée, de l’identité juridique de l’enfant.
À ce questionnement sur la constitution symbolique (juridique et institutionnelle) de l’enfant, qui touche à mon sens à l’essentiel, étaient conviés à débattre J.P. Rosenczveig, un de ces magistrats qui dans la sphère de la justice des mineurs et au-delà mènent le bal des confusions depuis plusieurs décennies (cf. mon article dans le revue Empan Ne pas prendre le fait de l’autre pour le sien.
Réflexions sur la fonction du juge des enfants) et Pierre Levy-Soussan, un de ces rares cliniciens ayant pris en compte les enjeux proprement juridiques et institutionnels de « l’institution du sujet de la parole ».

Voilà qui m’a donné idée de reprendre et de donner ce jour à Patrick Valas, pour son site, ce cas ancien et ces quelques réflexions sur cette notion incantatoire, quasi « magique » comme disait J. Carbonnier, d’intérêt de l’enfant.

Revenir sur le dit « intérêt de l’enfant »

« L’intérêt de l’enfant. C’est une notion magique. Rien de plus fuyant, de plus propre à favoriser l’arbitraire judiciaire ».
Doyen J. Carbonnier, 1963

L’argumentaire de ce numéro d’envie d’école consacré à la protection de l’enfance me donne l’occasion de revenir sur cette notion culturellement cruciale, mais aujourd’hui encore si incertaine, d’intérêt de l’enfant.

À travers la brève évocation d’un cas ancien je voudrais essayer ici de faire résonner en quoi cette notion exigerait d’être resituée au carrefour du droit (de l’institutionnalité) et de la « vérité subjective » de l’enfant, dimension du désir inconscient comprise.
Le lecteur pourra j’espère y lire comment, au long cours de l’élaboration et du travail de pensée, je me suis orienté dans l’exercice de ma fonction d’éducateur de milieu ouvert (en A.E.M.O). Avec pour principe majeur celui de la triangulation et pour horizon un devenir-sujet de l’enfant en rien opposable à l’intérêt bien compris de l’un et/ou l’autre de ses parents.

Le cas

En raison d’une hospitalisation pour « dépression » de sa mère avec laquelle il vit seul (suite au divorce de ses parents, il y a huit ans deçà), Léo, enfant adopté à l’âge de 2 ans, et qui a maintenant 12 ans, est confié à un foyer de la protection de l’enfance dans le cadre d’un « accueil provisoire » demandé et signé par Madame, via l’assistante sociale, auprès de la Direction Enfance Famille (DEF).

Dès l’accueil du garçon le foyer va prendre l’initiative de demander avec une certaine insistance au père, qui habite avec sa compagne à plus de 250 kms de là, de recevoir Léo à quinzaine.

Après le divorce très conflictuel, lors duquel il fut accusé par Madame de violence à l’endroit de Léo, Monsieur s’était retiré de la vie de Léo, ne le voyant que très rarement, une ou deux fois l’an. Sous la forte injonction donc du foyer il va venir chercher son fils au foyer deux week-ends par mois.

Quelques mois plus tard Madame revenue à son domicile demande, comme établi dans le « contrat d’accueil », de recevoir son fils le week-end.
Mais le foyer, arguant de sa « fragilité » et du fait que Léo ne veut plus aller chez elle, s’y oppose, faisant fi du fait que rien ne les autorise en droit (en l’état du contrat d’accueil et de leur responsabilité) à maintenir ainsi le garçon au foyer, si je ne me trompe plus de 72 heures : le temps du recours nécessaire au juge.
La mère restant codétentrice de l’autorité parentale et d’un jugement de divorce lui confiant la résidence principale de l’enfant.

À s’engager de la sorte, dans ce type disons de « gouvernance » du cas – de commandement des parents –, la Direction Enfance Famille et le foyer, court-circuitant le tiers judiciaire, s’inscrivent dans la scène familiale et institutionnelle en instance souveraine – une instance qui sous couvert du dit « intérêt de l’enfant » produit son propre juridisme, avec pour conséquences de placer parents et enfant sur une même ligne généalogique.
Se portant dans le champ de l’Autre absolu, au lieu même de la Référence, DEF et foyer viennent par là peu ou prou réaliser cette figure de l’Autre, de ce premier Autre qu’est la Mère-toute, omnipotente et castratrice, à laquelle se trouvent pour le moins très imaginairement scotchés tant Madame que son fils.

Outrepassant ses propres limites de pouvoir le foyer annule sa fonction tierce dans la relation imaginaire, duelle, mère/enfant, mais aussi mère/père, verrouillant au plan de la représentation ce qu’il faut bien nommer l’inceste maternel. Les éducateurs, quoiqu’ils veuillent, conduisent dès lors Madame à reproduire avec eux le même mode de rivalité et d’opposition qu’elle eut avec le père.
Et cela d’autant qu’à vouloir « faire exister ce père » ils le poussent, sur la même pente qu’eux et que celle de Madame, à prendre cette place souveraine de la Haute Mère (ou Mère phallique) où se verrouille le fantasme de la complétude incestueuse… Avec pour conséquence immédiat de relancer ce père dans sa destructivité par rapport à Madame, dans une position rivale en miroir auprès de Léo…
Et c’est ainsi qu’à défaut de supporter les limites et l’écart, soit leur propre place de tiers exclu dans la scène du cas, ces collègues du foyer s’enferrent, sans jeu possible, dans ce même ordre de la relation duelle et de l’in-séparation aux sources des ruptures qui ont scandé la vie de Madame.
De sa rupture de jeune femme avec sa propre mère à son divorce avec Monsieur, jusqu’à cette autre rupture avec sa fille aînée née d’un premier mariage (elle-même mère d’un enfant qu’elle lui interdit de voir), et maintenant avec son fils…

Madame, se vivant de plus en plus disqualifiée et rejetée, va réagir à la position du Foyer en venant à l’improviste voir son fils, lequel se montre de plus en plus hostile à son endroit… Un mois plus tard DEF et foyer, confrontés à ces manifestations de Madame, vont saisir le juge des enfants pour lui demander de transformer l’accueil provisoire en placement judiciaire, expliquant que Léo est « en danger auprès d’une mère très en souffrance et extrêmement fusionnelle, possessive », une mère qui « n’en fait qu’à sa tête, hors le cadre fixé, selon son bon vouloir »… Comme si bien sûr leur responsabilité ne s’y trouvait engagée…

Notons ici que lorsque Madame sortit de la clinique et redemanda à recevoir Léo le week-end (ce qui était une demande disons modérée), l’absence de celui-ci, qui des années durant lui servit disons de béquille – le garçon me dira un jour, « ma mère prenait beaucoup de médicaments, mais c’était moi son premier médicament » –, va lui peser d’autant qu’elle n’avait non seulement pas encore repris son travail (celui-ci pouvant valoir comme espace tiers…), mais qu’elle demeurait privée, à ce que j’en compris, de l’étayage institutionnel (relationnel) nécessaire pour se dégager de sa propre impasse subjective, identificatoire… Je vais y revenir.
La réponse de la DEF, qui de son propre chef (transgressant le cadre de droit) la coupe de façon brutale de Léo va dès lors resserrer le nœud qu’il s’agissait d’alléger sinon de déjouer – ce nœud fantasmatique de l’inceste maternel dont la relation fusionnelle mère/enfant témoignait.
C’est d’ailleurs bien plus me semble-t-il le mode de réponse, c’est-à-dire la position de discours engagée par le Foyer, plus encore que son contenu (l’idée qu’il serait peut-être préférable de repousser un peu le temps du retour de Léo à son domicile), qui vient cristalliser le duel en la plaçant sous la tutelle d’une institution dont nul représentant semble assez libre (divisé et limité) pour la requérir (lui parler) comme il y conviendrait… Nul ne paraît en effet à ce moment là avoir pu se porter auprès d’elle à hauteur de ce que Lacan appela un jour notre être-pour-le-sexe… Nul ne vient l’attendre et la solliciter d’abord comme femme, sexuée, subjectivement divisée du Sexe (du Phallus), dans un mode de relation triangulée venant remettre en scène pour Léo (comme pour elle ou le père), une représentation croisée et différenciée du couple originaire mère/père.

Dans un tel contexte, privée du climat relationnel et de l’étayage ad hoc, et ce faisant déliée de tout support identificatoire (à sa fonction de mère) subjectivement viable pour elle, Madame ne pouvait affronter la peine existentielle commune, l’absence du « petit », soit sa propre position œdipienne de tiers exclu…

S’empêtrant tout à la fois dans le transfert négatif de Madame et le transfert de séduction de Léo, l’équipe en vint à légitimer le refus et la plainte du garçon à l’endroit de sa mère, sans autre dédoublement de ce refus et de cette plainte. Voilà qui les conduisit à épouser la destructivité de Léo, la dimension « meurtrière » des « reproches » faits à sa mère…
Ce qui dans mon esprit, précisons-le, ne signifie en aucun cas devoir écraser l’expression de son refus, mais tout au contraire, en ouvrir la voie de l’élaboration…

Le foyer et la DEF disqualifiant tant leur statut tiers (œdipien) que celui des parents auprès de Léo, la scène de vie du garçon demeure dé-triangulée, ou faussement triangulée : il n’y a plus que Perfect Mother à l’horizon… Ce qui a pour conséquence = de désarrimer aussi bien l’enfant que ses parents, j’y insiste, de cette représentation de la scène fondatrice Mère/Père support du cours subjectif (infini) de la différenciation, de la séparation – au sens où comme le disait si bien Winnicott la séparation n’est pas la séparation mais une autre forme de liaison.

Confortée dans ses projections, son angoisse de castration, Madame ne pouvait que remettre en question le contrat passé, l’accueil de son fils au foyer.
Et c’est donc dans ce climat, avec une mère rabaissée au seul mauvais objet et un Léo triomphant d’elle à bon compte, que le magistrat va décider du placement judiciaire, mais en garantissant toutefois un droit de visite à quinzaine le week-end pour Madame.
Monsieur, qui a épousé la cause de l’enfant contre la mère, va tout aussitôt vouloir être à hauteur (narcissique) de l’ordre de représentation agi et de l’idéal soutenu auprès de lui par les intervenants sociaux, en demandant au juge aux affaires familiales que la résidence principale du garçon soit fixée chez lui…

A contrario des sages conclusions de l’expert psychologue requis, conseillant le maintien de la résidence principale chez la mère et une orientation de Léo en internat de semaine, avec droit de visite maintenu chez le père, le JAF va fixer la résidence principale chez Monsieur.
Cette décision, considérée par le foyer comme « naturelle », est ainsi prise sans autre considération de la vérité subjective de Léo, de ce que représente pour lui sa mère comme image fondatrice… Les attendus du jugement faisant d’elle une seule Folcoche castratrice et despotique – un sujet réduit à ses symptômes… Accusant réception de cette décision du JAF par une tentative de suicide, Madame sera de nouveau hospitalisée.

Le juge des enfants, informé du jugement du JAF, lèvera le placement de Léo au foyer mais, sensible semble-t-il à un déséquilibre pouvant mettre le garçon « en danger », ordonnera une double Assistance Educative en Milieu Ouvert (A.E.M.0.), aux fins qu’une médiation éducative opère tant auprès de Madame et de Léo que de Monsieur et de celui-ci. Notre service reçut la charge de cette intervention auprès de Léo et de son père, chez lequel le garçon vivait désormais. Après avoir pris connaissance des premiers éléments du cas, via le dossier, je m’engageais avec la participation d’une collègue psychologue dans la médiation du cas.
Ce qui supposait d’abord, comme nous l’avions conquis, de marquer nos propres limites de discours, l’écart entre les places de discours (juridique et non juridique), tout en respectant le rythme d’élaboration de chacun, ses résistances.

Dès nos premières rencontres Léo nous apparut, derrière l’expression très agressive de son « refus » à l’endroit de sa mère – un refus en rien élaboré, confondant la parole et l’agir–, pour le moins très défensif, masquant sous son bagout une dépressivité et une fragilité perceptibles.
Il se présentait comme un garçon vif et intelligent, au langage riche (hérité de sa mère et de sa sœur aînée, devenue professeur de français), avec un petit air de supériorité, mais se trouvait de façon significative, en regard des capacités affichées, en grand échec scolaire.

Enfant adopté, Léo avait bien sûr des parents en titre, en chair et en os, mais pas véritablement à nos yeux de parents en capacité de le faire « grandir » en le faisant subjectivement entrer dans une relation triangulaire – des parents qui soutiennent pour lui, face à lui, une représentation originaire (du couple Mère/Père) qui soit crédible selon le mot très juste de Pierre Lévy-Soussan.

La fonction symbolique la plus essentielle de la famille – fonction qui consiste à étayer le cours de la différenciation-division subjective de l’enfant (celui de sa division du Phallus selon son sexe) en faisant jouer les figures Mère et Père comme des figures tout à la fois distinctes, séparées et croisées – se trouvait ici atteinte, menacée. Le sort psychologique de l’enfant dépend bien en effet aujourd’hui encore, comme l’écrivait Lacan dans son article Les complexes familiaux dans la formation de l’individu de 1938, « du rapport que montrent entre elles les images parentales ».
Si ce rapport, dont l’espace de séparation entre les figures reste toujours pour chacun comme pour le couple à symboliser, joue sur un mode trop confusionnel et/ou clivé alors le sujet, symboliquement privé de l’étayage identificatoire lui permettant de se distancier et de se différencier à son tour, se trouve peu ou prou condamné à répéter indéfiniment l’effort du détachement d’avec la mère, d’avec l’image primitive (incestueuse) de la mère.
À quoi il convient de souligner que ce rapport entre les images parentales, rapport interne à chacun des parents, qui le transmet en vérité à son enfant, se trouve étayé dans et par le jeu des figures institutionnelles, inscrit en amont dans la culture et le droit.
(Ce que Freud avait perçu et souligné sous le concept « d’identification au père de la préhistoire » - identification qui ajoutait-il précède toute relation d’objet à l’un et l’autre parent.)

Sensible et présent à la détresse de Madame, à son intelligence aussi, nous n’en soutînmes pas moins auprès d’elle l’idée qu’il ne pouvait s’agir pour nous d’écraser l’expression du « refus » de Léo, de le faire revenir vers elle comme elle l’espérait encore, mais bien davantage d’aider, tant pour lui que pour elle, à faire en sorte que son refus se civilise, ne soit plus aussi destructeur qu’il en était…
Le message était que ce qu’elle pouvait peut-être faire de mieux pour Léo était de continuer d’exister (Winnicott), de s’occuper d’elle, d’affronter sa propre douleur existentielle, en y étant si besoin aidée par ailleurs.
Mais c’est bien d’abord en supportant nos propres limites – ce que nous ne pouvions pour elle – qu’il était possible de l’engager de son côté à moins faire peser sur son fils ce rôle impossible du « réparateur » qu’elle lui avait attribué en l’adoptant…
Le mieux n’était-il pas en effet qu’elle retrouve le courage et le plaisir de vivre, sans se laisser détruire par la destructivité, la sienne comme celle d’autrui ? J’évoquais à plusieurs reprises le Jugement de Salomon…

J’ai parfois estimé que nous avons ainsi permis à Madame, qui m’appelait souvent lors des moments les plus difficiles, à ne pas repasser à l’acte (à se suicider) et à Léo de ne pas porter le poids d’une faute qui n’était pas la sienne.

Avec une certaine satisfaction le garçon me dit un jour, « puisque je suis adopté, ma mère n’est pas ma mère », à quoi je répondis, un peu moqueur, « et bien alors ton père ne l’est pas davantage ! »
Ce qui eut pour effet de le plonger dans un retrait dont il sortit, souriant, quand je lui dis que pour moi il n’y avait aucun doute, « tes parents sont bien tes parents ».
Quelque temps auparavant Madame, sortant de son portefeuille la photo de Léo qu’elle avait gardée précieusement, la déchira avec rage en me disant, « mon fils n’est plus mon fils, je tire un trait ».
Je reçus cela sans émoi, me disant que ce qu’elle essayait là de « tuer » était bien son image narcissique, celle de l’enfant imaginaire, fétichisé et supposé réparateur…
Elle fut surprise de ne me voir en rien décontenancé par sa « dramaturgie », moralisateur ou déplaisant à son endroit…

Après deux ans d’intervention Léo nous parlait de façon plus spontanée et apaisée de sa vie au collège et chez les scouts où son père avait eu la bonne idée de l’inscrire.
Ayant progressé de façon assez remarquable au plan scolaire il souhaitait aller en internat à la rentrée prochaine.
Le père me dit être d’accord avec cette solution dont il ne voulait pas entendre parler un an plus tôt.
La mère, qui de son côté retravaillait et s’occupait beaucoup mieux d’elle, s’en trouva satisfaite.
Elle avait repris contact avec sa mère et sa fille aînée.
Léo, encore un peu craintif n’était pas encore allé la revoir à son domicile, mais lui téléphonait plus aimablement de temps en temps.
Les dernières fois que nous l’avons rencontré, un peu avant l’arrêt de notre intervention, il nous dit qu’il avait maintenant une copine.

A l’orée de son adolescence ce garçon, qui avait souffert du poids non médiatisé de la demande et de la dépressivité de sa mère, s’était retrouvé coincé auprès d’elle, en butte à des fantasmes, le garçon me dira un jour « ma mère se comportait parfois avec moi, dans nos disputes, comme si j’étais son amant ».
L’aider à se dégager, lui l’enfant adopté, de cette relation duelle et de sa propre fixation à cet imaginaire d’une Origine réduite à la seule Matrice, celle de la Mère hors-sexe – fixation s’entretenant du mythe subjectif des « parents combinés », d’avant la différence des sexes –, ne se pouvait sans travailler, comme on s’y employa, à recoller pour lui les morceaux de sa scène œdipienne.

L’intérêt de l’enfant tient donc pour l’essentiel, je le résume d’une formule prise à Pierre Legendre, à la mise en ordre des images qui le fondent – une mise en ordre qui passe par cette institution de la différence des sexes et des générations dont le système familial, aujourd’hui juridiquement déstabilisé, mis au service du fantasme (comme il en est par exemple avec le « mariage pour tous »), est comptable.
Mais pour autant, ce qu’il s’agit de donner d’abord à un enfant n’est pas à tout prix, comme l’estiment certains, « un papa et une maman » dans la réalité, ou comme l’estiment d’autres, je ne sais quel duo homoparental « plein d’amour » mais bien, y compris à travers un placement et des interventions institutionnelles qui en redoublent la fiction, cette représentation fondatrice Mère-Père soutenue par le couple homme/femme. Une représentation dont tout sujet comme tout lien (y compris le lien entre deux hommes ou deux femmes) peuvent se faire le support, à condition toutefois, j’y insiste, de s’y trouver juridiquement et institutionnellement référés.
Et c’est ainsi que tout exercice praticien, nécessairement inscrit dans l’ordre social (institutionnel) des figures fondatrices, peut trouver son meilleur efficace symbolique, clinique, auprès de l’enfant et de ses parents, en opérant et en étant lui-même institué dans cette perspective de la triangulation du sujet.

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