Patrick Valas, l’alpha-bêtisation comme avenir de l’espèce humaine ?


Document du jeudi 29 novembre 2018

par  P. Valas

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L’ ALPHABÊTISATION COMME AVENIR DE L’ESPÈCE HUMAINE ?

Partons de l’hypothèse que la coupure ne passe pas entre le somatique et le psychique qui sont liés, ce que l’on sait depuis toujours.   

La coupure passe entre le psychique et le logique.
La psychologie, s’agissant de l’humain, définit le psychique, selon sa logique spécifique, en termes de structures qui ne sont pas les mêmes que celles la psychanalyse.

Pour la psychologie moderne « l’appareil psychique » est abordé selon la voie ouverte par Pavlov, soit un comportementalisme conditionné de plus en plus sophistiqué, qui se réclame de la Science.  

La psychologie vise à formater « l’homme normal », à l’image d’un ancien Président de la République.
La psychologie, s’agissant de l’humain, définit le psychique, selon sa logique spécifique, en termes de structures qui ne sont pas les mêmes que celles la psychanalyse.

Pour la psychanalyse, « l’appareil psychique » est structuré comme un langage.  

La psychanalyse dans sa pratique prend son savoir et ses leçons de l’homme du « désir indestructible » (Freud).

La psychanalyse et la psychologie sont donc radicalement, logiquement, étrangères l’une à l’autre.  

Qu’elles soient, dans un rapport d’antipathie, ne signifie pas pour autant qu’elles s’invalident, mais plutôt s’ignorent mutuellement du fait que leurs pratiques ne sont pas similaires.

Dés lors, comment comprendre la part du « psychique » lié au somatique, qui n’est pas pris dans un discours ?  

Chez l’animal on parle d’instinct, lequel est « un savoir dans le réel », qui n’est pas dans une certaine mesure sans capacité d’adaptation au milieu ambiant.
Cela s’observe facilement chez les animaux sauvages et aussi bien quand ils sont captifs.
On a vu, entres autres, une vidéo sur le net montrant comment un buffle isolé dans la savane, beuglant « à mort », étant grièvement blessé par un lion qui l’ayant mis à terre s’efforçait de l’égorger, était sauvé in extrémis par quelques uns de ses congénères surgissant de nulle part qui encornaient son agresseur, jusqu’à sa mort.
Ou encore, comment un ours brun gigantesque, encagé dans un zoo, qui avec sa patte sortait de l’eau de sa fosse un merle en train de s’y noyer, le déposant délicatement sur le sec, puis s’en éloignant.
De tels exemples ne manquent pas.

« Restent les animaux en mal d’homme, dits pour ça d’hommestiques, et que pour cette raison parcourent des séismes, d’ailleurs fort courts, de l’inconscient »(Lacan).  

L’aboiement chez le chien peut être assimilé au signifiant-maître S1, qui n’est pas accouplé à un S2, mais cela témoigne de ce qu’il sait que nous parlons, de même qu’il « nous parle » aussi bien dans une certaine mesure.
Peut-être a-t’il pour son usage, quelques « gros mots » bien calibrés.
C’est héréditaire chez les animaux domestiques depuis la nuit des temps, contrairement aux animaux dits sauvages que l’on peut apprivoiser, mais ne pas domestiquer.
Je cite tous ces exemples qui nous donnent l’idée de ce comment « lalangue » dont s’imprègne le nourrisson, plutôt qu’il ne l’apprend, colonise son corps, en faisant de lui un humain parlant, un « parlêtre ».
Hélas les dites Neurosciences, nous « naturalisent » au dépens de la culture et annoncent l’alphabêtisation comme avenir de l’espèce humaine.
patrick valas, le 29/11/2017.
Encagé !