Tu es ma femme - Tuer ma femme.


Document du lundi 15 mars 2010
Article mis à jour le 15 septembre 2015
par  P. Valas

Tu es ma femme - Tuer ma femme.
 

Mademoiselle Vinsson, étudiante en master III de mathématiques à l’Université de Stanford (USA), présente en sautoir un collier borroméen de fort belle facture, unique au monde, mais dans le droit fil de l’enseignement de Lacan.

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Tu es ma femme, n’est pas le message du sujet sous sa forme inversée, car cela impliquerait que « Je suis ton homme ».

En effet, en raison de leur jouissance spécifique entre « l’homme et la femme », dit Lacan : « Il y a un mur ».

Ce mur est le rapport sexuel qu’il n’y a pas, du fait de la radicale hétérogénéité entre la jouissance masculine et « la jouissance féminine ».

Les conséquences en sont tragiques, et d’abord celle-ci :

Il n’y a pas non plus de mariage heureux.

Ou alors on nous cache quelque chose.

Ajouter, pour enfoncer le clou que le mariage est une duperie réciproque.

À reconnaitre cela mari et femme ont chance de pouvoir rester ensemble toute leur vie durant.

Compagnons du voyage ici bas en quelque sorte.

C’est, il faut le dire, très rarement observé en notre temps.

Lacan poursuit dans la même veine :

Duperie réciproque certes, mais pas forcément symétrique (selon moi).

En effet, ajoute t-il quelque part, je ne sais plus où :

« Dans le mariage, une femme ne se tromperait jamais ».

Il semble vouloir dire, dans le contexte où il avance cela, que choisissant un mari, une femme ne se trompe jamais.

Pour l’homme, il ne dit rien, mais il semble bien que les hommes, presque tous (soit pas-tous quand même) trompent leurs femmes le plus souvent - ce qui est humain.

Donc cela veut dire aussi, que les hommes se trompent presque toujours quand ils se choisissent une femme pour l’épouser.

Il faut donc en tirer des conséquences, par rapport avec la structure, en faisant des lois.

Une femme, par exemple, devrait avoir le droit de tuer au moins un de ses maris (avec tact et modération, sans le faire souffrir - avec de l’arsenic par exemple), même s’il est le père de ses enfants.

Pour la suite non, elle pourrait divorcer autant de fois que nécessaire, mais dans la mesure ou elle est supposée ne pas se tromper en se choisissant un mari, elle n’aurait pas le droit d’en tuer plus d’un.

Il faut être tolérant mais ne pas charrier.

Pour l’homme, on devrait lui accorder le droit de « Tuer ma femme », par étranglement seulement, au moins deux femmes, sinon trois dans les cas vraiment désespérés, mais jamais si elle est la mère de ses enfants.
Mais interdit aussi de la découper en morceaux pour la manger, ou de la bruler dans une cuisinière.

Une Loi serait votée dans le sens de la proposition faite ici, qui se réfère ainsi à la structure.

Il y aurait une période d’essai.

Seules, les personnes ayant fait une psychanalyse pourraient en bénéficier.

Ainsi serait jugée, l’efficace et la pertinence de l’invention freudienne, si on peut démontrer, qu’il y a moins de crimes chez les personnes ayant fait une analyse que chez celles qui n’en ont pas fait au-moins-une.

La loi serait alors valable pour tous, s’il est démontré que chez les psychanalystes, Tu es ma femme et tuer ma femme, ce n’est pas la même chose.

Autrement dit que chez les psychanalystes on abuse pas de son droit.

En revanche, si entre tu es ma femme, et tuer ma femme, c’est du pareil au même, mieux vaudrait alors ne pas changer la législation en vigueur.

C’est ainsi qu’opère le psychanalyste en jouant de l’équivoque signifiante pour interpréter les dire de son analysant.

Tu es ma femme et tuer ma femme, c’est le même savoir, mais ça n’a pas le même sens.

Faire cette distinction, pour le sujet dans la cure ça peut lui permettre de changer le cours de son histoire.

CQFD : Aux questions que lui pose son analysant, l’analyste donne par l’interprétation des réponses spécialement connes.

Seulement ça change tout pour lui.
 
assiette
 
Poème d’Antoine Tudal

Entre l’homme et l’amour, il y a la femme.

Entre l’homme et la femme,il y a un monde.

Entre l’homme et le monde, il y a un mur.


Commentaires  forum ferme

Tu es ma femme - Tuer ma femme.
jeudi 12 août 2010 à 02h12 - par  Ricardo Goldenberg

Desde Brasil : está faltando a opção matar-se aos pés dela (a menos que me dê o número do seu telefone, claro)

lundi 8 août 2011 à 17h19 - par  Peu importe

"Entre l’homme et l’amour, il y a la femme.
Entre l’homme et la femme, il y a un monde.
Entre l’homme et le monde, il y a un mur."

Site web : Petite modif.
Tu es ma femme - Tuer ma femme.
mardi 16 mars 2010 à 11h37 - par  nikio

Je constate que de tous vos articles c’est cette suggestion scopique qui suscite le plus de commentaires…la preuve…

Tu es ma femme - Tuer ma femme.
lundi 15 mars 2010 à 19h18 - par  Unefemmequin’auraitjamaissuqu’ellenes’étaitpastrompéedemarisansuneanalyse

Ce n’est pas tous les jours que j’explose de rire devant mon écran ….
Merci Patrick d’ouvrir une voie véritablement scientifique et expérimentale pour prouver l’efficacité de l’analyse.

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Tu es ma femme - Tuer ma femme.
lundi 15 mars 2010 à 16h15 - par  mamytartine

Je suppose que c’est juste pour les noeuds boroméens que vous avez choisi la photo ?

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