Claude Lecoq, La Passe…un présent.


Document du samedi 21 novembre 2015
Article mis à jour le 10 avril 2013
par  P. Valas

J Lacan

LA PASSE … un présent,

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Claude Lecoq, La Passe…un présent

Tous les analystes ne s’intéressent pas à la passe…II y faut un discernement.   

Il est imprévisible. Il chasse l’incrédulité, parfois la méfiance, l’incompréhension, la risée aussi « c’est farfelu, tiré par les cheveux, superflu, il faut être tordu pour la faire… ».

Ce discernement, selon Lacan, dans une note sur les passeurs de1974, survient d’un virage « … qui comporte, de savoir que l’analyse, de la plainte, ne fait qu’utiliser la vérité ». Savoir qui s’éprouve différemment des soulagements successifs obtenus, dans la cure. C’est quand, de façon inédite, n’est plus demandé « l’aide » du supposé-savoir pour confirmer. L’analysant sait alors que la fonction du langage n’est pas dans la croyance à la communication. "L’important n’est pas tellement que le langage dise ou ne dise pas la vérité, c’est qu’il aide — tout court.

Il y a des dires qui opèrent, il y a des dires sans effets" - Le phénomène lacanien, 1974  

Le dire effectif n’est pas ce qui contredit le sens en jouant de l’équivoque : il passe, outre la trace, c’est du pas déjà représenté. Ce qui peut être facilité par la position de l’analyste, dés le début de la cure de l’analysant :

« … Il faut qu’il soit bien assuré dans sa position de déchet pour pouvoir inviter, inciter, l’analysant, comme je l’appelle puisque c’est lui qui fait le travail, à ne pas se croire plus que, lui, il ne se croit, l’analyste. Il se met à la disposition de l’analysant au titre de dernier des derniers. »- Le phénomène lacanien -

Cette vérité, qui rappelle le poids de l’invention de la psychanalyse par Freud, est laïque, elle ne vise pas directement le soin du symptôme pour son efficace.

- Dans la «  Proposition d’octobre 1967 sur le psychanalyste de l’école », Lacan exposait une procédure appelée « La passe ». Il visait la transmission de la psychanalyse, à partir des effets d’un témoignage d’un « non-analyste », car passant (même s’il avait des patients), aux points vifs de résoudre sa fin d’analyse.

Concernant la description de la procédure, j’ajouterai des remarques de Lacan, 7 ans après, sur ses effets. -« Sur l’expérience de la passe », 1974, Ornicar -

En se référant aux passants : « expérience absolument bouleversante et inoubliable ». J’y souscris. C’est l’effet du tourbillon qui saisit dés la décision de s’y soumettre est prise, s’arrête-t-elle ?

Au niveau institutionnel la question du fait de la nomination « analyste  » qui est souvent prise comme une investiture, or la nomination AE (analyste de l’école) à l’issue de la passe n’est, en droit, pas un titre. Mais on ne peut empêcher complètement qu’elle soit interprétée comme tel. Surtout s’ils sont «  nommer à » pour leur institution.

La passe n’est pas définie dans le texte comme une cooptation.   

Le passant rencontre des passeurs, puis les passeurs témoignent auprès d’un cartel, qui nomme AE, ou pas. Et là ce n’est pas la cooptation car les passeurs ne sont pas des anciens.

Les deux passeurs, qui sont témoins ,« compris » dans la passe (et pas témoins pour), sont définis dans la proposition comme « …un autre qui, comme lui l’est encore dans cette passe, à savoir en qui est présent à ce moment le désêtre où son psychanalyste garde l’essence de ce qui lui est passé comme deuil… ».

Leurs analystes les désignent, pour la procédure, sans les prévenir (ils peuvent refuser quand le passant les appelle). Dans mon expérience de passant un passeur avait déjà été sollicité, et était très partie prenante. L’autre l’a découvert avec émotion et impatience. Pour ma part, bien qu’ayant des analysants qui pourraient être passeurs, je ne me décide pas à faire cette interprétation, disons instituée, dans le déroulement de leur cure.

Concernant le jury d’agrément ou cartel de passe, A E et AME sont garantis relevés de la formation de l’école.   

Il peut authentifier la passe par la nomination à partir des effets des témoignages des passeurs. Lacan emploie, pour eux, les termes de « perplexité et embarras ». Il semble que, l’attente, se heurterait au hasard, à la rencontre, à la contingence (des sujets et de l’institution).

Trop d’espoir : «  En quoi, je veux dire, l’espoir n’y fera rien, ce qui suffit à le rendre futile, soit à ne pas le permettre  ». - Télévision -

Dans certains cartels de travail sur les fins d’analyse constitués, parfois, après les passes il est souligné, fréquemment, un manque de clarté du retour des décisions.

Quand à la question des effets de la passe qui soient des dégâts, qui a été parlée au congrès de La Grande Motte, c’est quasi inévitable.

Le propre du parlêtre c’est d’être « foutu » parce qu’il parle ! « …le dégât c’est ce qui peut nous arriver de mieux ».

On ne peut que faire du ratage… les nommés et les non-nommés ne savent pas plus pourquoi !

Et Lacan, ajoute qu’il se trouve avec les dégâts sur son dos…« s’il y a quelqu’un qui passe son temps à passer la passe c’est moi ».

Cette peur est souvent avancée comme raison de ne pas y aller, alors que des candidats s’y précipitent sans barrière dans le tourbillon.

"L’analyste - au moins ai-je essayé de faire qu’il y ait des analystes de cet acabit- est quelqu’un qui réalise - le pire est qu’il faut qu’il le réalise lui-même - que ce dont il s’agit dans l’effet de toute culture, au fond du fond du tourbillon, je veux dire ce qui fait cause- eh bien, c’est un déchet.
Tout le monde ne s’en aperçoit pas, mais seul a le droit de s’autoriser d’être vraiment un analyste celui qui s’en est aperçu. Être un déchet est ce à quoi aspire sans le savoir quiconque est un être parlant- je n’emploie ce terme que parce que je ne sais pas à qui je m’adresse, vous êtes trop nombreux.
Quiconque qui est un être parlant est pris dans ce tourbillon qui est la vraie course de son désir- désir dont vous avez sans doute appris à l’occasion que c’est l’essence de l’homme.
"-Le phénomène Lacanien-

Lacan pariait, par cette invention, avec laquelle il voulait enquêter, solutionner une crise interne institutionnelle dans « monécole » touchant à l’articulation entre l’analyse personnelle, « en intention » et l’élaboration du savoir analytique, soit la psychanalyse « en extension ». Il s’agissait de sortir le groupe de l’impasse deux questions

  • analyse personnelle et/ou didactique
  • reconnaissance des analystes, en modifiant la cause de la structure des nominations par cooptation, et concurrence de tous les groupes, afin d’éviter ce qu’il rappelait en conclusion de la proposition :
    « L’école freudienne ne saurait tomber dans le tough sans humour d’un psychanalyste que je rencontrai à mon dernier voyage aux U S A.  »

Ce pourquoi je n’attaquerai pas les formes instituées, me dit-il, c’est qu’elles m’assurent sans problème d’une routine qui fait mon confort.

Inutile de vous dire que tel n’était pas le fort de Lacan qui écrira dans la « Note italienne » concernant l’analyste :

« S’il n’en est pas porté à l’enthousiasme, il peut bien y avoir eu analyse, mais d’analyste aucune chance ».

C’est plus tard, à la Grande Motte, qu’il s’expliqua cet acte (qui, comme à chaque avancée, lui a coûté des compagnons…) :

" Vous savez, quand j’ai cogité ça, c’était en 1967 pendant les vacances, j’étais en Italie ; je suis rentré et tout en faisant cette chose qui s’appelle la Proposition, je me disais : « Mais quelle mouche te pique ; ça va provoquer Dieu sait quoi ! ».

Et je me demandais pourquoi je la faisais en octobre 1967. J’aurais pu plus la mijoter, cette proposition, la mûrir, attendre. Pourquoi est-ce que je l’ai faite tout de suite ? Je savais d’avance que ça allait provoquer des catastrophes, des catastrophes comme toutes les catastrophes, des catastrophes dont on se relève. Moi, vous savez, les catastrophes, ça ne m’impressionne pas…Mais quand même, à quoi bon faire tout d’un coup cette accumulation d’électricité ?

C’est précisément dans le but d’isoler ce qu’il en est du discours analytique, que j’ai fait cette proposition… La passe en effet permet à quelqu’un qui pense qu’il peut être analyste, à quelqu’un qui est près de s’y autoriser, si même il ne s’y est pas déjà autorisé lui-même, de communiquer ce qui l’a fait se décider, ce qui l’a fait s’autoriser ainsi, et s’engager dans un discours dont il n’est certainement pas facile d’être le support, il me semble. "

- Ce qui est tombé, grâce à l’expérimentation sur un long terme dans l’école, en même temps que les avancés des séminaires quasi antinomiques ! est l’illusion d’une passe formalisant la raison du passage de l’analysant à l’analyste. Il y a un indémontrable, alors ?

Alors, Lacan en fait quelque chose.  

A partir de 1973 (Les non-dupes errent, le congrès de La Grande Motte) Il rebondit, stupéfiant son auditoire des séminaires, en annonçant que la psychanalyse est intransmissible. Mais ce qu’il fera entendre, c’est un nouveau « relief », c’est topologique, qui lui fera lire autrement ses précédentes avancées :

« … je me suis pressé ! C’est en mai 68 aussi que j’ai compris pourquoi j’avais fait cette proposition en octobre 67. Vous voyez ça, si je l’avais faîte en mai 68, on aurait dit » il est induit« . Je ne suis pas induit, je ne suis jamais induit. Je suis produit. »

C’est si renversant, ce témoignage de sa production analyste sans la prédominance de l’être-je qui consisterais, qu’aujourd’hui encore, comme en 1967, certains lacaniens récusent ce renversement de ses énoncés.

Il lui aura fallu le temps pour démontrer ce qu’il annonçait en 1967, et saisir ce qui l’avait précipité vers cette sortie d’inventer la passe. Elle pourrait se résumer à deux phrases de La proposition :

« Mais il y a un réel en jeu dans la formation même du psychanalyste. Nous tenons que les sociétés existantes se fondent sur ce réel », et, « s’autoriser analyste », exigeant « d’avoir effectué cette opération périlleuse, l’affrontement à son horreur de savoir et d’en avoir cerné la cause en tant que réel : être un rebut. »

  • Le bougé est une conséquence des avancées théoriques de Lacan dans les séminaires des années 60, concernant le statut de l’objet a dans l’amour de transfert.

L’identification possible à l’analyste n’est plus une fin, puisque son être est entamé à la fin de la cure.   

Nous pouvons le relire dans la proposition :

«  la prise du désir n’est rien que celle d’un désêtre, d’où se dévoile l’inessentiel du sujet supposé savoir, car il a rejeté l’être qui ne savait pas la cause de son fantasme, au moment même où enfin ce savoir supposé il l’est devenu ».

Lacan va le conjuguer en «  je désuis » et l’attribuera à l’analyste, devenu « enveloppe vide », dans la 1° proposition de 1967, qui donne «  corps » à la forme déchue a.

L’analysant atteignant ce point de rupture, « la paix ne vient pas aussitôt sceller cette métamorphose où le partenaire s’évanouit de n’être que vain savoir d’un être qui se dérobe. La destitution subjective, (de l’analysant)…c’est quand le sujet voit chavirer l’assurance de son fantasme ».

L’analysant n’est plus en position de victime, battue, et l’hostilité n’a plus a être imputée à l’analyste jouissant de ça-voir.

Dans cette fin d’analyse, le passant peut mesurer qu’il a été à toutes les places, il se sait divisé par la jouissance, qu’il attribuait à l’analyste, et que le fantasme recouvrait.

L’achèvement du deuil de l’objet cause du désir, prend du temps.

L’apaisement se fait attendre puisque des satisfactions de l’analyse doivent se détacher.

Les découvertes, du déchiffrage qui était articulées au sujet supposé savoir, la pulsion connectée à la présence de l’analyste comme objet, le mirage de la vérité. Un collègue me décrivait dernièrement ses avancées/reculs de ce moment, en séance et les rêves de pertes d’identité en même temps.

La demande de passe à l’analyste n’est pas déductible des écrits de Freud, pour qui l’inconscient « hors du temps » est éternel.

Lacan relisant Unbewusst, tombe en « L’une bévue », la chaine signifiante est surmontée par l’une-bévue, plus signe que sens :

l’inconscient avec ses manifestations que ponctuelles une bévue, une bévue…rien de plus…pas de chaîne.

Lacan a parlé d’échec.  

Lacan a parlé d’échec, et pourtant il a maintenu la passe jusqu’à la dissolution de l’EFP et ensuite à la Cause freudienne pour laquelle il a préconisé sa reconduite dans ces termes, le 23 octobre1980 :

« Car mieux vaut qu’il passe, cet A E, avant que d’aller droit s’encastrer dans la caste ». Sans castrer, se conformer, du latin castus, langue religieuse, « qui se conforme aux règles et rites » de la caste, proprement.

Lacan, toujours non dupe, l’avait prévu, comme nous pouvions l’apprendre de sa Lettre au Monde du 24 janvier 1980 :

« Sans plus d’égards qu’il faut aux analystes établis. Ma passe les saisit-elle trop tard, que je n’en ai rien qui vaille ? Ou est-ce d’en avoir confié le soin à qui témoigne n’avoir rien aperçu de la structure qui la motive ?  »

Il ajoutait une dimension inconsciente à la résistance à la passe pour les analystes « installés » qui ne discerneraient pas qu’ex/siste cette a-structure qui ne s’aperçoit qu’en passant : «  un présent… ». En un temps et un espace brefs : en « un éclair ».

Le pas trop tard, pour que vaille une nomination A.E, c’est du fait de ce qui ne pourra plus marcher avec l’établi de la cumulation des expériences et des repérages. Ce vif n’est pas de l’ordre de l’inconscient déchiffrable, c’est dans le noir de l’aveuglement qu’il se reconnait. Il y faut ce que je nommerais un tact analytique.

« La Passe dont il s’agit, je l’ai envisagée que d’une façon tâtonnante, comme quelque chose qui ne veut rien dire que de se reconnaître entre soir, à condition que nous y insérions un A.V. après ma première lettre, c’est à dire reconnaître un savoir. »- 15 Février 1977 - A.V. si résolument, de ne pas être à la place de Dieu, l’analyste est un petit trou, ce qui s’insère alors, témoigne de l’inconscient réel comme savoir joui de la lettre. Sincère car l’authenticité des témoignages est souvent soulignée dans ce qu’ils survoltent les passeurs : l’électricité ! Ce savoir, qui peut paraitre empirique, est pourtant commun pour ceux qui en ont pris la démesure.
Il tient d’une trouée fugitive de l’impénétrable, « ça se passe » le résultat est propre à chacun.

Avec le temps Lacan articulera, que d’un réel de l’expérience des passes, aboutira une dimension topologique dans la pratique : le dire qui survient s’impose.  

Ce savoir d’un autre ordre qui fera, dans la « Note italienne », préciser à Lacan :
«  l’analyste ne s’autorise que de lui-même, mais pas-tout » : entendre qu’il ne s’agit pas de s’auto/ritualiser de sa cure…Dans la 1°écriture de la proposition de 1967 rappelons-nous « Car celui qui se désigne ainsi, ne saurait sans malhonnêteté radicale, se glisser dans » ? j’écris ce signifié/se signifier.

Mais aussi rappelons-nous que rien n’oblige à la passe, L’intentionnel raisonné est exclu : puisqu’elle est le plus souvent appelée dans une précipitation impérative (Lacan s’interrogeait sur la pulsion redécouverte à la fin des analyses des analystes, c’était avant de proposer la passe).

Ce pressant du mouvement tourbillonnant où lalangue du passant, empreinte de jouissance, peut faire révélation, mais sans plus chercher à faire d’histoire singulière.
En fait le parlêtre en est disjoint. Ce n’est plus du dit, une réduction s’opère.

Pour exemple Lacan qui disait faire la passe dans son séminaire nous a laissé ce jet dans la Préface en 1976 titrée : « l’esp d’un laps » : l’espace d’un lapsus.

Cette hystorisation, comme une rature mutante de la parole d’un temps délaissé (l’histoire) qui concerne, tous, dans une passe, bien que les effets soient différents.

C’est du commun pas identique : des « dire », me vient dédire de l’analyse faîte, l’histoire change de lettre : hystoire. Ce résultat, modifie l’arrêté de la nomination d’origine, le nom propre. Exemplaire le « Là, quand », jaculation de passe, qui dit le service de l’analyste au commun et indique cette mortification de l’appropriation, permettant quelques avancées de chacun, à partir de la lettre surgit de la passe, c’est pour la psychanalyse.

C’est pourquoi, concernant les nominations d’A E, devrait être pris, sérieusement, en compte la dimension éthique en jeu pour tel passant, à son réel donc.

Cela dépendra, pour les passeurs et les membres du jury, de leur solde de fin d’analyse à leur réel. C’est du registre des dégâts possibles.

Dans un des cartels d’après la passe, des analystes soulignaient l’exigence, la nécessité, d’une écriture comme nom en la différenciant de l’obligation de transmission des A E de transmettre pour l’institution.

De la passe, il ne s’agit plus des trouvailles singulières de la cure, dont on a fait quelque chose, dans l’adresse à l’analyste.

Lacan rappelle que si, à l’occasion d’une passe, un tout autre éclairage d’une partie d’ombre de la cure apparait cela ne concerne que le passant.

Celui qui a fait la passe est dans un exil touchant à l’être du savoir.   

Ce savoir sans être, qui veut dire qui s’invente sans qu’aucun sujet le sache, mais que le passant devra reconnaître, puis assumé, comme le dépassant.

Il se constitue de quelques alluvions : avec des bouts de savoirs inédits en échappées, effets de lalangue, écorchures de réel, précipités en lettres du reste de jouissance intimé. Car il n’y a plus d’intime, « ça » s’intime : lui venant de son inconscient hors sens. On ne peut pas dire qu’il y a réalisation au moment de la passe, elle se réalise.

Un savoir y faire avec lalangue.  

Le désir de l’analyste qui en dépendra, dans sa pratique, tient du rapport qu’il entretient avec l’invention d’avoir débrouillé « un savoir y faire avec lalangue ». L’inconscient c’est où le non-savoir est corrélé au réel.

Le désir c’est, avec la lettre surgit de la passe, fixant son reste de jouissance dans un forçage :

"..c’est par l’écriture que se produit le forçage car… Ça s’écrit tout de même le Réel ; car, il faut le dire, comment le Réel apparaîtrait- il s’il ne s’écrivait pas ?
C’est bien en quoi le Réel est là. Il est là par ma façon de l’écrire. L’écriture est un artifice. Le Réel n’apparaît donc que par un artifice, un artifice lié au fait qu’il y a de la parole et même du dire…
" - J.Lacan : Leçon du 10 janvier 1978.

Le désir de l’analyste c’est « le devoir d’interpréter »  

C’est une pratique d’un exil, celui du défaut du sexuel, de son réel comme l’exclu du sens, en tant qu’il fait limite au savoir.

Il lui faut lire ce qui s’écrit mais autrement.

Ce n’est pas la vérité que dit la parole qui est à lire.

Ce qui est à lire, c’est le réel du dire, avec la substance jouissante de ce qui fait nœud dans l’analyse, lalangue. « Ce savoir y faire » avec les analysants, c’est avec une distance prise avec cet Un fixant le réel de la jouissance irréductible, impossible à attraper directement par quelque dire volontaire que ce soit en taisant la jouissance du symptôme.

Les rêves aussi y font signe, à ne pas les interpréter.
Ce qui est à lire c’est la jouissance de ce qui, sous le dire s’écrit, étant à la charge de chacun analysant, analyste, de signer ce dont nul n’est l’auteur.

Travail de passe oblige.

Claude Lecoq


Commentaires

Claude Lecoq, La Passe...un présent.
samedi 15 juin 2013 à 18h53 - par  ragaremu1981

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