Hommages à Alain-Didier Weil (1939-2018)

Psychanalyste

Document du mardi 20 novembre 2018
Article mis à jour le 21 novembre 2018
par  P. Valas

Hommages à Alain-Didier Weil (1939-2018)

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Veronique Baverstock
Merci d’abord à Patrick Valas de me permettre de rendre hommage à Alain Didier-Weill, mon psychanalyste durant vingt ans.
Je suis allée le voir en 1980, alors que je venais de terminer mes etudes d’infirmière en psychiatrie a Ville-Evrard.J’avais trouvé son nom dans l’annuaire de l’École Freudienne.
Je savais qu’il était psychiatre et psychanalyste, meme s’il ne se définissait plus que comme psychanalyste.
Je ne savais rien d’autre de lui et n’ai appris que part la suite sa place dans l’Ecole Freudienne.
Il y eut la dissolution de l’Ecole et la mort de Lacan, puis differents mouvements, mais dans son appartement du Boulevard Magenta ou j’allais le voir nous en étions loin.
Je me souviens de son appartement où on pouvait rencontrer sa femme ou l’une de ses filles…
Un jour de panne d’électricité c’est Mathilde qui était venue apporter une bougie.
J’aimais la simplicité de l’accueil et surtout la présence et la vie de chacun dans la maison.
Je suis longtemps restée en face a face puis sur le divan.
Il n’aimait pas que je pleure, mais je pleurais beaucoup en sortant, et jusque chez moi.
Je le rappelai souvent ne supportant pas la separation et patiemment il me répondait.
Avant tout il ne se prenait pas pour un psychanalyste qui doit avoir l’air mysterieux et repondre de quelques mots énigmatiques, il parlait.
Je me souviens même qu’il m’avait annoncé le suicide de son frère Michel.
Beaucoup plus tard ma sœur Christine s’est à son tour suicidée.
Mon analyse était terminée mais il m’a rappelée à Toulon pour en parler.
Plus tard j’ai suivi ses séminaires, lu ses livres, et enfin il a choisi une date pour la fin d’analyse, les vacances d’été.
Je redoutais terriblement ce moment ,mais en fait il avait selon moi pris sur lui cette séparation, et j’ai continué mon chemin professionnel, amoureux.
Enfin j’ai pris ma retraite et me suis mariee avec un amour de jeunesse que j’ai rejoins à Melbourne.
Je voulais enfin transmettre un moment important dont je me suis souvenue après-coup.
Il m’avait dit : n’ayez pas peur de la haine que vous ressentez pour moi, elle va avec l’amour, comme vous savez.

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