Patrick Valas : Solaire le psychanalyste ?

l’analyste c’est le feu follet.

Document du lundi 15 juin 2020
Article mis à jour le 17 juin 2020
par  P. Valas

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Solaire le psychanalyste ?
  


Ce n’est pas le point de vue de J.Lacan
 :
Même l’éclat du soleil peut être éteint, il suffit d’une lune pour l’éclipser.

« Heureusement qu’il y a de l’analyste, hein. 

L’analyste — je vais terminer sur une métaphore : l’analyste c’est le feu follet. 

C’est une métaphore qui elle, ne fait pas fiat lux. 

C’est tout ce que j’ai à dire pour l’excuser.
Je veux dire qu’elle s’oppose aux étoiles d’où tout est descendu de ce qui vous encombre et vous range ici si bien, enfin, pour écouter mon discours, n’est-ce pas. 

C’est-à-dire que ça n’a absolument rien à faire avec ce dans quoi vous viendrez vous plaindre chez moi dans un instant.
Le seul avantage que je trouve à ce feu follet, c’est que ça ne fait pas fiat lux. 

Le feu follet n’éclaire rien, il sort même ordinairement de quelque pestilence. 

C’est sa force. 

C’est ce qu’on peut dire, à partir du feu follet, dont j’essaierai de reprendre le fil, le fil follet, la prochaine fois. »



J. Lacan, in Les Non-dupes errent (non édité), Leçon du 23 avril 1974 (archives personnelles, Valas).


« Même l’éclat du soleil peut être éteint, il suffit d’une lune pour l’éclipser »
Patrick Valas.




Oui Colette Soler est une brillante universitaire, et pas que…
  

Agrégation de philosophie.

Ancienne élève de l’ENS.

Docteur en psychologie à la Sorbonne.

Co-fondatrice de l’EPFCL (École de Psychanalyse du Champ lacanien et Internationale des Forums du Champ lacanien.
Psychanalyste AME, de l’EPFCL.

Enseignante au Collège de Clinique psychanalytique, à Paris.

Docteur Honoris Causa Universidad Nacional de Córdoba SOLER -16 sept. 2019

.

Colette Soler a 83 ans, elle est toujours sur la brèche, elle est actuellement Présidente de l’EPFCL, élue démocratiquement.
  

Elle a fait son analyse avec J. Lacan.

Parle couramment le français, sans faire de faute d’orthographe ni de grammaire.

Parle aussi l’espagnol et l’anglais.

Mais pas le chinois.

Voyageuse infatigable, elle parcoure le monde du nord au sud, comme de l’est à l’ouest.

Ancienne de l’EFP (École Freudienne de Paris).

Elle y a été admise en tant que membre d’un cartel, et considère que c’était sa Passe.

Ancienne membre de l’ECF, dont elle en a été présidente.

Elle l’a quittée, au bout de 20 ans, suite à des conflits de doctrine et de politique, qui reposent essentiellement sur des noms d’oiseaux échangés avec JAM, 
qui est coutumier de la chose.

Y’avait aussi Éric Laurent, spécialisé comme coupeur de tête d’analyste, sur fond de marseillaise : « qu’un sang impure abreuve nos sillons ».



Ils l’avaient accusée de plagier - ce qui est une connerie.  


On sait que c’est faux.


Pour Freud, et Lacan, le plagiat n’existe pas, ce n’est qu’une invention du discours capitaliste, qui a promulgué le copyright.
  

Pendant près de 20 ans elle faisait avec le Docteur Françoise Gorog (psychiatre et psychanalyste, de renommée mondiale , ancienne chef de service à Sainte-Anne, et qui a fondé un Institut de Psychanalyse), une présentation de malade.

Ce n’est pas un détail, parce Françoise Gorog a porté la « Chose freudienne », alors que peu à peu les Neurosciences ont colonisés tout Sainte-Anne, et où ne restent plus que deux services se référent à la Psychanalyse.

Reste quand même un lien de travail entre les neurosciences et la psychanalyse.

L’œuvre de Colette Solaire est considérable.   

Livres, articles, conférences, etc…

Elle s’est beaucoup publiée, dans la collection qu’elle dirige Le Champ lacanien, qui est devenue à présent la collection officielle de l’EPFCL.


Comme je ne peux pas déplier ici toutes ses trouvailles qui vailles, j’en parlerais de la façon la plus simple possible, en ne retenant que quelqu’uns de ses livres.
   

Elle rentre dans l’arène d’une façon tonitruante et inoubliable par cette annonce :


« Freud est dépassé », il faut donc apporté à la psychanalyse du nouveau pour qu’elle soit en phase avec « la subjectivité de notre temps (sic Lacan) ».   



1)-Son premier livre, je crois s’intitule :


« Ce que Lacan disait des femmes ».  


En gros, Lacan disait que les femmes sont les meilleures psychanalystes, parce qu’elles le comprennent le mieux.

J’ai le souvenir, qu’il avait un peu tamponné la chose en ajoutant … « les pires à l’occasion »…mais je ne retrouve pas où ?

L’a-t-il proféré ? Où bien, aurais-je inventé ce propos, poussé par ma « jalouissance ?   


Ce qui est sûr au fond, est que Lacan ne parle pas « des femmes ».
il n’en fait pas un ensemble logique, parce qu’elles sont « pas-toute ».

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LȺ Femme n’existe pas.   


Je comprends ça de la façon suivante :

Puisqu’elle, n‘est « pas-toute » sous le joug de la castration, elle n’a pas à dire non à la castration symbolique.

En effet pour « les femmes », prise une par une…leur jouissance est double :


  • D’une part phallique (comme nous, les hommes).
  • D’autre part, la jouissance qu’elles peuvent éprouver est autre, je ne dis pas… (Autre).
    C’est-à-dire qu’elle est folle et énigmatique.

    Autrement dit encore, elles ne sont « pas folles du TOUT ».

    Alors que tous les hommes le sont - cad cinglés.

    2)- Le deuxième bouquin de Colette, a pour titre :

    L’inconscient réinventé.

    Ce titre est frappant (c’est le cas de le dire).

    En effet, si comme le dit Colette Soler, si Freud est dépassé, on est en droit selon elle de Ré-inventer l’inconscient.


    Pourtant Lacan, a toujours dit, et sans la moindre équivoque que : « l’inconscient est structuré comme un langage ».

    Il n’a jamais dit comme « le langage ».

    Cette trouvaille, il l’attribut à Freud, qui lui-même n’a pas inventé l’inconscient, mais en a fait l’inventaire à partir de ses manifestions : Rêves, morts d’esprit, oublis, symptômes, actes manqués…etc.


Freud affirme que l’inconscient est un savoir articulé, propre à chacun.  


Lacan prolonge Freud, qui ne dispose pas du terme de structure, ni celui de signifiant.


Il le prolonge en affirmant que ce savoir insu du sujet est constitué d’une concaténation de signifiants.

C’est cela l’inconscient pour Freud.

Il est vrai qu’une fois, Lacan va dire : « l’inconscient de Freud et le nôtre ».

Il n’y a pas de différence, c’est le même, ce qui change est que Freud parle de représentions refoulées, et Lacan précise que ce sont des signifiants qui sont refoulés, et non pas des significations.


Freud en 1930, parlant d’une terminaison de l’analyse, écrit que le refoulement originaire n’était jamais levé, mais quand même il avance qu’il lui semble que se se produit « un Petit bougé ».

Ne serait-ce pas pour nous, l’occasion d’accrocher ça, au fait que Lacan peut avancer qu’il y a un terme logique à la cure analytique, elle n’est pas infinie, ou indéterminable ?


Ce serait justement le moment de conclure, comme étant la passe de l’analysant à l’analyste ?  


C’est a démontrer dans une procédure de la passe.

L’important est de saisir qu’au terme d’une cure, comment savoir que l’on pourrait désirer devenir analyste ?


Surtout quand on sait que c’est une pratique abjecte… ?

Rappelez-vous, la passe si incomprise qu’elle soit, ratée même a été l’argument essentiel, s’ajoutant au fait que la psychanalyse serait une escroquerie -, mais par n’importe laquelle, s’ajoutant au fait que la psychanalyse est intransmissible, cela, conduit Lacan a dissoudre son école (« monécole » disait-il). 

Pour Freud et Lacan qui sont synchrones, avec leur vocabulaire spécifique, il n’y a « qu’un seul inconscient structuré comme un langage."
Il est bien réel, sans être pour autant le Réel.



 Miller et Soler ont « ré-inventés, deux inconscients".
   

  • Miller les nomme : l’inconscient transférentiel et l’autre réel (non transférentiel).
  • Colette Soler, les nomme : l’inconscient-langage et l’autre l’inconscient « lalangue ».
    

Aussitôt JAM accuse Colette Soler de plagiat….
Et alors ?



Après tout ce n’est pas si grave que ça !


Reste à faire un sort à cette litanie, sans cesse répétée par Lacan : 

« Il n’y a pas de rapport sexuel ».

Lacan va tamponner ça, il « nya pas » de rapport sexuel, sauf…

  • Sauf entre génération voisine.

  • Sauf quand un femme se fait « symptôme pour son homme »

  • N’ya pas, c’est une dénégation, il y a donc en définitive « rapport sexuel ».
    

Il n’y a pas de rapport sexuel au sens que le Réel est impossible à dire, et pourtant, on peut l’écrire par un forçage d’écriture, pour le cerner.


Lacan dit avoir échoué, parce qu’il n’arrive plus à inventer un signifiant nouveau, pour mettre à jour un autre « bout de réel ».

  

Ni JAM (à ma connaissance), ni Colette Soler, ne sont revenus sur leur erreur, pour éclairer leur cheminement et sortir de cette impasse.

Comme dans un jeu de carte, et pourquoi ?


Là, je vais être partisan, je ne sais pas pour Miller, ni quelle en est la raison.

Pour Colette Soler, c’est clair comme de l’eau de roche.

Elle a banni l’usage de la fonction de la parole, à l’EPFCL, en exigeant que tout intervenant à l’école ou dans les colloques, devra produire un texte écrit qu’il lira devant tous, prétextant pour cela des raisons de publication.

Ainsi Le « discutant », aura reçu le texte écrit de l’intervenant auparavant.

Donc avant de produire son texte, l’intervenant, lit son« texte » que détient le discutant de service.

À mon grand regret je dois dire que CS, peut ainsi démontrer à son corps défendant, et avec brio, mais à son « insu que sait de l’une bévue », sans amour, que le Discours analytique n’est pas pliable au Discours Universitaire, et qu’elle n’est jamais sortie de ce dernier.

Il ne s’agit pas de réinventer l’inconscient, c’est une évidence.
Pour chaque psychanalyste il lui faut réinventer la psychanalyse, en tant qu’elle est une pratique, fondée sur la fonction de la
parole, dans le champ du langage.
Chacun doit la réinventer à sa mesure, et même sur mesure.
Faut dire que pour son Retour sur la Parole, titre de son dernier bouquin, publié cette fois dans la collection officielle de l’EFPCL, pour Colette Soler, c’est plutôt raté.
Cela ne la destitue pas pour autant comme Psychanalyste.
De toute façon, l’analysant fait se cure malgré son analyste.
Patrick Valas, le 14 juin 2020.
Work in progress.