Moi, Abdoulaye Yérodia Dhombasi je vous emmerde !


Document du jeudi 11 octobre 2018
Article mis à jour le 2 octobre 2011
par  P. Valas

 
abdou

 

PRO JUSTITIA

MANDAT D’ARRET INTERNATIONAL PAR DEFAUT

Dossier n° 40/99
Notices n° 30.99.3787/99

Nous, Damien VANDERMEERSCH, Juge d’instruction près le Tribunal de première instance
de Bruxelles, vu le réquisitoire du Procureur du Roi et les pièces de la procédure que nous instruisons en cause de Monsieur Abdoulaye YERODIA NDOMBASI, né le 5 janvier 1933, ancien directeur de Cabinet du Président KABILA et actuellement ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, ayant sa résidence professionnelle au ministère des Affaires étrangères à Kinshasa, l’inculpe, comme auteur ou coauteur de :

  • Crimes de droit international constituant des infractions graves portant atteinte par action ou
    omission, aux personnes et aux biens protégés par les Conventions signées à Genève le 12
    août 1949 et par les Protocoles 1 et II additionnels à ces Conventions (article 1, § 3, de la loi
    du 16 juin 1993 modifiée par la loi du 10 février 1999 relative à la répression des violations
    graves de droit international humanitaire)
  • Crimes contre l’humanité (article 1, § 2 de la loi du 16 juin 1993 modifiée par la loi du 10
    février 1999 relative à la répression des violations graves de droit international humanitaire)
    Vu les articles 16 et 34 de la loi du 20 juillet 1990 relative à la détention préventive.

Parmi les nombreux comptes rendus de témoignages, qui établissent la réalité des faits reprochés à l’inculpé, figure un article de presse, de M. Patrick VALAS, médecin psychanalyste, réagissait de la façon suivante aux propos qu’aurait tenus l’inculpé :

« Le soir au 27 août, M. YERODIA annonçait solennellement à la radio que »la chasse aux
rebelles
« nécessitait l’instauration d’un couvre-feu à Kinshasa afin de »permettre aux forces
armées congolaises de mener à bien l’éradication et l’écrasement total de cette vermine
".

C’est ainsi que, dès le lendemain, on pouvait voir dans l’immensité de Kinshasa des centaines
de cadavres carbonisés jonchant les rue1les de terre et de sable.

« Quand le peuple capture un rebelle, il le brûle aussitôt », écrivit Jean Hatzveld dans
Libération.
Le 28 août, au cours d’une conférence de presse dont une séquence a été diffusée
par la télévision en France, Yerodia confirmait le succès de l’opération en ces termes :

« ce qui s’est passé à Kinshasa, c’est le réveil des dormeurs qui espéraient donner un assaut sur la ville, mais nous avons coupé la tête et la queue du serpent. Certains sont morts, d’autres se sont livrés à des scènes on ne peut plus obscènes en se mettant en tenue d’Adam ».

Il ajoutait encore : « ce sont des déchets humains ». Enfin, il achevait sa conférence de presse par ces mots :

"Français, vous chez qui a vu le jour la commune de Paris, vous devez être pour la
ville de Kinshasa
".

M. Yerodia, qui passe pour celui qui exprime le mieux « les pensées matinales » de M. Kabila, rapportera plus tard les propos du Président, qui résumait la situation en ces termes :
« les Haricots sont cuits ».

Voilà les termes d’un discours plus qu’atroce, tenu par des dirigeants politiques dont, en tant
que citoyen, je peux penser ce que j’en pense. Il y a un gouffre entre ce qui se passe au Congo et la psychanalyse. Mais je suis encore plus concerné par ce gouffre parce que je suis
psychanalyste. M. Yerodia est docteur en philosophie. Nous avons suivi le même
enseignement. Celui de Jacques Lacan, qui n’a jamais cessé de dénoncer le racisme et le
génocide. Il n’est donc pas indifférent de savoir qu’Abdoulaye Yerodia est membre de deux
associations psychanalytiques : l’une, nationale, l’Ecole de la cause freudienne, dont Jacques
Lacan fut président ; l’autre, internationale, l’Association mondiale de psychanalyse. Il y a un
gouffre avec ce qui se passe au Congo et Lacan, mais il me fallait le dire publiquement.
Patrick Valas

Un mandat d’arrêt international avait été délivré contre ces deux personnages.

Yérodia s’est insurgé contre la façon dont il avait été traité par toute la presse internationale (il avait menacé en personne des journalistes témoins à Kinshasa en leur disant : « une balle va plus vite qu’un homme qui court »).

Gérard Miller avait publié dans le journal Marianne une interview téléphonique qu’il a faite de Yérodia. Sans préciser qu’il avait obtenu cette exclusivité, impossible à avoir pour les journalistes présents au Congo pendant ces événements tragiques, parce qu’il était un intime de Yérodia, comme l’était aussi son frère Jacques-Alain Miller .
Ce dernier en juin 1998, faisait part aux toulousains, en présence de son garde du corps, Le Médecin-Général d’active Guy Briole, que si la situation tournait mal au Congo, lui Le JAM, avait les moyens de faire procéder à « une extraction » de Yérodia du Congo.

Passé cette période, on sait que Laurent-Désiré Kabila fut liquidé à la kalachnikov par un de ses familiers dans son palais présidentiel. L’assassin fut liquidé de même, et de la même façon dans les minutes qui suivirent son geste. Plusieurs années après, la justice belge qui avait lancé les poursuites se déclarait incompétente juridiquement.

Le Tribunal International accordait, en 2002, l’immunité juridique, pour les faits perpétrés en septembre 1998 au Congo en ces jours à Yérodia, qui pouvait en bénéficier parce que depuis la mort de son maître et ami Kabila dit Mzee, Yérodia avait été nommé Vice-Président de la République Démocratique du Congo (RDC), en 2001. Ce titre purement honorifique se révélait après coup, avoir bien été créé pour lui, afin qu’il puisse bénificier d’une immunité totale, pendant tout la durée de son exercice.

Ce qui ne veut pas dire que le massacre de Kinshasa n’avait pas eu lieu. En conséquence de quoi Yérodia reste celui qu’il était devenu, même s’il n’a plus rien à craindre de la justice, pendant toute la durée de son mandat.
 
lacan et abdou
 
Yerodia continue a tenir des discours haineux ; en mai 2006, au cours de la campagne présidentielle, pendant un rassemblement de soutien à Joseph Kabila dans la ville de Goma, à l’Est du pays, il a menacé les Tutsi de la maniere suivante :

« Si vous ne retournez pas chez vous, on vous mettra des bâtons dans le derrière pour s’assurer que vous partiez. »

Ou encore : « On vous fera subir le sort qu’Hitler à fait subir aux juifs »

Il ne s’agit pas ici des mots inoffensifs ; pendant des atrocités récentes commises dans la Région des Grands Lacs (au Rwanda en 1994, mais aussi au Congo-Kinshasa pendant le conflit Hema-Lendu en Ituri), une partie de victimes (des hommes et des femmes) ont ete empalées.

Le Mapping Congo Report, publié en 2010 recense tous ces faits, comme les atrocités commises par tous les belligérants dans la région des grands lacs, pendant plus d’une décennie.
 

PDF - 5.3 Mo
Congo Mapping Report

 

(quant au Rwanda - par exemple C. Taylor, « The Cultural Face of Terror in the Rwandan Genocide of 1994 », dans : « Annihilating Difference : The Anthropology of Genocide », sous la dir. d’Alexander Hinton, University of California Press, 2002 ; quant aux atrocités commises en Ituri - par exemple E. Grizwold, « On the trail of the Congo’s ’cannibal rebels’ »).


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Moi, Abdoulaye Yérodia Dhombasi je vous emmerde !
lundi 3 octobre 2011 à 12h32 - par  P. Valas

« Les paroles restent, les écrits s’envolent », disait Lacan.
Peu m’importe que les instances internationales aient accordé une immunité juridique à ce personnage. Le discours ignoble qu’il tient, que les nazis approuveraient, devrait le rendre indigne de figurer comme « Membre d’honneur », et même membre tout court dans toute école analytique.

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