À Toulouse, pour la passe avec l’École de Psychanalyse des Forums du Champ Lacanien (EPFCL). Contribution de Sidi Askofaré.


Document du jeudi 11 octobre 2018
Article mis à jour le 25 octobre 2010
par  P. Valas

* À Toulouse avec l’École de psychanalyse des Forums du champ lacanien

 
Ecole de psychanalyse des Forums du Champ Lacanien
 
la parole toulouse
 

Pôle 6 « Gai Scavoir en Midi Toulousain »

Toulouse - Samedi 20 novembre 2010
« La parole et l’écrit »
Préparation des Journées de l’EPFCL de décembre 2010

Anita IZCOVICH, psychanalyste à Paris : « La femme et la lettre »
Marie José LATOUR, psychanalyste à Tarbes : « Lis tes ratures »
Discutants
Michel BOUSSEYROUX, Anne CASTELBOU BRANAA et Pascale LERAY
De 14 heures à 18 heures
à l’Institut catholique - Amphi de Solages - 8 place du Parlement - Toulouse
 

* Sidi ASKOFARÉ

aribon

 

Politique de la passe : la responsabilité du cartel  

Avec le cartel et l’Ecole, la passe constitue sans doute l’une des
inventions institutionnelles les plus importantes de Lacan.

— Nous savons aujourd’hui ce qui se trouvait au principe de cette invention, et les attentes qui furent celles de Lacan à son endroit.

— Nous savons aussi à quelles oppositions et résistances s’est heurtée son introduction et sa mise en œuvre dans l’Ecole même que Lacan a fondé et dirigé : l’EFP.

— Nous savons enfin les détournements et exploitations dont son
signifiant et sa pratique furent l’objet.

Inutile d’en faire ici la chronique ou l’histoire.

Je partirai plutôt d’une considération autre  

 :

Parce qu’elle touche à la vérité du sujet (passant) – en tout cas à ce qu’il consent à en hystoriser dans la procédure – et à la politique de la psychanalyse (fin de l’analyse, transmission de la psychanalyse, formation de l’analyste), il n’est pas étonnant de constater que si son signifiant fédère, la passe « réelle », si je puis dire, elle, divise.

Pourquoi la passe « réelle » divise t’elle ?  

Pourquoi ?

Est-ce fatalité et malédiction ?

Ou cela tient-il à quelque chose qui peut être analysé – symptôme, donc
– et qui peut être traité ?

Toujours est-il que la passe a divisé profondément par le passé, et si nous n’y prenons garde, elle pourrait de nouveau être investie par les passions narcissiques et les enjeux de pouvoir contre lesquels nul groupe n’est immunisé.

La seule question qui vaille.  

D’où la seule question qui vaille pour l’ensemble de notre communauté : quelle passe pour notre École ? Et pour quels objectifs ?

L’École seule peut répondre.  

Questions auxquelles ne peut, bien évidemment, répondre que l’École seule.

On peut néanmoins s’accorder sur le fait que la passe ne saurait faire fonction ni d’idéal ni de fétiche.

En tant que dispositif d’École, elle n’appartient à
personne, et surtout pas à ceux qui sont chargés ou qui ont été un
temps chargés de l’animer.

Enfin, son bon fonctionnement, sa viabilité et sa survie dépendent de tous les protagonistes et engagent différentes responsabilités.

École, AME, passeurs, Secretariat de la passe, cartels, AE, enseignements.  

Responsabilité de l’Ecole qui institue le dispositif,
bien sûr, mais aussi et surtout responsabilité des AME qui désignent
les passeurs – pièce maîtresse du dispositif -, du Secrétariat pour
l’accueil et le traitement des demandes, des cartels pour le travail sur
les passes, des AE pour les enseignements qui sont attendus d’eux pendant
les trois années de leur fonctionnement.

Sinon tout le monde, beaucoup de monde pour faire fonctionner la passe  

.

C’est dire si la passe a besoin sinon de tout le monde, en tout cas de beaucoup de monde pour fonctionneret remplir sa fonction de dispositif au service de l’Ecole et de la psychanalyse !

Ma contribution autour du cartel.  

Pour aujourd’hui, j’ai souhaité centrer ma contribution autour du cartel, de sa responsabilité, des difficultés et peut-être des paradoxes liés à ses fonctions.

Le cartel, d’ abord, parce que c’est mon point d’observation privilégié dans le dispositif ; le cartel, ensuite, parce qu’il est le lieu où se nouent le plus clairement les trois dimensions ( je n’ai pas dit : critères)- clinique, épistémique
et politique (pas institutionnel) – en jeu dans la passe.

Les trois dimensions ( je n’ai pas dit : critères)- clinique, épistémique et politique (pas institutionnel) – en jeu dans la passe.  

Ma participation à 3 cartels ( 6 passes, 1 nomination), m’a rendu sensible
à la question de la responsabilité des cartels.

Celle-ci est bien sûr relative à ses tâches et à ce qui est attendu de lui au terme de son fonctionnement. Que sont donc ces tâches ?

— 1 Écouter les passeurs ;

— 2 Délibérer ;

— 3 Élaborer les réponses à faire aux passants ;

— 4 Nommer.

Écouter, délibérer, élaborer, nommer.  

On voit bien à travers ce schématisme que les quatre tâches,
bien que liés, ne sont guère homogènes.

Ce qui est commun, dans la procédure, ce sont les points 1 et 2 :

— 1 écouter les témoignages des passeurs ;

— 2 délibérer à partir de ce que chacun a entendu des deux
témoignages écoutés successivement.

— 3 élaborer. Le point 3, l’élaboration de la réponse à faire au passant, ne vaut – en tout cas dans les cartels auxquels j’ai participé – que dans les cas où le cartel n’a pas procédé à une nomination.

Nomination.  

Ce ne sont que dans ces cas – en réalité les plus nombreux – que le cartel travaille autour de la question :

que dire et comment dire à cet Un, non pas quelconque mais singulier qu’est le
passant, que le cartel considère qu’il ne peut pas authentifier sa passe.

— 4 nommer. Le point 4, la nomination, n’implique pas l’élaboration d’une réponse à proprement parler, puisqu’il s’agit juste de transmettre au passant le «  oui  » du cartel.

En revanche, c’est seulement lorsqu’il y a nomination qu’il est requis du cartel, non pas le produit attendu de chaque cartellisant dans les «  cartels de lecture  » ou les «  cartels cliniques  », mais une élaboration voire une contribution au savoir, et pas n’importe lequel : au savoir sur l’acte analytique et le désir de l’analyste.

Savoir sur l’acte analytique et désir e l’analyste.  

C’est à ce point que se situe donc la responsabilité véritable du
cartel, responsabilité qu’il partagera d’ailleurs avec l’AE qu’il a
nommé.

Rapporté à ce qu’il faut bien appeler la demande de Lacan –
qu’il faut peut-être rappeler ici :

« La question à laquelle je suis
arrivé : qui est capable d’être un analyste ? a conduit un certain
nombre de mon entourage à me quitter ( cela à la suite de la mise en
place d’une enquête : comment quelqu’un, après une expérience
analytique, pouvait-il se mettre en situation d’être analyste ?)

In Scilicet 6/7, pp. 53-54.

Rapporté donc à cette demande, on peut dire
que la responsabilité du cartel, comme celle de l’AE, est essentiellement
épistémique.

Ce qui pose a minima le problème des rapports entre la délibération – dont procède la nomination, par définition définitive – et l’élaboration de savoir qui, se situant dans un après-coup pourrait venir contrarier ou contredire la décision du cartel.

Secondement, il soulève le problème de l’intérêt épistémique
des passes non authentifiées dont on sait qu’elles ne sont pas dans tous
les cas, tant s’en faut, absence de passe.

Prendre au sérieux cette responsabilité du cartel pourrait peut-être ramener la passe à sa fonction véritable et réduire l’imaginaire si inhibiteur de la
nomination.

Car, au fond, la réussite ou l’échec de la passe pour une École ne saurait s’apprécier exclusivement ou même principalement ni à partir du nombre de demandes de passes, ni à partir du nombre de passes écoutées, ni enfin à partir du nombre d’AE nommés.

Ne pas réduire le politique à l’institutionnel.  

Ce serait en effet réduire la politique à l’institutionnel.

La seule appréciation valablede l’expérience d’École de la passe me semble être celle qui se fera à partir de la contribution réelle au savoir sur le passage à l’analyste, l’acte analytique et le désir de l’analyste, donc à travers les
élaborations des cartels et les enseignements des AE.

Politique de la passe : la responsabilité du cartel

Sidi Askofaré

 

Toulouse
 

École de Psychanalyse des Forums du Champ Lacanien
Journée Inter-Pôles du FCL France

 

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affiche toulouse

 

Expériences de Passes

 
aribon
 

Toulouse

SAMEDI 16 JANVIER 2010

9 H - 19H

AUDITORIUM DU MUSÉE « LES ABATTOIRS »

76, allées Charles-de-Fitte - 31300 Toulouse

(parking et métro Saint Cyprien)

 
torepasse
 

« Cumulation de l’expérience, sériation de sa variété »  

(1)

« Journée Inter-Pôles » de l’EPFCL France mise en place pour en faire… l’expérience.

Les références théoriques sont aujourd’hui connues.  

Pour y faire retour.

Les textes de J. Lacan concernant l’invention de la procédure ne manqueront pas d’être repris.

La passe dans notre École est en fonction maintenant depuis 7 ans.  

C’est même l’un des enjeux de cette journée :  

— Élaborer un savoir sur l’expérience actuelle.

— Parier sur l’éventualité d’une rencontre : à partir de portes d’entrée distinctes dans la procédure.

— Recueillir la diversité de l’expérience : au titre de passant, passeur, de membre d’un cartel de la passe, d’AE et d’AME de l’École.

Cette rencontre, nous l’avons envisagée possible en élaborant ce programme auquel vont Participeront à cette rencontre 5 pôles voisins :

— Pôle Aude - Roussillon (4)

— Pôle du Gai sçavoir en Midi toulou-sain (6)

— Pôle Tarn - Aveyron - Lot (5)

— Pôle des Pays des Gaves et de l’Adour (8)

— Pôle Bordeaux-région (7)

— Mais aussi ainsi des analystes invités en France et en Espagne.

Il s’agira, à partir d’exposés courts (10mn), d’échanger, et en fin de journée d’essayer de tirer quelques enseignements de ces débats que nous souhaitons les plus ouverts possibles.

En souhaitant que ce style de rencontre fasse ouverture nouvelle dans notre champ, nous vous espérons et attendons nombreux.

(1) J. Lacan : « Proposition du 9 octobre sur le psychanalyste de l’école », dans Autres Écrits, Seuil, p. 255.

 

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La passe, écrits et séminaires Lacan

 

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À Toulouse, pour la passe avec l’École de Psychanalyse des Forums du Champ Lacanien (EPFCL). Contributions de Colette Soler et Sidi Askofaré.
mardi 26 janvier 2010 à 21h14 - par  P. Valas

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lundi 25 janvier 2010 à 21h24 - par  P. Valas

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